‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 162 sur 171 · DE L’ANCIENNETÉ DES ANIMAUX DE CE GENRE A LA SURFACE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

DE L’ANCIENNETÉ DES ANIMAUX DE CE GENRE A LA SURFACE DE LA TERRE

Les livres sacrés des juifs et des chrétiens font mention en quelques endroits d’un animal sous le nom de Saphan , et plusieurs de leurs interprètes et entre autres Clément d’Alexandrie ont traduit ce mot par celui d’Hyène. Cependant , quoiqu’il soit assez difficile de croire que les habitants de la Judée et de la Syrie n’aient pas connu un animal d’aussi forte taille et encore assez commun aujourd’hui dans les montagnes du Liban et de l’Antiliban , il paraît à peu près certain d’après les observations de Bochart, Hierozooicon Lib. I. Cap. 33, que le Saphan est tout autre chose et probablement le Daman, comme Bruce semble l’avoir le premier reconnu. Mais le savant critique pense , ou mieux démontre que, dans un passage de Jérémie, Cap'. 12 Vers. 26-9,

Sur l'Hyène rayée, variété brune.

Tuberculeuse.

Carnassière

inférieure.

Conclusions.

Dansles Écrits.

Chez les Juifs.

D’après

Bochart.

Jérémie.

D après sain Jérôme.

Chez les Grecs.

Aristote.

Chez

les Romains.

où ce prophète se plaint amèrement de la manière dont les Israélites le traitent , par le mot Tscboa qu’il emploie et dont l’étymologie signifie qui est de couleurs variées, on doit entendre l’Hyène, et en effet les Arabes donnent à cet animal le nom de Dsaboa (i). Au reste on ne trouve dans les livres sacrés aucun passage qui indique une particularité quelconque de ce genre d’animaux ; quoique saint Jérôme dans son commentaire sur Esaïe , Cha. 65, et sur Jérémie, Cha. i3, rapporte à l’animal dont il est question dans ces passages, l’habitude attribuée aux Hyènes par Aristote et par Elien de vivre des cadavres quelles déterrent.

D’après cela l’ouvrage le plus ancien dans lequel il soit certainemeut question de l’Hyène paraît être le T ’raitéd’ Aristote sur les animaux (liv.VI, 2 2 et VIII , 5 ) ; en effet quoiqu’il n’en dise que fort peu de chose, seulement pour relever deux erreurs, il ne peut guère y avoir de doute, comme le Dr Shaw l’a très-bien reconnu depuis fort longtemps, que le Hyaenos du philosophe de Stagyre est bien le carnassier que nous connaissons sous le nom d’Hyène , qu’il dit aussi se nommer Glanus et ressembler au Loup pour la couleur, ce qui est assez inexact , mais avec le poil plus rude, une crinière dans toute la longueur du dos, et une fente aveugle sous la queue au-dessous de laquelle est l’anus (2), ce qui l’avait fait regarder comme hermaphrodite à tort. Quant à ce qu’il ajoute que les parties génitales de l’Hyène sont comme dans les Chiens et dans les Loups , c’est une erreur montrant qu’il n’avait pas bien vu un de ces animaux mâles, qu’il dit, en effet, être bien moins communs que les femelles.

Il faut cependant que cet animal ait été beaucoup plus rare alors, qu’il 11e l’est même de nos jours, et surtout que l’Ours, le Lion et la Panthère, puisque les Romains paraissent n’en avoir montré dans les

(1) Shaw dit Dubbah.

(2) Aristote dit : Sub caudâ positum est figura similis genitali fœminœ, sed sine ullo meatu. Sub hoc meatu , excrementum est. (Hist Anim. VI , 22, et VIII , 5.)

PALÉONTOLOGIE. 33

jeux du Cirque que fort tard; du moins Pline que nous avons vu se complaire à rapporter avec grand soin jusqu’au nombre des espèces d’animaux de toutes sortes montrés au peuple par les généraux et les empereurs romains, ne parle de l’Hyène que pour renouveler et même augmenter les fables vulgaires à son sujet, fables qu’il avait copiées d’Elien ou puisées dans les mêmes sources que celui-ci et que Solin a copiées à son tour.

Toutefois, comme il est véritablement assez difficile de croire, quoique Strabon, Pomponius Mêla, ne prononcent même pas son nom, qu a une époque où il existait, pour ainsi dire partout, des chasseurs et des fournisseurs d’animaux pour les jeux du Cirque, et cela en Afrique, en Syrie et dans toute l’Asie Mineure., l’Hyène ait complètement échappé à leurs investigations, et cela, d’autant plus qu’Oppien dans sa Cynégétique , liv. III, p. 262 à 293 , décrit, comparativement avec le Loup, cet animal d’une manière presque complète , en disant : Altéra ( Hyœna) vero gibber habet medio in dorso , utrinque aulem passim flirta est , et variegatum est corpus tetrum nigris utrinque lineis ( trad. de Schneid.). on a pu émettre , comme M. G. Cuvier, le doute que le Raphius ou Chaus qui , suivant Pline ( lib. 8 , cap. 19), joignait à la figure du Loup , les taches de la Panthère , pourrait bien être l’Hyène tachetée. Mais alors il faudrait reconnaître qu’à cette époque cette Hyène existait en France, car Pline dit positivement que son Chaus venait des Gaules; ce qui rend la conjecture deM. Cuvier moins probable, et d’autant moins, que la Hyène tachetée n’habite nulle part , ce me semble , les bords de la Méditerranée, et quelle descend tout au plus jusqu’en Abyssinie, alors peu connue des Romains.

Quoiqu’il en soit, l’existence de l’Hyène vulgaire n’a été réellement bien constatée , en histoire naturelle , que lorsque Buffon dans son analyse , aussi rapide qu’exacte , de tout ce qui avait été dit sur l’Hyène avant lui (t. IX, p. 268, 1761), eut montré que le Lupus aquaticus de Bélon n’était autre chose (sans concordance avec la description ) que l’Hyène rayée observée depuis en Perse par Busbeck et par Kœmpfer, G. Hïène. 5

Élieu.

Solin.

Strabon.

Pomponius

Mêla.

Oppien.

Buffon.

Julius

Capitolinus.

Chez

les Arabes.

Chez

les Modernes.

Albert le Grand.

Belon.

Busbeck.

Koempfer.

qui avait même noté le nombre égal de quatre doigts aux quatre extré* mités.

Avant cela le premier historien de l’empire romain qui parle d’Hyènes montrées au peuple à Rome est Julius Capitolinus. Il dit en effet que sous Gordius le jeune, c’est-à-dire vers le premier tiers du troisième siècle de notre ère, dix de ces animaux (i) furent envoyés par cet empereur à Rome , avec beaucoup d’autres, pour son triomphe sur les Perses et que Philippe les exposa dans le cirque aux jeux séculaires qu’il donna ; mais il ne les décrit nullement et ne dit pas môme de quel pays ils provenaient.

Dans le long intervalle où les connaissances humaines chassées de l’Italie, à peine entretenues à Constantinople, dans l’empire d’Orient, passèrent en Perse, puis à Bagdad chez les Arabes orientaux et occidentaux, en Espagne, il est probable que l’Hyène habitant la plupart des pays conquis par ces derniers , fut observée et décrite par les naturalistes; mais c’est ce que nous ne pouvons assurer, les ouvrages où ces sortes de connaissances pourraient se trouver n’étant pas connus ou n’ayant pas encore été traduits en langue européenne.

Quoique Albert le Grand semble avoir tiré quelque chose des écrivains arabes, on ne trouve chez lui aucun quadrupède qui porte le nom d’Hyène, et même ce que les anciens en avaient dit est rapporté à des animaux qui ont des dénominations barbares dont on ignore la source.

Aussi l’existence de l’Hyène vulgaire n’a été bien constatée, comme nous l’avons dit plus haut, que lorsque Belon, Busbeck et surtout Kœmpfer (2) en eurent donné une ligure et une description d’après des individus vivants, que ces derniers avaient même vus dans leur pays natal.

(1) Scaliger {Exercit., 217) dit: Spartianus ( probablement pour J ulius Capitolinus) in tertio Gordiano Bclbum vocal. Suo quoque tempore decem fuisse Romœ tradit. Belbi id estHyenœ , il ajoute que c’est à tort que quelques personnes ont regardé la Civette comme l’Hyène , que les Phrygiens et les Bytliiniens nommaient Gannos.

