‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 54 sur 171 · G. MUSTELA, L · texte numérisé non relu

G. MUSTELA, L

Le genre Mustela, qui va faire le sujet de ce mémoire, est sans nul doute moins important et surtout moins varié que celui des Petitsours, qui a été l’objet du précédent; en effet, les Carnassiers qu’il renferme sont non pas moins nombreux en espèces, ni même moins répandus à la surface de la terre, mais ils sont presque tous bien plus petits, et surtout ils offrent bien moins de différence entre eux , aussi bien sous le rapport ostéologique que sous celui du système dentaire. Toutefois, ce genre d’animaux n’est pas sans intérêt, d’abord à cause du nombre assez grand d’espèces que nous connaissons à l’état vivant, et dont plusieurs habitent nos climats; ensuite parce que chez eux se remarquent les plus petits Carnassiers , et peut-être le minimum de dents molaires dans ce groupe; et enfin, parce qu’un certain nombre ont été déjà rencontrés à l’état fossile, et qu’ils constituent un chaînon nécessaire entre les Petits-ours et les Yiverras.

Nous avons déjà prévenu, dans nos généralités sur le sous-ordre des Carnassiers, que nous comprenions avec Linné, sous la dénomination générale de Mustela, tous les Carnassiers de petite taille, à corps allongé, plus ou moins vermiforme , à membres ordinairement peu élevés , assez distants, plantigrades ou subdigitigrades, et dont les pieds sont pourvus de cinq doigts à tous les membres, le pouce évidemment plus petit que les autres, avec des ongles de moins en moins fouisseurs , devenant quelquefois demi-rétractiles; dont les oreilles sont courtes et arrondies; dont la tête, brève à la face, est plus ou moins allongée , et surtout déprimée au crâne; dont le système dentaire commence à être ordinairement plus carnassier que celui des Petits-ours en général, par un moins grand nombre de dents tuberculeuses; dont le canal intestinal, pourvu d’une G. Mcstela. l

paire de glandes odoriférantes à sa terminaison , est au contraire entièrement privé de cæcum ; dont le squelette offre à peine des rudiments de clavicules, mais constamment un os du pénis considérable; et dont l’humérus est presque toujours percé d’un trou au condyle interne : à quoi il faut ajouter que Je système de coloration est constamment uniforme , quoique souvent de couleurs différentes et tranchées en dessus et en dessous, où il est souvent plus foncé, et que les moustaches sont encore assez peu développées.

Nous avons également prévenu , dans nos généralités sur la classification des espèces de ce genre, quelles sont celles que nous y compre nons, en les rangeant dans l’ordre sérial suivant : les Mouffettes, les Ratels, les Gloutons, les Mélogales, les Zorilles , les Grisons, les Putois, les Martres, les Loutres et les Bassaris.

C’est en effet dans cet ordre que nous allons décrire Je système osseux ët le système dentaire des Mustelas, après , toutefois , que, suivant notre plan , nous les aurons étudiés dans une espèce que nous aurons prise comme type.

Ce type étant nécessairement la Martre ou la Fouine , c’est cette dernière que nous avons choisie, parce qu’étant plus commune, elle est aussi celle qu’il est plus facile de se procurer. C’est donc elle que nous allons envisager comme mesure à laquelle nous comparerons en remontant les espèces qui s’en éloignent pour ressembler davantage aux Subursus, et en descendant, celles qui se rapprochent davantage des Viverras, genre qui doit suivre dans l’ordre sérial des Carnassiers établi d’après l’ensemble de l’organisation , surtout d’après le système digital , et non d’après le système dentaire.

Nous chercherons ensuite quelles sont les traces que des espèces de ce genre ont laissées dans l’histoire de l’homme et dans les couches de la terre, afin d’en apprécier l’ancienneté, et nous en tirerons les conséquences que lazooclassie ou la classification des animaux et la géologie étiologique peuvent en induire légitimement dans l’état actuel de nos connaissances à ce sujet. Nous devons en effet rappeler que très-proba-

blement nous sommes encore fort loin de connaître toutes les espèces vivantes de Mustelas, plus encore que dans tout autre genre de Carnassiers, à cause de leur petitesse, de leurs habitudes nocturnes, et encore plus loin , sans doute , de connaître celles qui ont existé anciennement , et dont quelques indices ont pu être conservés dans le sein de la terre.

Page 1