‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 154 sur 171 · DU SQUELETTE PROPREMENT DIT · texte numérisé non relu

DU SQUELETTE PROPREMENT DIT

Nous n’avons pas besoin de relever l’assertion erronée d’un petit nombre, il est vrai, d’auteurs sur la nature même des os d’Hyènes, qu’ils disaient être assez durs pour faire feu avec le briquet; c’est en effet tout au plus s’ils atteignent à la dureté et à la densité de ceux des espèces de Félis de leur taille, et s’ils surpassent sous ce rapport ceux du Loup, la cavité médullaire des os longs étant au moins médiocre, quoique le tissu éburné soit encore assez épais. Mais comme dans l’un et l’autre des genres cités, les os sont fortement serrés, articulés entre eux d’une manière pénétrante , ce qui , pour le dire en passant , donne à leur tronc et surtout à leur cou cette espèce de roideur, qu’il offre réellement à un certain degré , et qui avait fait supposer que celui-ci n’était formé que d’une seule pièce.

Le squelette de l’Hyène vulgaire ou rayée que nous devons prendre pour type, parce quelle est à la fois plus connue et plus commune, au point que nous avons eu pour en faire la description trois squelettes entiers (i), dont deux mâles et un femelle , avec dix crânes adultes ou presque adultes de mâles et de femelles (2), présente dans son ensemble

(1) De ces trois squelettes, un mâle provient de Daubenton, 1761 ; un second également mâle, de M. G. Cuvier, 1822;et le troisième est de mon temps, 1840 Aucun n’estd’un animal sauvage.

(2) De ces dix crânes, trois proviennent des squelettes ; et des sept autres, deux sont d’Algérie, un de la Basse- Jigypse, un du Cap, deux d’Arabie , un de Syrie , deux de l’Inde, tous provenant d’animaux sauvages.

OS DU SQUELETTE. y

un caractère assez particulier, d’abord dans la direction un peu oblique de la série vertébrale qui , plus grosse à la tête , décroît ensuite presque régulièrement jusqu’à l’extrémité de la queue, puis dans une disproportion semblable , de grosseur surtout, entre les membres antérieurs et les postérieurs, et comme le bassin fort court est articulé avec la colonne vertébrale d’une manière très-oblique , il en résulte que ces membres sont plus fléchis que les autres , d’où la démarche oblique et en apparence boiteuse de l’Hyène vulgaire surtout; de plus comme la région lombaire est fort courte, que la poitrine est fort large et très-étendue pour donner aux muscles des membres antérieurs une force d’insertion proportionnelle à leur usage de fouiller la terre, on voit que le squelette de l’Hyène rayée , comme tronqué postérieurement , ne peut être confondu avec celui d’aucun quadrupède carnassier, pas même avec celui des Chiens, dont toutes les pièces sont en harmonie pour constituer un animal propre à la course, et encore moins avec celui des Félis, disposé pour produire un élan subit ou une suite de sauts ou de bonds.

Le nombre total des os du squelette de l’Hyène vulgaire ne diffère cependant que fort peu de ce qu’il est dans le Loup, puisqu’il est également de cent cinquante , en y comprenant l’os hyoïde qui ne varie jamais chez les carnassiers, et la queue dont le nombre des vertèbres varie au contraire dans des limites assez étendues.

La série vertébrale par laquelle nous commençons, comme à l’ordinaire , notre description (i) , se compose de quatre vertèbres céphaliques , de sept cervicales, comme dans tous les mammifères, de vingt troncales,

(1) Daubenton nombre aussi les vertèbres de l’Hyène :

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