(2) Amœnitates , p. 411.

PALÉONTOLOGIE

Wesling en disséqua une au Caire vers la moitié du dix-septième siècle en présence de Cornaro, consul de Venise (S. Teslingii observ. et epistol. à Th. Bartholino éditas, p. 4o , i665).

Ce ne fut cependant que vers 1761 qu’une Hyène vivante fut observée en Europe par BufFon et Daubenton, ce qui leur permit, et surtout au second, d’en donner une description extérieure et intérieure, après avoir par conséquent relevé les notions fabuleuses que les anciens nous avaient transmises sur cet animal ( 1 ).

Depuis ce temps les deux sexes de cette espèce , et plus tard ceux de l’espèce delà Sud- Afrique ont pu être étudiés avec plus de facilité , soit dans leur pays natal, soit dans nos ménageries où ces animaux vivent même fort longtemps , se montrent fort doux pour leurs gardiens ; en sorte que l’on peut assez bien assurer que notre Hyène commune est le même animal ainsi nommé par Aristote.

Mais ce qui confirme qu’il n’était guère connu des anciens que par des récits, c’est qu’aucun monument, statue, bas-relief, médaille (2), peinture et même mosaïque et hiéroglyphique ne nous offrent le moindre indice de sa représentation ; on trouve bien dans la célèbre mosaïque de Palestrine, à côté du mot Krohottas, la figure d’un animal , au sujet duquel Barthélemy rapporte que les anciens indiquaient sous ce nom un quadrupède d’Éthiopie intermédiaire au Loup et au Chien, qu’il regarde comme l’Hyène ; mais dans la figure de la mosaïque , les oreilles , le museau et les tarses sont bien trop courts pour une Hyène. S’il fallait admettre que cet ouvrage a été fait d’après nature, ce que je suis loin de croire, j’en ferais plutôt un Lynx ou même un Ours.

Quoi qu’il en soit, si l’Hyène n’a laissé que fort peu de traces de son existence dans les œuvres des hommes , il n’en est pas de même à l’état fossile dans nos contrées européennes; en effet, après les ossements

Wesling.

BufTon

et

Daubenton.

D’après les Monuments.

La Mosaïque de Palestrine.

Krokottas.

A l'État fossile.

(1) Daubenton dit, p. 281, que l’individu, qu’il a observé, avait été dépouillé de sa peau, à l’exception de la tête et des pieds , ce qui montre qu’il l’a possédé mort ; mais BufFon , supplém. III , 1776, nous apprend qu’il l’avait vu vivant.

(2) Sauf , dit-on , une médaille de Philippe.

Ksper, 1774.

Coi Uni ,

Jœger, 1804.

G. Cuvier,

d’Ours, les plus communs dans les cavernes de toute l’Europe paraissent être ceux d’Hyène.

Les premiers fragments fossiles qui aient réellement appartenu à une espèce de ce genre, se trouvent encore avoir été figurés par Esper, en 1774, dans son ouvrage sur les Ostéolithes, comme provenant de la caverne de Gaylenreuth, mais sans qu’ils les ait reconnus comme tels, ainsi que l’a fait remarquer M. Cuvier, qui lui-même a donné à tort comme une canine de Loup, la dent figurée par Esper (tab. V, f. 3); c’est en effet une incisive externe d’Hyène, d’après l’observation de Schmerling.

Il en est de même d’une demi - mâchoire inférieure que Collini a décrite et figurée dans les mémoires de l’Académie de Manheim , pour 1785, et d’une dent représentée parKundman, en 1736, et provenant de la caverne de Bauman , qui ne furent pas rapportées à leur genre , ce qui n’a rien détonnant , puisqu’il 11’existait peut-être qu’à Paris et depuis 1762 , seulement, des moyens de comparaison, c’est-à-dire un squelette d’Hyène. Ajoutons que la figure qu’en avait donnée Daubenton était dans une réduction si forte, et si peu détaillée, qu’il était presque impossible de s’en servir.

C’est donc à M. Jœger, comme nous l’apprend M. G. Cuvier, dans la première édition de ses Recherches sur les ossements fossiles , p. 7 (1) , qu’est due l’observation qu’un crâne mutilé trouvé à Canstadt , avait la plus grande analogie avec celui décrit par Collini , et avec le squelette d’Hyène représenté par Daubenton.

Mais c’est réellement à M. G. Cuvier , qui avait ce squelette sous les yeux, et quelques os envoyés par le margrave à Buffon, que l’on doit

(1) « M. Jœger qui en a aussi envoyé de son côté un profil (d’un crâne dépourvu de sa face, dont M. Kielmeyer avait adressé des dessins à M. Cuvier) , avait parfaitement reconnu l’analogie de ce crâne mutilé , avec celui que décrit Collini , et même avec le squelette d’Hyène représenté par Buffon. Je suis bien heureux de pouvoir confirmer par la comparaison avec l’objet même, la conjecture de cet habile naturaliste.» Seulement , ajoute-t-il , l’animal de Canstadt devait être considérablement plus grand que l’Hyène ordinaire.

PALEONTOLOGIE.

la comparaison de l’espèce fossile avec l’espèce vivante, et l’observation de plusieurs des points qui les distinguent.

Depuis la publication de son premier mémoire à ce sujet, en i8<»5, dans les Annales du Muséum , on a trouvé et recueilli beaucoup d’autres fragments d’Hyène fossile : d’abord en Angleterre , dans la caverne de Kirkdale , illustrée par M. Buckland, puis dans celle de Gaylenreuth, par M. Goldfuss; dans celle de Sundwig en Westphalie , par M. Noggerath ; dans celle de Lunel-Viel , du midi de la France , par MM. de Christol et Bravard , Marcel de Serres , Dubreuil et Jeanjean; dans celles delà province de Liège, par M. Schmerling; dans une grotte à Kent, près de Torquay, en Angleterre, par M. Mac-Enry, et enfin dans beaucoup d’autres endroits de l’Europe, et surtout en France, en Auvergne , et en Italie dans le val d’Arno.

C’est à l’aide d’une partie seulement de ces matériaux , que M. G. Cuvier , dans la seconde édition de ses Recherches sur les ossements fossiles, publiée en 1825, confirma ce qu’il avait avancé d’abord, que l’Hyène fossile différait plus de l’Hyène ordinaire que de l’Hyène tachetée , mais quelle devait cependant être considérée comme une espèce distincte.

Depuis ce temps d’autres paléontologistes ont proposé plusieurs espèces d’Hyènes fossiles, en Europe, en Asie et même en Amérique, en sorte que notre France, par exemple, qui n’en possède plus aujourd’hui aucune, en aurait nourri anciennement sept. Voyons sur quels éléments elles reposent, et passons-les successivement en revue.

Buckland.

Goldfuss.

Noggerath.

De Christol.

M. de Serres.

Schmerling.

Mac-Enry.

Croizet.

G. Cuvier,

1° L’Hyène des cavernes ( H . spelœa ).

Dont l’existence à l’état fossile a été reconnue pour la première fois par Jœger, qui a été discutée et caractérisée en grande partie par M. G. Cuvier, et enfin nommée et figurée par M. Goldfuss, en la comparant également avec l’Hyène tachetée du Cap ( H. crocuta ).

Elle repose sur un grand nombre de fragments du squelette.

Par qui établie.

Fragments sur lesquels elle repose.

Tètes.

Mandibules.

Dents.

Os longs.

Os plats.

Os courts.

Caractérisée par la Dent carnassière supérieure.

a) Des têtes entières ou presque entières, et des morceaux de têtes retirées des cavernes de Gavlenreuth en Allemagne, des environs de Liège en Belgique , de Lunel-Viel en Languedoc , de l’Avison en Gascogne, du diluvium à Lawford en Angleterre, des environs de Fontainebleau et de Paris en France.

b) Des mandibules en bien plus grand nombre , en fragments plus ou moins considérables, et pourvues de dents, en général fort usées et comme tronquées, de la plupart des mêmes localités , et entre autres des cavernes des environs de Liège , où Schmerling en a recueilli douze fragments; mais, de plus, de la caverne de Kirkdale en Angleterre.

c) Des dents en grand nombre de toutes sortes, si ce n’est cependant la tuberculeuse supérieure adulte, entières ou usées, et dans ce cas à tous les degrés d’usure , quelques-unes de lait, mais le plus communément de remplacement.

d) Des os longs, rarement entiers , des membres antérieurs ( humérus, radius, cubitus), et postérieurs (fémur, tibia, péroné), des doigts (phalanges des trois sortes) ainsi que du métacarpe et du métatarse.

e ) Des os plats bien plus rarement ( omoplate et bassin).

