CHAPITRE PREMIER
Le squelette de l’Hyène, et surtout celui de l’Hyène vulgaire qui existe vivante dans toute la moitié méridionale du périple de la Méditerranée, aussi bien en Asie qu’en Afrique, et bien au delà dans chacune
(1) Le premier auteur, qui s’est occupé de l’anatomie de l’Hyène , me semble être Wesling , en 1661 : Observationes anatomicœ, de Anatomiâ Hyœnœ , editœà Th. Bartholino, p. 44. Mais il n’a dit que quelques mots du squelette et des dents, non plus que C.-G.-E. Reimann dans sa thèse inaugurale de Hyœnâ, soutenue à Berlin en 1811, sous la présidence de Rudolphi.
de ces deux parties du monde , a été le sujet de descriptions assez fréquentes, souvent même accompagnées de ligures; d’abord, et pour la première fois , ce me semble , par Daubenton , dans le grand ouvrage de Bulfon, tome IX, p. 292, en 1761 , ensuite, mais à peine, par les auteurs de traités généraux sur l’anatomie comparée (1), et enfin dans les ouvrages de paléontologie, comme celui de M. G. Cuvier, sur les ossements fossiles de quadrupèdes, surtout dans la seconde édition en 1825, d’abord dans le chapitre, fort abrégé cependant, intitulé Ostéograpbie générale des Carnassiers , et ensuite dans l’article encore plus court, consacré aux caractères ostéologiques des Hyènes vivantes, et dans lequel il parle pour la première fois comparativement des os de l’Hyène tachetée , qu’il figure séparés.
Daubenton qui ne possédait que deux squelettes de l’Hyène rayée ou vulgaire, l’un mâle et l’autre plus grand, de sexe inconnu; mais qui en avait vu un troisième, a fait porter sa comparaison des os de cet animal d’une manière fort convenable sur ceux de la Panthère et du Loup , aussi y a-t-il peu de particularités caractéristiques et différentielles qui lui soient échappées, aussi bien pour le nombre que pour la proportion et la forme des os. Quant à l’iconographie du squelette de cet animal, la figure générale que Daubenton en a publiée, loc. cit., pl. 3o , n’est certainement pas bonne à cause de la disposition générale qu’il lui a donnée en sens inverse de ce quelle est dans sa position habituelle. M. Cuvier s’est borné à faire figurer, malheureusement un peu en petit, sur une seule planche de sa seconde édition , la plupart des os séparés du squelette des deux espèces, et point de squelette entier. Mais cette lacune a été parfaitement remplie par MM. Pander et d’Alton dans la pl. II des squelettes des Saugethieres , mais sans description particulière , et même dans une position qui rappelle assez peu l’animal vivant.
(1) Il est cependant à remarquer que M. G. Cuvier, dans ses leçons d’anatomie comparée, ne prononce le nom de l’Hyène en ostéologie qu’une fois , et pour dire que son pouce n’est formé que d’une seule phalange , et que Meckel n’en dit également que fort peu de chose.
Étudié par
Daubenton.
Figuré par Daubenton.
G. Cuvier.
Pander et d'Alton.
Matériaux à notre disposition.
Nature des Os.
Structure
Étudié dans l'Hyène rayée (//. vulgaris).
Notre plan étant, comme notre but, tout différent de celui de nos prédécesseurs, et d’ailleurs ayant à notre disposition un bien plus grand nombre d’objets de comparaison , puisque la collection du Muséum possède aujourd’hui trois squelettes et dix crânes de l’Hyène vulgaire, avec deux squelettes et six crânes de l’Hyène tachetée, dont plusieurs viennent d’animaux tués à l’état sauvage; on voit comment notre description devra et. pourra être bien plus détaillée, plus complète, aussi bien que notre iconographie.