SLR LES ESPÈCES FOSSILES
Nous avons en effet reconnu dans les différents ossements trouvés «) Taxotiie épars dans le terrain de gypse des environs de Paris, et que M. G. Cu- r,um' vier, après un certain nombre de vacillations, avait réunis sous le titre d animal carnassier d’un genre voisin des Coatis , Raton , etc. , et définitivement inscrits sous le nom de Coati parisien, JVasua Parisiensis , par les paléontologistes, une forme animale intermédiaire au Blaireau et au Mydaus, que nous avons nommée Taxotherium , et qui nous semble
b) Palæocyon ou Arctocyon.
r) Amphicyon.
112 carnassiers j subursus.
ne pouvoir être rapportée au prétendu Dasyure de M. G. Cuvier, désigné par nous sous le nom de Pterodon.
Nous avons considéré de plus comme appartenant à la forme aquatique de ce genre, analogue à celle des Loutres parmi les Mustelas, et à celle des Cynogales parmi les Viverras plantigrades, des ossements fossiles trouvés aux environs de La Fère par M. Fremanger, et dont nous avons formé un sous-genre sous le nom d e Palæocyon ou d’ Arctocyon, sous-genre caractérisé par le nombre et la forme des dents de la mâchoire supérieure , la seule que nous connaissions.
Enfin , nous pensons avoir reconnu une forme voisine des Caudivolves ou des Petits-ours à queue fort longue et peut - être prenante dans le grand Carnassier dont M. Lartet a découvert un grand nombre d’ossements dans le dépôt célèbre de Sansans , et qu’il a fait connaître à l’Académie, il y a quelques années, sous le nom d’Amphicyon ou de Chien douteux.
En sorte que sans compter les autres formes que l’on pourrait déduire des ossements fossiles que nous avons rattachés provisoirement à l’Amphicyon sous le nom de A. Minor , et même de cette tête d’Ours prétendue des monts Sivaliens, on peut voir que le groupe des Petitsours, tel qu’il a été produit par la puissance créatrice, était composé ainsi qu’il suit (i) :
(1) Ce tableau rectifie ce qui a été dit de ce genre dans les généralités sur les Carnassiers, d’abord en ce qu’il signale le Mydaus comme distinct des Meles, et ensuite parce qu’il supprime X Arclonyx , qui est certainement un Blaireau ordinaire.
CONCLUSIONS
Et en comparant la taille de ces espèces fossiles à celle à peine médiocre des trois groupes dont nous les rapprochons , on voit quelle était notablement plus grande , le Taxotherium bien plus que le Mydaus ; le Palæocyon que le Coati ; et l’Amphicyon , la grande espèce bien plus que l’Arctictis, et la petite que le Kinkajou.
Considérés ensuite dans leur rapport avec les terrains dans lesquels les ossements fossiles de ces espèces ont été trouvés, nous avons vu que Ça presque toujours été dans les terrains tertiaires et rarement dans le diluvium.
Le Palæocyon, à La Fère, dans un grès que M. d’Archiac regarde comme le membre ou la couche la plus inférieure du terrain tertiaire , immédiatement en contact avec la craie blanche ou supérieure, avec des ossements d'Emydes ou de tortues d’eau douce, des Cyrènes, etc.
L ' Amphicyon major.
Dans le terrain tertiaire moyen d’eau douce des environs d’Auch à Sansans, département du Gers, avec des ossements de Singes, de Chauves- Souris, de Taupes, de Desmans, de Musaraignes, de Mustelas, de Viverras, de Felis, deCanis, d’Hyènes, de différents Rongeurs, de Mastodontes, de Dinotheriums, de Chevaux, de Cerfs, d’ Antilopes, parmi les Mammifères; d’Oiseaux, de Reptiles , d’Amphibiens , avec des coquilles
G. Scbürsüs. .g
Leur
Distribution
géologique.
Terrain tertiaireinférieur.
La Fère.
Palæocyon.
Terrain tertiaire moyen.
A Sansans.
Amphycion.
Major.
Minor.
à Eppelsheim.
à Digoing.
A. minor.
en Auvergne.
Dans llnde.
Sous-
Hvmalayas.
Sivalarctos.
à Meudon .
Valœoryon.
114 CARNASSIERS; SUBURSUS.
d’Hélices, de Bulimes, etc. Dans un terrain diluvien ? à Avaray , près de Beaugency, département de Loir-et-Cher, avec des ossements de Mastodontes, de Rhinocéros, de Paléotheriums, de Ruminants, deTrionyx, et de Dinothérium , que M. G. Cuvier a regardé à tort comme un Tapir gigantesque.
L A mphicyon minor (i).