/) Des os courts du tronc , comme des vertèbres en petit nombre , des pieds de devant et de derrière , du carpe ou du tarse , comme calcanéum et astragale.

Cette espèce a été caractérisée jusqu’ici :

i° Par la forme de la dent carnassière supérieure qui a son talon tranchant postérieur proportionnellement plus large que dans l’Hyène rayée.

La Dent 2° par ce|je ([e ja carnassière inférieure oui , outre ses deux lobes carnassière 1

inférieure, tranchants à peu près d’égale dimension , n’offre en arrière qu’une sorte de bourrelet à peine plus marqué qu’en avant, et par conséquent presque sans talon, mais certainement sans tubercule à la racine interne du lobe postérieur.

PALÉONTOLOGIE

3° Par la taille qui dépasserait d’un cinquième au moins celle de l’Hyène tachetée du Cap(i).

4“ Par la forme de la tête osseuse qui offre plus de largeur à l’occiput, plus d’élévation à la crête occipitale, qui est en même temps plus distincte , plus comprimée que dans l’Hyène tachetée , et enfin par un museau plus gros et plus court.

5° Par plus de brièveté et de grosseur proportionnelle de tous les os des membres, tant antérieurs que postérieurs.

De tous ces caractères différentiels , les moins importants sont évidemment ceux tirés de la taille d’un cinquième plus grande , de plus de grosseur proportionnelle des os , et de plus d 'élévation dans la crête sagittale. En effet , la comparaison pour la grandeur se fait entre les individus fossiles, au maximum de leur développement par suite de l’état sauvage, dans les circonstances les plus favorables, et des individus élevés jeunes dans les cages de nos ménageries , nourris assez abondamment, il est vrai, mais sans ces alternatives d’enquêtes et d’efforts que demande la vie de liberté ; et même, à ce sujet, nous devons faire observer que, d’après le squelette d’une Hyène tachetée mâle, du Gap, tuée à l’état sauvage, et que possède aujourd’hui la collection du Muséum, la différence proportionnelle établie par M. Cuvier serait bien moindre, la dent carnassière fossile ayant o,o33 ne dépassant celle de cette Hyène du Cap que de deux millimètres tout au plus (2).

Le plus de grosseur proportionnelle dans tous les os du squelette est une conséquence rigoureuse d’une plus grande taille, comme Daubenton l’a fait observer depuis longtemps, et comme M. G. Cuvier l’a admis lui- même dans son Mémoire sur le Mégathérium.

On peut en dire autant, et avec encore plus déraison , de la hauteur

La Grandeur.

La Forme de la Tête.

La Proportion des Os.

Discussion de ces Caractères.

La Taille.

La Proportion des Os.

La Crête occipitale.

(1) M. Buckland dit un tiers, et même d’après G. Cuvier; mais celui-ci n’a employé cette proportion qu’à l’occasion d’une dent carnassière; pour tout le reste il ne parle jamais que d’un cinquième.

(2) M. G. Cuvier donne , comme sa plus grande tête d’Hyène, celle rapportée par Olivier ; or, nous en possédons aujourd’hui qui ont presque un ciuquième de plus.

CARNASSIERS; HÏ’ÆNA.

La Forme des Dents carnassières.

Caractère nouveau.

Tiré de la Tuberculeuse.

Non observée.

Tar Collini.

de la crête occipitale dont la saillie varie notablement suivant l’âge, le sexe et la force individuelle ; aussi les mesures de crânes doivent-elles être prises dans la longueur basilaire, pour signifier réellement quelque chose, et non pas entre le bord incisif et l’extrémité de la crête, comme l’ont fait MM Cuvier et Goldfuss, le plus ordinairement.

Ainsi, la seule différence, qui pouvait être caractéristique, était celle qui repose sur la forme des dents carnassières supérieure et inférieure ; quoique sous le rapport du développement du talon postérieur de celle-ci , on trouve encore un assez bon nombre de variations qui établissent des nuances intermédiaires. Nous avons même remarqué sur deux fragments de la collection paléontologique du Muséum, l’un de la caverne de Kent en Angleterre, l’autre de la forêt de Bondy aux environs de Paris, un rudiment bien marqué du tubercule interne de la carnassière inférieure, qui manque dans tous les échantillons qu’on en a signalés, et dont on s’est surtout servi pour caractériser XHyœna spelcea.

Il fallait donc trouver un autre caractère qui vînt mettre hors de doute ceux que l’on avait tirés de la seule considération des deux dents carnassières, et c’était la tuberculeuse d’en haut , à l’état adulte , comme à l’état de dent de lait, qui devait le fournir, d’après toutes les preuves que nous en avons données dans nos précédents mémoires. C’est en effet ce qui a eu lieu.

Jusqu’ici aucun paléontologiste n’avait eu l’occasion de trouver un fragment d’Hyène fossile des cavernes qui en fût pourvue , ou bien n’y avait pas fait attention.

Dans la première tête d’Hyène, signalée par Collini, elle n’existait sans doute plus, puisque, malgré l’exactitude et l’étendue de sa description , il ne compte que quatre dents molaires de chaque côté de la mâchoire supérieure. Il en était sans doute resté un indice dans l’alvéole ; mais il n’en dit rien.

Dans la première édition de son Mémoire sur les Hyènes fossiles , M. G. Cuvier n’eut pas l’occasion de parler de cette dent qu’il ne trouva

PALÉONTOLOGIE

sur aucune des pièces en nature ou figurées qu’il eut à sa disposition.

Je ne vois pas que M. Goldfuss en ait parlé davantage , non plus que Sœmmering , dans les deux crânes qu’il a décrits et figurés dans son mémoire.

M. Buckland trouva le premier plusieurs dents tuberculeuses d’Hyènes, dans la caverne de Kirkdale; mais, comme elles étaient détachées, il ne les reconnut comme d’Hyènes et comme des dents de lait, que dans la seconde édition de son Mémoire, en 1823.

C’est ce que reconnut aisément aussi M. G. Cuvier, dans la seconde édition de son travail sur les Hyènes fossiles; mais sans y attacher une grande importance, n’ayant cette dent adulte que dans l’Hyène rayée, et cette dent de lait que dans l’Hyène tachetée, des espèces vivantes. Cependant il fut porté à croire que la tuberculeuse fossile de Kirkdale pouvait être une dent de lait; « du moins, ajoute-t-il, ressemble-t-elle à la tuberculeuse de lait de ma jeune tachetée. »

Toutefois, à défaut d éléments suffisants, les choses restèrent dans une sorte de confusion, au point que Schmerling, p. 60, de son chapitre sur les Hyènes fossiles des cavernes de Liège, donne comme une particularité qu’aucune des têtes qu’il a vues , n’a conservé les traces de la présence d’une tuberculeuse , et que dans tous les dessins qui étaient à sa connaissance , cette dent manque ; à quoi il ajoute que jamais il n a reconnu la moindre trace de ces dents dans les cavernes des environs de Liège.

Depuis lors je vois que cette dent a été indiquée , seulement , il est vrai, par son alvéole, dans la figure de la belle tête trouvée à Lawfort.

MM. 1 abbé Croizet et Jobert en ont trouvé et figuré une d’adulte en place , sur un fragment de mâchoire qu’ils ont rapporté , avec raison , à une espèce différente de 1 Hyœna spelœa.

Enfin MM. Marcel de Serres , Dubreuil et Jean-Jean , en ont également indiqué l’alvéole sur une tête osseuse presque entière qu’ils rap-

G. Hyène.

Goldfuss.

Observée par Buckland à l 'état non adulte.

Par G. Cuvier,

Niée par Schmerling.

Figurée par M. Croizet, dans une autre espèce.

Décrite pour la première fois sur un nouveau fragment.

Conclusions.

Tirées de la Tuberculeuse adulte et de lait.

portent avec raison à XHyœna spelœa , mais sans en avoir fait mention aucune , n’y étant portés par aucun précédent.

Le seul fragment de mâchoire d’Hyène fossile sur lequel la tuberculeuse ait été rencontrée est donc celui dont je vais parler, qui fait aujourd’hui partie de la collection paléontologique du Muséum , et qu elle doit à la générosité éclairée de mademoiselle Louise Breguet , soeur du célèbre horloger de ce nom , sollicitée par notre collègue M. Duméril. Ce beau morceau qui a été trouvé avec deux autres également de la mâchoire supérieure, dont l’un est du même individu et l’autre plus petit d’un second, offre dans les dents qui le garnissent et, par exemple, dans la carnassière, tous les caractères attribués à une Hyœna spelœa de grande taille ; mais de plus, transversalement en dedans de la fin de la série, est une très-petite dent dont la couronne parfaitement ronde est portée sur une racine unique, conique, et plus grosse quelle. Ainsi elle confirme à la fois le rapprochement , et sa distinction de l’Hyène tachetée du Cap, qui a cette dent subtriquètre , comme la considération de son analogue nous a servi à distinguer cette espèce de l’Hyène rayée , et à ne pas séparer de celle-ci l’Hyène brune.

En prenant maintenant en considération la même dent de lait ou de jeune âge, et la principale carnassière d’en haut et d’en bas, telles que nous les connaissons d’après les figures , plus que d’après les descriptions, qu’en donnent MM. Buckland et Cuvier, nous voyons quelles peuvent également servir à démontrer que l’Hyène fossile en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, dans le nord et même dans le midi de la France, constitue une espèce bien distincte, même de celle du Cap , dont elle est cependant plus rapprochée que de toute autre , aussi bien par les os du squelette que par les dents.

2° La grande Hyène des cavernes ( H. spelœa major). Indiquée pour la première fois par M Goldfuss , dans les Nouveaux

PALÉONTOLOGIE. 43

actes des curieux delà nature , XI , p. 2 , p. 45g , tab. 5 7 , fig. 3 , et par Wagner, 1 sis , 1829, IX, 980, d’après un petit nombre de fragments qui se réduisent même ici à une partie antérieure de mandibule portant la première paire de dents molaires en place , des cavernes de Franconie, et qui ne diffère de son analogue dans la précédente, que par des dimensions encore plus grandes. C’est la même raison qui a porté M. Schmerling à adopter cette espèce d’après un fragment de tête, pl. XI, fig. 17-18, et deux dents, pi. X, fig. 17-18, trouvés avec ceux de H. spelœa , et cependant la différence de taille ne va guère suivant ses propres mesures qu’à un vingtième pour la tête, et à un cinq ou sixième pour les dents.

Il faut aussi sans doute rapporter à cette même variété la H. gigantea de M. Moll ( Manuel de palœont. , p. 36 ) , et qui repose sur un occiput et une mandibule, trouvés dans la caverne d’Oreston en Angleterre et figurés , Trans. phil. , vol. 1 1 3 , pl. XI , fig. 8 , et pl. XII , fig. 9 , par M. Clift , se bornant à dire que la partie occipitale est deux fois aussi grande que sa partie correspondante dans une Hyène vivante, dont il ne donne pas la mesure.

Dans nos principes établis sur une observation répétée , la distinction des espèces animales doit nécessairement reposer sur autre chose que sur la taille.

3° L’Hyène de Perrier (H. Perrieri).

De MM. Croizet et Jobert, fossiles d’Auvergne , I, p. 169, 1829.

D’après les fragments suivants :

a) Une demi-mandibule du côté droit, presque entière et pourvue de ses dents molaires et canines , loc. cit. , Hyènes ( Pl. II, fig. 3 ).

b) Une autre portion de mandibule portant ses molaires de lait, et, par une heureuse cassure , pouvant montrer la carnassière d’adulte encore dans l’alvéole ( Pl. IV , fig. 3 ).

c) Un autre fragment de mandibule montrant les incisives et les canines en place ( Pl. IV , fig. 6 ).

proposée.

Goldfuss.

Wagner.

Sur quel fragment.

Schmerling.

Moll.

Conclusion.

Par qui proposée.

Sur quel fragment.

Mandibules.

Humérus.

Os de

l’Avant-Bras.

Radius.

Trouvés ensemble en Auvergne.

Caractérisés par la Carnassière.

La Disposition des Dents.

L'Élévation du Condyle.

L'Absence du Trou de l’Humérus.

Discussion de ces caract.

d) Une portion inférieure d’humérus ( PI II, fig. 6).

e) Les deux os de l’avant-bras assez frustes et tronqués à leur extrémité inférieure , et s’adaptant parfaitement avec l’humérus ( PI. Il , fig. 7 et 8 ).

J) Une portion assez considérable, mais tronquée aux deux extrémités, d’un radius (PI. Il, fig. 8).

Fragments trouvés, a, b , c, d , e et f ensemble, dans le diluvium ancien ou l’alluvium de la montagne dePerrier près dlssoire en Auvergne.

Ces messieurs caractérisent cette espèce : par la présence d’un talon bilobé à la partie postérieure de la carnassière, ou de la dernière molaire d’en bas, particularité qu’ils ont observée sur trois individus ; par l’absence de tubercule interne à la base du lobe postérieur de cette même dent; par une sorte d’imbrication latérale en avant et en dehors des deux molaires intermédiaires , ce qui les rend obliquement implantées; par la position du condyle, plutôt au-dessous qu’au-dessus de la ligne dentaire ; enfin , par l’absence du trou de non ossification au-dessus de la poulie articulaire de l’humérus.

Du reste, ils reconnaissent que c’est de l’Hyène tachetée, qu’ils nomment quelquefois Hyène d’Afrique , sans doute parce quelle habite exclusivement cette partie du monde , que l’Hyène de Perrier se rapproche le plus.

Nous avons observé , dans la collection du Muséum , la plupart des pièces sur lesquelles elle a été établie.

L’imbrication latérale des dents , par une sorte de refoulement des intermédiaires , tient à la brièveté et à la courbure sur le plat de la mandibule en totalité , et provient de cette particularité, évidemment plutôt individuelle que spécifique. Il en est de même d’un peu moins d’élévation du condyle de la mandibule au-dessus de la ligne dentaire. Quant à l’absence du trou de l’humérus , en supposant que cet os appartienne certainement à celte espèce , c’est sans doute un résultat de lage , et nous avons noté celui de deux individus de notre collection qui est dans le même cas.

PALÉONTOLOGIE. 45

Restent donc les deux particularités de la dent carnassière. La bifidure du talon me paraît pouvoir être attribuée à un accident déterminé par la manière dont s’est faite l’usure par l’action de la carnassière et de la tuberculeuse supérieures ; et j’avais supposé que c’était peut-être à la même cause que pouvait être due l’absence du tubercule interne, comme j’en ai vu des exemples chez quelques individus de VH. vulgaris.

Dans cette manière de voir, l’Hyène de Perrier serait une espèce voisine de l’Hyène rayée et non de l'Hyène tachetée.

Ce qui semblerait le prouver, c’est que la forme et la proportion de la carnassière, par rapport à celle qui la précède, et celles de ses trois lobes, sont assez bien comme dans l’Hyène rayée, et surtout comme dans la variété désignée sous le nom d 'H. fusca, ainsi que dans l’Hyène d’Oran.

On peut cependant trouver une objection à cette manière de voir en considérant le fragment de mandibule de jeune âge que M. l’abbé Croizet rapporte aussi à l’Hyène de Perrier, et qui contient à la fois la carnassière de lait et celle d’adulte ; en effet cette dent carnassière de remplacement , encore , il est vrai , contenue dans son alvéole , n’a pas de tubercule interne , quoique le talon soit également assez large , mais étroit et à trois cornes presque égales, comme dans la carnassière d’adulte rapportée à cette espèce; et d’ailleurs la partie tranchante de la couronne est aussi bien moins étalée dans ses deux lobes que dans la dent analogue de l’Hyène fossile de Gaylenreuth ; et comme en outre les deux autres dents molaires , c’est-à-dire l’avant-molaire et la principale , et surtout celle-là , sont notablement plus grandes que dans le jeune âge de VH. crocuta , on doit en conclure que 1 Hyène de Perrier pourrait bien être quelque chose de particulier.