Dans les sables d’Eppelsheim , faisant partie du terrain tertiaire moyen, avec des ossements de Mammifères, de Felis, d’Hyènes, de Mastodontes, de Dinothérium, de Tapirs, d’Anoplotheriums, de Chevaux, de Cerfs, etc.
A Digoin , département de Saône-et-Loire , dans un calcaire marneux qui paraît d’eau douce et également de formation tertiaire ; nous ignorons si ce dépôt contenait d’autres corps organisés fossiles.
A Sansans, dans le même lieu et avec les mêmes ossements fossiles que X A mphicyon major.
En Auvergne, aux environs d’issoire, dans une sorte de conglomérat d’eau douce, regardé parles géologues comme appartenant aux terrains tertiaires, avec des ossements d’insectivores, Chauves-Souris, Taupes, Musaraignes, Hérissons, Ours, Mustelas, Viverras, Felis, Canis, Hyènes; de divers genres de Rongeurs, d’Anthracotheriums, de Chevaux , de Cerfs, de Bœufs, etc.
Nous pouvons encore rapporter probablement à ce groupe le singulier fossile que MM. Cauteley et Falconer ont décrit sous le nom â'Ursus Sivalensis , qui n’appartient certainement pas à ce genre et que nous avons désigné provisoirement sous le nom cXAmphiarctos ,et dont les ossements ont été trouvés dans cet immense dépôt tertiaire de conglomérat , qui remplit toutes les pentes et les excavations des monts Sivaliens ou Sous-Himalayas.
Et enfin, l’espèce animale dont deux dents ont été recueillies dans le calcaire pisolithique de Meudon, intermédiaire à la craie et à l’argile
(1) Gulo diaphorus (Kaup).
CONCLUSIONS
plastique, doit probablement aussi être rapportée à ce genre et peutêtre même au Palœocyon de La Fère, trouvé dans un terrain de même époque d’après M. d’Archiac.
Dans le diluvium des cavernes , nous ne connaissons encore que des fragments d’os d’un Blaireau semblable comme espèce à celui qui existe aujourd’hui dans nos contrées, trouvés avec des ossements d’Ours, d’Hyènes.
Quant à celui des plaines, nous ne pouvons y rapporter que les deux dents d 'Amphicyon major trouvées à Avaray, près de Beaugency, en France ; mais ce dépôt dans lequel on a aussi rencontré des dents de Mastodonte, de Dinothérium était-il bien dans le diluvium?
Enfin dans lalluvium, nous ne pouvons citer que le fragment de jeune Procyon de l’immense alluvion de la Plata dans l’Amérique méridionale.
Ces ossements étaient fort rarement réunis, un des Amphicyon sur leur état. major de Sansans, et le Palœocyon de La Fère exceptés; jamais roulés, mais toujours plus ou moins brisés ou fracturés.
Ils existaient, comme on vient de le voir pour chaque localité, confusément épars et dans le même état que ceux d’autres Mammifères, de presque tous les genres de Carnassiers, Rongeurs, Pachydermes et Ruminants , comme cela a lieu encore aujourd’hui pour les espèces vivantes, et toutes terrestres ou aquatiques d’eau douce.
Doù Ion peut conclure, comme nous avons déjà eu l’occasion de le conclusions faire dans nos précédents mémoires, qu’à lepoque où se formaient nos ?C0,0KI<îues' terrains tertiaires continentaux ou intérieurs les plus anciens, soit dans un golfe , soit dans un lac , la surface de la terre qui était couverte de forêts, nourrissait des Mammifères nombreux dans la même harmonie qu’aujourd’hui;
Que leurs ossements pouvaient être entraînés, soit réunis, soit séparés, et souvent déjà brisés, avec les matières de diverse nature que roulaient les eaux atmosphériques dans le lieu de dépôt où nous en trouvons aujourd’hui quelques-uns par hasard , sans qu’il y ait eu besoin de ca-
CARNASSIERS; SUBURSUS.
tastrophe, ni de changement dans les milieux ambiants pour en déterminer la destruction.
Que ces Mammifères appartenant aux mêmes ordres, aux mêmes familles et aux mêmes genres linnéens, que ceux qui vivent encore aujourd’hui sur notre sol , ne sont cependant pas toujours d’espèces semblables ; mais qu’ils viennent remplir d’une manière admirable les lacunes qu’offre aujourd’hui la série animale vivante; et que comme espèces les plus grandes, ce sont elles qui ont disparu les premières, ainsi que cela est en train d’avoir lieu sous nos yeux pour les espèces encore existantes à la surface de la terre.
EXPLICATION DES PLANCHES
EXPLICATION DES PLANCHES
PL- I. — Le Teleggo ou Telagon {Mydaus Javanicus).