Nous devons cependant ajouter que nous ne connaissons la tuberculeuse caractéristique , ni dans le jeune âge , ni dans l’adulte.

De la

Carnassière.

Conclusion

préliminaire.

Objection.

Conclusion

définitive.

4° L’Hyène d’Auvergne ( H. Arvernensis ).

l’ar qui proposée.

Sur quels fragments.

Caractérisée par la Dent Carnassière inférieure.

Tuberculeuse.

Conclusions.

Des mêmes paléontologistes ( Fossiles du Puy-de-Dôme, tome I, page 178 ).

D’après les fragments suivants :

a) Une mandibule du côté droit pourvue de presque toutes ses dents, fort usées à la couronne, et surtout la carnassière dans ses deux lobes tranchants, loc. cit. (PI. III , fîg. 1 et 2 ).

b) Une dent principale inférieure (PI. I, fig. \ ) qui offre un rudiment de tubercule et des trois denticules du talon.

c) Un fragment de mâchoire supérieure du côté gauche contenant les trois dernières molaires, et entre autres la tuberculeuse (PI. IV, fig. 1 , 2 et 3 ).

Offrant , suivant MM. Croizet et Jobert , pour caractères différentiels avec l’Hyène rayée, dont elle a cependant la carnassière inférieure assez semblable , le petit tubercule interne de cette dent placé plus en arrière , un collet plus fort et un tubercule en avant de la seconde molaire inférieure, moins d’obliquité dans les intermédiaires, une courbure moins brusque du bord inférieur de la mandibule , plus d’éloignement en arrière et plus d’élévation dans le condyle , enfin une taille qui égalait au moins celle des plus grandes Hyènes tachetées . ce qui ne constitue aucune différence bien réellement spécifique, et ce qui le prouve, ce me semble, c’est que la forme et la proportion des deux arrière-molaires et surtout de la tuberculeuse, dans le fragment de mâchoire supérieure rapporté par ces messieurs à leur Hyène d’Auvergne, sont absolument comme dans l’Hyène rayée ( H. vulgaris ).

Je sms donc porté à conclure que les fragments fossiles sur lesquels repose l’établissement de Y H. Arvernensis , de AiM. Croizet et Jobert, fragments que j’ai vus et comparés avec soin , sont loin d’être suffisants pour distinguer cette espèce de l’Hyène ordinaire dont nous allons en effet trouver d’autres traces dans les cavernes du midi de la France, et

très- probablement aussi dans l’immense dépôt tertiaire ou diluvien du val d’Arno aux environs de Florence.

5° L’Hyène douteuse {H. dubia).

Des mêmes paléontologistes d’Auvergne , loc. cit. , p. 1 8 1 , mérite en effet ce nom sous tous les rapports , car elle ne repose que sur une seule dent que MM. Croizet et Jobert regardent comme une seconde fausse molaire supérieure d’une Hyène, à cause de sa forme conique et de sa grande épaisseur, et différente de sa correspondante dans les espèces admises à l’état vivant et à l’état fossile , parce quelle n’offre aucune trace de talon ni même de collet.

Cette dent, qui provient, du reste, de la même localité que les pièces précédentes , est en effet très-probablement une dent d’Hyène , comme on en peut juger par le quasi-parallélisme et la longueur de ses deux racines ; quant à l’absence de talon et de collet , cela tient sans doute à ce qu’elle a été usée par le frottement.

6° L’Hyène mixte ( H. intermedia ).

Commence la série des espèces d’Hyènes fossiles que MM. Marcel de Serres , Dubreuil et Jean-Jean ont proposées , d’abord dans un mémoire particulier sur les Hyènes fossiles des cavernes de Lunel-Viel ( Mém. du Muséum , t. XVII, p. 269 , an. 1828), et depuis dans leur ouvrage intitulé : Recherches sur les ossements humatiles des cavernes de Lunel- Viel , p. 80, an. 1839; d’après les ossements fossiles trouvés en assez grand nombre dans une des cavernes les plus méridionales d’Europe , celle de Lunel-Viel , à quelques lieues de Montpellier.

Les fragments qu’ils ont attribués à cette espèce consistent :

i° En une tête presque entière , armée de toutes ses dents , sauf la tuberculeuse {Mém. du Mus. , pl. XXIV , fig. 4 et 5 , et Recherches, etc. , pl. III , fig. 4 et 5 ).

Par qui proposée Sur quel fragment.

Conclusion.

Par qui proposée.

M. Marcel de Serres, etc.

Sur quels fragments.

2° Une couronne occipitale ( PI. IX, fig. 70) qui dans les Mérn. ( PI. XXV , fig. 7 ) est attribuée à l 'H. spelœa.

3° Une mandibule entière avec toutes ses dents ( Mém. , pl. XXV , fig. 4, et Recherches , pl. IV, fig. 4)-

4° Une carnassière supérieure du côté droit {Mém. , pl. XXIV, fig. 6 et 7; Recherches , pl. III, fig. 6 et 7 ).

5° Une carnassière inférieure du côté gauche ( Mém. , pl. XXV , fig. 5 et 6 ; Recherches , pl. IV, fig. 5 et 6 ).

6° Une carnassière inférieure du côté droit ( Mém. , pl. XVI, fig. 7 et 8 ; Recherches , pl. V , fig. 7 et 8 ).

caractérisée Mais ils n’ont pu la distinguer des deux autres espèces dont ils ont trouvé des restes dans la caverne de Lunel-Viel , et surtout de XH. spelœa ( avec laquelle elle a plus de rapports pour les bosses pariétales et la forme du museau , la grandeur des fosses nasales , du trou sousorbitaire, la forme de la carnassière supérieure, quoiqu'un peu plus la Taille, petite ) , que par une plus grande taille , par plus de longueur et de

la crête saillie de la crête sagittale , de largeur du front , par la forme plus vo¬

lumineuse des molaires inférieures, et surtout parce que la carnassière inférieure est pourvue à peu de distance de sa jonction avec un talon la carnassière rudimentaire, comme dans XH. spelœa, d’un petit tubercule conique inférieure. tr£s p0intu ? cjans un parallélisme assez exact avec la partie la plus la supérieure, reculée du lobe postérieur. Quant à la carnassière supérieure, son lobe postérieur serait intermédiaire à ce qu’il est dans XH. prisca et dans XH. spelœa, que sous ce rapport, ces messieurs rapprochent de l’Hyène rayée et de l’Hyène tachetée , et l’apophyse coronoïde serait comme dans celle-ci. Ce sont même ces particularités, propres tantôt à l’une, tantôt à l’autre de ces deux espèces, qui ont valu à l’espèce fossile le nom d H. intermedia.

Discutée. Je ne puis en juger que d’après les figures citées plus haut; mais quoique en effet l’apophyse occipitale de la tête (pl. III, fig. 4) soit évidemment plus élevée que dans XH. spelœa , la proportion et la forme des dents molaires implantées, sont certainement comme dans celle-ci.

PALÉONTOLOGIE

Cette manière de voir semble d’ailleurs être confirmée par la mandibule et la proportion de ses dents ( pl. IV, fig. 4 , 5 et 6 ) ; reste donc seulement Conclusion, la particularité du rudiment de tubercule interne de la principale queje suis porté à regarder comme individuel ; en effet , je l’ai retrouvé sur un beau fragment de mandibule de la caverne de Kent en Angleterre , et sur un autre provenant de Bondy près de Paris, qui du reste appartiennent évidemment à l’Hyène ordinaire des cavernes , H. spelœci.

70 L’Hyène ancienne {H. prisca).

De MM. Marcel de Serres , Dubreuil et Jean-Jean , Mém. du Muséum , rar qui

t. XVII, p. 278 , an. 1828 ; Mémoire sur les Hyènes fossiles de la ca- proposee' verne de Lunel-Hiel , puis Recherches sur les ossements humatiles de DeChnsto1cette meme caverne , p. 80 , an. 1 83 g ; de laquelle ont aussi parlé MM. de Christol et Bravard , Mém. de la Soc. d’hist. nat. de Paris , t. IV, p. 376 ,

Pl. XX1I1, fig. 3 , an. 1828, sous le nom d’Hyène de Montpellier ( H . Mons-pessulana ) , ne reposait d’abord , pour ces derniers du moins , Sur iue,s que sur la considération d’une dent carnassière inférieure du côté gauche qui était pourvue d’un talon et d’un tubercule interne comme dans 1 Hyène rayée , H. vulgaris ; mais chez les premiers , elle est appuyée sur des fragments bien plus importants , savoir :

1 ° Une tête assez entière , tronquée au museau ( Mém. , Pl. XXIV , fig. 1; Recherches , Pl. III , fig. 1).

2° Mandibule du côté gauche {Mém. , Pl. XXV, fig. 1 ; Recherches ,

Pl. IV, fig. 1 ).

3° Une dent carnassière supérieure du côté gauche ( Mém. , Pl. XXIV, fig. 2 et 3 ; Recherches , Pl. III, fig. 2 et 3).

4“ Une dent carnassière inférieure du côté gauche ( Mém. , Pl. XXV, fig. 2 et 3 ; Recherches , Pl. IV, fig. 2 et 3).

En faisant porter leur comparaison sur un seul squelette de l’Hyène sur quels rayée vivante, et probablement de ménagerie , MM. de Serres , Dubreuil Caractere ' et Jean-Jean , n ont pu reconnaître de différence entre celle-ci et l’Hyène

G. Hyène. 7

fossile des cavernes de Lunel-Viel ( H. spelœa) , que dans la taille en général plus grande chez celle-ci, le chanfrein un peu plus droit, les fosses nasales plus étendues , le trou sous-orbitaire un peu plus grand , les fausses molaires un peu plus larges par rapport à la hauteur , et le tubercule interne de la carnassière inférieure plus gros, conclusion. Nous ne connaissons en nature qu’un assez petit nombre d’ossements de l’Hyène fossile des cavernes de Lunel-Viel , et aucun de ceux signalés par MM. de Serres et ses collaborateurs ; mais il est évident qu’aucune des différences notées par eux ne peut fournir un caractère d’espèce; aussi ces messieurs ont-ils nommé, en français, l’animal dont ils ont reconnu les fragments, Hyène rayée fossile , et très-probablement comme ne différant en rien de cette espèce vivante.

C’est en effet ce qu’avaient établi MM. de Christol et Bravard {Ann. des sc. nat. , fév. 1828) , dans un mémoire lu à la Société d’histoire naturelle de Paris , en admettant que l’Hyène rayée avait laissé de ses traces à l’état fossile ; se fondant , comme il a été dit plus haut , sur une dent molaire inférieure, qui, suivant eux, offrait le talon et le tubercule interne comme dans l’espèce vivante, comparé avec 11 s’agirait maintenant de rechercher si cette espèce des cavernes de Arvernensis bunel-Viel diffère ou non de celle que MM. Croizet et Jobert ont également rapprochée de l’Hyène vulgaire, leur//. Arvernensis. Si elle n’en dif- Conciusion fère pas, comme cela me semble fort probable, on aura la certitude que cette espèce est bien réellement la même que l’on trouve fossile dans le midi de la France. En effet, nous avons fait remarquer plus haut que l’Hyène d’Auvergne des paléontologistes de Clermont offre la dent tuberculeuse caractéristique tout à fait semblable à celle de l’Hyène vulgaire, si commune aujourd’hui de l’autre côté de la Méditerranée, depuis une extrémité jusqu a l’autre.

Avec l'Hyène Je lui rapporterais même volontiers l’Hyène dont on a trouvé plusieurs Amo. resteg fossj]es dans l’immense dépôt tertiaire ou de diluvium ancien du val d’Arno. En effet , d’après un plâtre moulé sur un fragment de mâchoire du côté droit, envoyé à notre collection par Targioni - Tozetti ,

PALÉONTOLOGIE

et surtout d’après les deux mandibules que j’ai observées dans la collée- conclusion, tion granducale à Florence , il me semble que la forme et les proportions des dents molaires, et surtout de la carnassière, sont comme dans Y H. Arvernensis de M. Groizet, et dans YH.prisca de M. Marcel de Serres, et nullement comme dans YH. spelœa. C’est ce que confirme un frag ment considérable de l’humérus du côté gauche que j’ai vu et dessiné dans la même collection , provenant également du val d’Arno. Sa grandeur indique un animal bien plus petit que l’Hyène ordinaire des cavernes. Il est en effet exactement de la grandeur de celui rapporté par M. Croizet à son Hyène de Perrier, PI. II , fig. 6.

L’Hyène ancienne de l’Himalaya (H. Sivalensis).

Ce n’est en effet pas seulement en Europe que les paléontologistes ont découvert des ossements fossiles qu’ils ont attribués à des animaux de ce genre.

En Asie, sur le versant méridional des Sous-Himalayas, nous trouvons que MM. Baker et Durand ( Joum . As. du Beng., p. 55g , an. 1 835 ) ont signalé et même fait figurer une tête presque entière d’Hyène, pourvue de sa mandibule, recueillie dans l’immense dépôt qui constitue les monts Sivaliens ; malheureusement la description et la figure données par ces messieurs sont assez loin detre suffisantes pour déterminer si ce crâne d’Hyène provient d’une espèce distincte, ce qui est peu probable, ou bien semblable à celle qui vit encore dans le pays , et qui n’est que l’Hyène vulgaire. Voici au reste l’extrait de ce qu’ils en disent :

« Au nombre des ossements de Carnassiers fossiles trouvés dans ce dépôt , ceux cl Hyène sont les plus communs. Nous avons fait figurer le plus parfait que nous ayons rencontré et qui consiste dans une tête presque complète , avec sa mandibule en place , provenant sans doute d’un animal arrivé à toute sa croissance , comme on peut en juger d’après l’état des dents dont les pointes sont fort usées. D’une taille moindre que l’Hyène fossile figurée par Cuvier , et même un peu différente , elle

En Asie.

Par qui établie.

Sur quels ossements.

Observations

différentielles

En Sud- Amérique.

An Brésil.

Par M. Lund.

s’en rapproche cependant davantage que de celle de ce pays nommée Charakh , et dont nous figurons une tête comme objet de comparaison. On peut y remarquer quelques différences légères dans la disposition des dents molaires. Nous ne voudrions cependant pas décider si ces différences ne viendraient pas de l’âge ou de quelque accident.»

A plus forte raisonne pouvons-nous pas nous-même donner quelque chose de plus positif. En comparant les deux figures nous ne vovons guère à noter de différentiel , que plus de pincement ou detroitesse dans le dos du museau , plus de longueur dans la face et dans l’arcade zygomatique, et enfin plus de petitesse dans la première avant-molaire den haut; mais rien de tout cela n’est bien caractéristique, et d’ailleurs un dessin réduit au quart de la grandeur naturelle mérite-t-il une confiance absolue?

M. Lund énumère aussi ,p. 94, l’Hyène au nombre des animaux dont il a trouvé des ossements fossiles dans les cavernes du Brésil ; mais s’il indique en quelque endroit de son mémoire les fragments sur lesquels repose son assertion, il ne les figure certainement pas, comme il a fait pour toutes les autres espèces qu’il a également proposées ; en sorte que c’est probablement encore là un nouvel exemple de ces assertions trop nombreuses en paléontologie , et qui 11e reposent réellement sur rien d’assez positif pour devoir être le moins du monde acceptées. Sans doute on ne voit aucune raison contradictoire à ce que le genre Hyène ait existé autrefois dans l’Amérique méridionale , mais jusqu’ici cette existence ne peut être rangée au nombre des faits démontrés. M. Lund donne à son Hyène fossile au Brésil , le nom de H. neogœa, ou Hyène du Nouveau-Monde, et ne la cite, ce me semble, qu’aux pages g3 et 94 de son mémoire inséré dans les Actes de l’Académie royale des sciences de Copenhague, tom.VH, an. 1 84 * -

De l’Agnothériem.

Je terminerai cet examen des ossements fossiles attribués au genre

PALÉONTOLOGIE

Hyène, en faisant l’histoire de l’Agnothérium , que je ne connais que par ce qui en a été écrit et figuré par M. Kaup.