De grandeur naturelle et de profil rigoureux , d'après le squelette d'un individu dont le sexe n'est pas connu , et qui existe dans les collections du Muséum depuis 1825.
Je ne connais aucun ouvrage dans lequel le squelette de cet animal ait encore été figuré.
PL. II. — Le Blaireau d'EüROPE ( Mêles taxus).
Réduit dans la proportion des sept huitièmes , d’après un individu adulte du sexe mâle , de taille médiocre, qui a vécu quelque temps dans la ménagerie du Muséum.
Le squelette de cet animal a été fréquemment figuré d’une manière plus ou moins convenable depuis Daubenlon jusqu’à M. d'Alton , mais non par M. G. Cuvier.
PL. III. — Le Raton laveur ( Procyon lotor).
Réduit dans la proportion des trois cinquièmes, d’après le squelette d’un individu de sexe inconnu, de taille médiocre, qui a vécu quelque temps dans la ménagerie du Muséum.
C’est encore un squelette assez fréquemment reproduit et entre autres par Daubenlon , mais non par M. G. Cuvier.
PL. IV. - Le Binturong {Arctictis Binturong ).
Réduit dans la proportion des sept onzièmes, d’après le squelette, malheureusement fort gras . d’un bel individu mâle envoyé dans nos collections par M. Diéard, en 1825 , et fait sous mes yeux, il y a deux ou trois ans, pour cet ouvrage.
Les phalanges onguéales d'après le squelette figuré pour la première fois en 1839 par M. Temminck , et la queue un peu trop enroulée , surtout à sa base , par défaut de place.
PL. V. — Le Kinkajou ( Caudivolvulus ou Cercoleples Kinkajou).
Réduit aux trois cinquièmes d’après le squelette d'un individu femelle qui a vécu à la ménagerie du Muséum fait sous mes yeux pour cet ouvrage , et qui n’avait à ma connaissance encore été représenté par aucun iconographe.
PL VI. — Tète.
Du Blaireau ordinaire ( Meles taxus ).
De grandeur naturelle , de profil , en dessus, en dessous et en arrière , avec la mandibule hors place , vue en dehors et en partie à la face interne de la branche montante , et les osselets de l’ouïe en connexion , et grossis, d'après un animal adulte de taille médiocre et du sexe mâle.
Du Teleggo ou Telagon ( Mydaus Javanensis ou Meliceps).
De grandeur naturelle, de profil rigoureux , avec les osselets de l’ouïe en connexion et la mandibule hors place vue en dehors et en partie en dedans.
Du Raton crabier ( Procyon cancrivorus ).
De grandeur naturelle , de profil et en dessus , avec les osselets de l’ouïe en connexion , grossis . et la mandibule de profil en dehors et partie en dedans.
D’après un crâne d'individu non adulte de sexe inconnu.
Du Panda ( Ailurus fulgens ). Malheureusement incomplète et ne présentant guère que les mâchoires presque entières tirées d'une peau bourrée de la collection de zoologie , et que je dois à la complaisance éclairée de notre confrère M. Isodore Geoffroy Saint-Hilaire.
Pour rendre ces fragments plus intéressants, on les a compris dans une délinéation générale de la peau de la tête.
Du Kinkajou ( Cercoleples caudivolvulus ).
De grandeur naturelle , de profil , en dessus , en dessous, la mandibule hors de place.
D’après un crâne anciennement dans la collection.
«18 CARNASSIERS; SUBURSUS
Os du carpe ou du tarse. Tirés de la même peau que le fragment de léle cité plus haut.
Aucune collection ne parait encore posséder le squelette de cet animal . pas même la Société zoologique de Londres à laquelle je me suis adressé et qui m'a répondu avec sa bienveillance accoutumée en m'envoyant une belle figure de la tête du Mydaus, que par erreur j'avais demandée avec celle du Panda.
Du Binturong ( Arcticlis Binturong ).
De grandeur naturelle, de profil, en dessus, en dessous, la mandibule hors de place.
D’après le crâne du squelette figuré dans la planche IV.
PL. Vlll Parties caractéristiques do Tronc-
( Atlas I
Cervicales J , , I de profil,
t I X' I en dessous.
I [ Sixième de profil.
| Lombaire dernière en dessus.
Vertèbres I . Du Bla.read ( Meles taxas )
\ 2. Du Coati ( JVasua Coali).
J 3. Du Binturong {Arcticlis Binturong)
I 4. Du Kinkajou (Cercoleples caudivolvulus ).
I Sacrées en dessus et en dessous du Blaireau.
\ Coccygiennes. Les trois premières du Blaireau.
- Hyoïdienne et ses cornes. De profil et en dessous. De grandeur naturelle.