M. Kaup , dans son ouvrage sur les ossements fossiles du cabinet de Darmstadt (cahier II , chap. Y, p. 28), a proposé de désigner sous ce nom l’animal auquel a appartenu une dent molaire qu’il figure , pi. I , fig. 4 à 6 , ainsi qu’une dent canine , l’une et l’autre trouvées séparément dans le célèbre dépôt des sables d’Eppelsheim , regardé comme appartenant aux formations tertiaires.

La dent molaire, qui est évidemment une carnassière inférieure du côté droit , et de la taille de sa correspondante dans un Lion ou une grande Hyène, ressemble beaucoup, comme l’a fait justement observer M. Kaup , à celle du Loup ; en effet portée par deux racines très-fortes , assez écartées et subégales , la couronne , bien plus longue qu’épaisse, est formée en avant d’une partie , la plus grande , subtranchante , bilobée profondément , et en arrière d’une autre partie plus petite et constituant une sorte de talon, ce talon étant à trois tubercules, un externe, le plus grand , continuant le bord extérieur de la dent , les deux autres internes subégaux et fort rapprochés. Ainsi elle diffère de celle du Loup , d’abord parce quelle est bien plus grande , mais surtout parce quelle est plus carnassière, les lobes de la partie antérieure, et surtout le premier, étant proportionnellement plus larges, moins élevés et surtout l’antérieur , s’étalant en avant , de manière à ressembler presque complètement à ce qu’il est dans cet animal. Une autre différence consiste en ce que les deux tubercules internes du talon , au lieu d 'être assez séparés pour que l’antérieur soit collé contre le bord interne du lobe postérieur de la partie antérieure , comme dans le Loup, sont ici égaux et fort rapprochés, en sorte que, si cette dent n’est pas une dentdeCanis, ce n’est pas non plus tout à fait une dent d’Hyène, les deux racines étant trop semblables, au contraire des deux lobes de la partie antérieure , et d’ailleurs le talon étant évident dans la dent fossile, comparé avec ce qu’il est , même dans l’Hyène fossile d’Auvergne , avec laquelle il y a cependant quelque ressemblance.

Par qui établie.

.Sur une Dent molaire.

Décrite.

Comparée avec celle du Loup.

de l’Hyène.

(le l'Amphicyon minor.

major.

Une Canine.

Décrite.

Comparée.

J’avais d’abord pensé que cette dent pourrait mieux être rapportée à l’Amphicyon de M. Lartet. Pour l’espèce que j’ai désignée sous le nom A’ A. minor, je suis certain que cela n’est pas , ou du moins que cette dent de l’Agnothérium de M. Kaup ne peut être delà même espèce que celle, justement de même genre, que j’ai attribuée à XA. minor. Je n’ose pas en dire autant en portant la comparaison sur XA. major. En effet , c’est assez bien la même grandeur; malheureusement cette dent n’est pas connue dans ce dernier , du moins en place , ni même une analogue à celle séparée que j’ai supposée lui appartenir : en effet, j’ai fait observer que cette dent avait, dans les Amphycions , ses lobes antérieurs encoreplus inégaux que dans les Canis , ce qui montre quelle était moins carnassière , au contraire de ce qui est pour la dent de l’Agnothérium.

Ce qui me porterait encore à croire que cette dent peut avoir appartenu à un Carnassier hyénoïde , c’est l’usure très-grande qu’elle a éprouvée à sa face externe; en effet, cette usure, justement remarquée comme peu ordinaire par M. Kaup , se voit souvent chez les Hyènes , par suite du frottement de cette dent contre la face interne de la carnassière supérieure.

Quant à l’autre dent que M. Kaup rapporte à la même espèce animale , c’est suivant lui une canine supérieure du côté droit, quia deux centimètres de largeur à la base, sur quatre et demi environ de longueur de couronne, fort courte par rapport à celle de la racine, et qui a plus de ressemblance avec sa correspondante dans le Chien , que dans aucun autre Carnassier. Sa racine est fort comprimée et la couronne peu haute , peu courbée, à coupe subtétraèdre, offrant, en arrière, deux faces presque plates aboutissant à une arête bien tranchante, un peu denticulée, et, en avant, un côté en grande partie convexe, de même qu’une partie du côté interne , séparée par une arête bien prononcée.

D’après la petitesse proportionnelle de la couronne de cette dent, je supposerais plus volontiers, si c’est une canine, qu’elle proviendrait de la mâchoire inférieure; mais ne se pourrait-il pas que ce fût une incisive supérieure caniniforme, analogue à celle trouvée en Angleterre

RÉSUMÉ

par M. Mac-Enry, avec la canine comprimée du prétendu Ursus cultridens, citée aussi à Eppelsheim par M. Kaup, ou mieux ne serait-ce pas une canine inférieure d’un F élis cultridens ? c’est ce qui me semble plus probable.

G est en effet dans la planche des Felis à dents canines cultriformes conclusion, que j’ai fait représenter cette dent, comme appartenant très-probablement à l’espèce dont M. Kaup a figuré une canine d’en haut sous le nom de Machairodus cultridens , et qui aujourd’hui doit être rapportée indubitablement à une grande espèce de Felis.

RÉSUMÉ

i ° Sous le rapport de la distinction et de la disposition des espèces.

Les espèces d’Hyènes, comprenant ici celles qui sont encore existantes Espèces et celles qui ont déjà disparu de la surface de la terre, peuvent être ai- dHyè,,es' sèment distinguées :

i° Par la proportion, la forme et la erandeur de la dent tubercu- Dlstlnguees

° par la Dent

leuse supérieure, adulte et de lait. tuberculeuse.

2° Par la proportion relative de la carnassière supérieure, et de Ses la Carnassière parties OU lobes. Supérieure.

3° Par la proportion de la carnassière inférieure , comparée à la prin- inférieure, cipalequi la précède.

4° Par la proportion des parties de cette même dent , c’est-à-dire du talon et du tubercule interne.

On peut alors ranger les espèces suivant le degré de disposition car- Disposées nivore , c’est-à-dire du maximum de développement de la partie tuber- ainsi : culeuse à son minimum.

A la tête se trouve l’Agnothérium de M. Kaup , en supposant que le Agnotherium. système dentaire et le squelette confirment la présomption tirée de la seule dent connue.

Puis vient l’Hyène ordinaire ( H. vulgaris ) , avec laquelle se placent 11 vulgarü. dans l’ordre de la gradation carnassière :

prisea.

Arvernensis.

fusca.

Perrieri.

intermedia.

spelœa.

crocuta.

'Adulte.

Incisives.

Canines.

Molaires.

Comparées avec lesFelis.

"‘De l«r âge.

VH. prisca ou Mons-pessulana , fossile.

VH. Arvernensis , fossile.

VH. fusca , vivante.

Toutes les trois n’en formant sans doute qu’une seule.

Viennent ensuite :

VH. Perrieri , fossile.

VH. intermedia , fossile.

VH. spelœa , major et minor.

Également fossile, surtout dans la partie moyenne de l’Europe.

Et enfin :

VH. crocuta , qui s’en rapproche beaucoup ; mais chez laquelle la tuberculeuse supérieure est encore plus petite et la carnassière inférieure plus large, plus tranchante et moins tuberculeuse.

En effet , dans VH. spelœa , j’ai quelquefois trouvé un indice bien évident du tubercule interne que je n’ai jamais vu dans aucun de nos crânes d 'H. crocuta.

2° Sur le système dentaire.

Le système dentaire des Hyènes à l’état adulte est tout à fait particulier à ce genre, du moins pour les molaires, car pour les incisives et les canines , le nombre est toujours le même que dans tous les Carnassiers, et la forme intermédiaire aux Felis et aux Canis, sans lobes à la couronne des premières.

Quant aux molaires, leur nombre, comme leur forme, est entièrement propre à ce groupe, plus rapprochées, cependant, de ce quelles sont chez les Felis, ne diffèrent, en nombre que par une seconde avantmolaire de plus , et pour la forme que par plus d’épaisseur , plus de force et même plus de grandeur en général , et surtout parce que la carnassière d’en bas est , au moins , pourvue d’un bourrelet en arrière, et même en avant , de ses deux lobes moins tranchants.

A letat de jeune âge, le système dentaire des Hyènes les distingue

RÉSUMÉ

nettement de celui des Felis, puisque les molaires rentrent dans la disposition normale des Carnassiers. Dès lors c’est avec les Canis qu’il y a plus de ressemblance , du moins pour le nombre ; trois de chaque côté et à chaque mâchoire ; mais il n’en est pas de même pour la forme des deux postérieures, analogues des seules qui existent chez les Felis ; avec ceux-ci la ressemblance est assez parfaite, les différences étant presque spécifiques.On peut cependant noter supérieurement, que la carnassière a sa lame moins large , moins tranchante , et surtout que son lobe antérieur est moins étendu, les deux tubercules qui le forment étant disposés plus transversalement , au lieu d’être presque sur la même ligne d’avant en arrière , comme dans le Lion. Il en résulte que le talon interne est plus avancé , et comme il y a ici une avant-molaire qui n’existe pas dans les Felis , les deux racines et surtout l’antérieure sont bien moins divergentes que dans la carnassière de ceux-ci.

La tuberculeuse diffère encore plus , en ce qu’elle est régulièrement triquètre et transversale , la base en avant avec une racine à chaque angle, l’interne bien plus grosse et aliforme, se projetant presque horizontalement en dedans , tandis que dans le Lion , il n’y a que les deux racines postérieures , parce que la couronne est comme décomposée en deux parties réunies par une barre oblique.

Inférieurement la principale est moins élevée , un peu plus épaisse , les talons et surtout le postérieur au côté interne plus arrêtés , les racines , surtout l’antérieure, bien moins divergentes.

Comparé avec celui desCanis.

des Felis.

Supé¬

rieurement.

Carnassière.

Tuberculeuse.

Inférieurement.

Principale.

La carnassière est assez bien dans le même cas, moins élevée , moins Carnassière, étalée ; ses deux lobes moins inégaux et surtout le talon postérieur plus large et plus crénelé à son bord tranchant , sans tubercule pointu à sa base interne, comme dans le Lion.

3° Sur l’ ostéologie.

Sous ce rapport les Hyènes tiennent encore des Felis et des Canis. Pour la tête, c’est évidemment avec les premiers qu’il v a le plus de

G. Hyène. * 8

Pour la Tète.

rapprochement à faire , par la forme du crâne et la force des mâchoires, ainsi que par le développement des fosses et des crêtes d’insertion des muscles nécessaires à la mastication ; mais la longueur du museau , la courbure de la mandibule , la disposition des apophyses mastoïdes sont davantage comme dans les Canis. Enfin , la compression latérale du crâne , le développement des crêtes sagittale et occipitale , et surtout de l'épine , la déclivité presque continue du chanfrein , de cette épine à l’extrémité du nez , l’articulation du maxillaire avec le frontal dans l’orbite , distinguent la tête osseuse des Hyènes de celles des deux genres précédents.

Le reste du squelette se rapproche davantage de celui des Canis que des Felis , surtout dans la forme et les particularités de la queue et des membres.

Les Vertèbres. La forme générale décroissante de toutes les vertèbres , la distribution des vingt troncales en quinze dorsales et cinq lombaires , sont des particularités propres aux Hyènes ; mais l’apophyse épineuse de l’axis , le lobe interne de l’apophyse transverse de la sixième cervicale, et même les apophyses transverses des vertèbres lombaires sont assez bien comme dans les Canis.

Les Membres Le rapprochement avec ceux-ci devient encore plus évident pour anterieurs. jesmemjjres antérieurs, par l’absence de l’apophyse coracoïde de l’omoplate , l’extrême petitesse de la clavicule , l’absence du canal de la tubérosité interne, et l’existence presque constante du trou de non ossification de la tête inférieure de l’humérus , par la forme, la position des os de l’avant-bras, sauf l’intégrité de l’apophyse coracoïde de l’olécrâne , et enfin l’absence de pouce , et la forme des deux dernières phalanges, qui sont presque tout à fait comme dans les Canis. postérieurs. La même observation peut être faite pour les membres postérieurs, à l’exception cependant de l’os innominé , et surtout de l’iléon dojit la forme et la position sont tout à fait propres aux Hyènes.

RÉSUMÉ

4° Sur la distribution géographique des especes.

11 n’a encore été observé d’Hyènes vivantes que dans l’Ancien-Monde , et seulement en Afrique et en Asie , mais nullement en Europe , même dans les parties les plus orientales et méridionales; et c’est exclusivement l’Hyène rayée , qui se trouve le plus généralement répandue partout où existe le Chacal , si ce n’est en Europe.

On ne connaît point encore d’Hyène dans aucune île de l’Archipel indien , ni même dans celle de Madagascar.

5° Sur l ancienneté des Hyènes à la surface de la terre.

La connaissance de l’existence de ce genre d’animaux ne remonte historiquement pas plus haut qu’Aristote , nos livres sacrés ne faisant mention d’aucun animal auquel les caractères si particuliers à l’Hyène puissent convenir d’une manière certaine.

Mais depuis lors jusque de nos jours son histoire s’est de plus en plus éclaircie; toutefois deux espèces seulement ont pu être nettement distinguées, d’abord par la forme de la carnassière inférieure, et ensuite par celle de la tuberculeuse supérieure, l’une, la plus commune, répandue dans toute l’Afrique, comme dans toute l’Asie continentale, l’autre bornée à l’Afrique.

Il n’est pas hors de doute , quoique cela soit assez probable , que de mémoire d’homme, une espèce d’Hyène ait vécu dans notre Europe; mais il est certain que cette partie du monde a nourri autrefois et même jusqu’en Angleterre une espèce un peu moins carnassière que celle du Cap, l’ H. spelœa , et dans le midi de la France, outre l’espèce commune, une autre intermédiaire à celle-ci et à l’Hyène des cavernes , mais trèsprobablement peu différente de cette dernière.

Les traces que ce genre d’animaux a laissées dans le sein de la terre commencent à se montrer dans les terrains tertiaires de la mollasse du

Exclusivement en Afrique.

en Asie, continentales.

Depuis

Aristote

seulement.

Deux espèces :

L’une d’Asie et d’Afrique.

L'autre

d’Afrique

seulement.

Une d’Europe, mais fossile ,

et peut-être une seconde.

Ses traces commencent

dans

les terrains tertiaires , puis dans le diluvium des Cavernes.

découvert.

inconnus dans les brèches,

ainsi que dans les dépôts d Eppelsheim.

de Sansans.

Énumérées :

au Molierberg,

à Unterstuckbeim.

Molierberg et dans le gypse de Unterstuckheim , surtout dans le val d’Arno en Italie et dans les monts Sivaliens en Asie ; puis dans le diluvium des cavernes de Gaylenreuth, de Baumann, de Sundwig en Allemagne , de Kirkdale , de Kent , d’Oreston en Angleterre, des environs de Liège en Belgique , d’Echenotz, de Fouvent à l’est , de l’A vison au sud-ouest, de Lunel-Viel, au sud , en France , et enfin dans un diluvium libre , ou même dans l’alluvium ancien de Lawfort en Angleterre , à Fontainebleau et aux environs de Paris , et surtout dans la montagne de Perrier, près d’issoire, en France.

Malgré le grand rapport qu’il y a entre les brèches et les dépôts d’un assez grand nombre de cavernes , je ne connais encore aucune des premières où l’on ait dit avoir trouvé des os ou des dents d’Hyènes , si ce n est celle de Nice , d’après M. Marcel de Serres, mais j’ignore sur quelle autorité.

Nous devons aussi faire observer que jusqu’ici les grands dépôts ossifères d Eppelsheim , de Sansans , n’ont encore présenté aucun ossement qu’on ait pu rapporter à une véritable Hyène. M. Schleyermacher en a annoncé à Eppelsheim; mais c’est ce qui n’a pas été confirmé; je suppose même que cette assertion reposait sur la dent carnassière dont M. Kaup a fait son Agnothérium.

Le nombre des ossements d’Hyènes trouvés à la fois dans les différentes localités citées , est bien moins considérable que celui d’Ours par exemple, et qu’on ne le croit généralement, d’après l’une des plus célèbres , celle de Kirkdale ; c’est ce qui nous a déterminé à en exposer ici la liste détaillée.

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