‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 65 sur 171 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

ODONTOGRAPHIE ,

En particulier

Dansla Martre.

Incisives :

supérieures, inférieures.

Le système dentaire des Mustelas , du moins sous le rapport du nombre et de la forme des dents molaires, présente une bonne partie des combinaisons que nous avons signalées dans les Petits-ours ; cependant il n’est jamais complet ou au maximum de nombre, pas plus qu’il n’est au minimum de nombre, trois en haut comme en bas, ni au maximum de disposition carnassière , ce que nous ne trouverons que dans quelques Félis.

Dans les véritables Martres ( M . Foina ) , les incisives, en même nombre que dans tous les Carnassiers , sont en général terminales ou disposées en ligne transversale, les supérieures en crochet comprimé assez pointu et croissantes de la première à la troisième , les inférieures en palette subbilobée à la couronne , croissantes également de la première à la troisième, mais entassées de telle sorte , que la seconde ou intermédiaire est toujours plus ou moins rentrée et hors de rang.

ODONTOGRAPHIE.

Les canines sont longues , pointues : la supérieure , verticale , assez courbée , presque régulièrement conique , cependant un peu aplatie en dedans ; l’inférieure , en crochet plus marqué et cannelée à sa face externe.

Les molaires sont au nombre de cinq en haut et de six en bas , dont trois avant-molaires et une principale aux deux mâchoires , avec une arrière-molaire en haut et deux en bas.

Des trois avant-molaires, la première est beaucoup plus petite, subgemmiforme, plus pointue en haut qu’en bas, et les deux suivantes subégales, à une seule pointe assez aiguë, plus médiane et moins comprimée supérieurement qu’inférieu rement , avec indice de talon à la base , et surtout à la troisième d’en haut.

La principale diffère beaucoup aux deux mâchoires. En haut , où elle est la plus grande de toutes, elle est triquètre; le côté externe, le plus long , tranchant , avec une pointe submédiane; l’antérieur, le plus petit, pourvu en dedans d’une pointe en mamelon ou talon interne au niveau de l’extrémité du bord externe. En bas, elle est à peine plus grosse que la troisième avant-molaire , de forme triangulaire , avec le sommet aigu submédian et crénelée de deux (lenticules à son bord postérieur.

L’unique arrière-molaire d’en haut est une dent entièrement tuberculeuse, transverse, étroite, formée de deux parties: une externe plus petite, oblique, à deux pointes fort basses, l’antérieure moins que la postérieure; l’autre interne dilaté en un talon large, arrondi, plat, relevé d’un petit tubercule un peu en arrière du milieu de son bord antérieur.

Enfin les deux ai rière-molaires d’en bas sont fort dissemblables. La première , qui joue à la fois avec la principale d’en haut et son arrièremolaire, est formée de deux parties: l’une, antérieure, à trois pointes , deux externes inégales, subtranchantes, la troisième interne à peine marquée ; et l’autre , postérieure , en talon large et relevé en une pointe marginale.

La seconde arrière-molaire est une très-petite dent ronde, basse,

molaires.

Principale :

supérieure ,

Arrière-

La Martre.

La Zibeline.

Le Pékan.

Le Glouton.

Molaires ,

Ji

Dans

Le Mélogale.

La Loulre commune.

dont le bord est relevé en une petite pointe aussi bien en dehors qu’en dedans.

Ce système dentaire de la Fouine, qui se retrouve dans un assez bon nombre d’espèces de ce genre , savoir, dans la Martre , dans la Zibeline , dans le Pékan, et même dans le Glouton, n’offre de différences que dans la forme et la proportion de barrière-molaire supérieure, qui reste toujours caractéristique des espèces. Ainsi , il y a plus d’égalité entre ses deux parties dans le Pékan , et même dans le Glouton.

Mais en outre, dans ce dernier, la première arrière-molaire d’en bas est un peu plus carnassière , en ce que le talon postérieur est plus court , et que l’interne est entièrement effacé , comme dans le Putois. Laprincicipale est également dépourvue de denticules au bord postérieur (i).

Une combinaison de molaires moins fréquente que la précédente est celle où elles ne sont qu’au nombre de cinq en bas comme en haut , par l’absence de la première avant-molaire aux deux mâchoires. A cette combinaison appartiennent le Mélogale et la Loutre.

Le Mélogale , outre cette particularité d’avoir un système dentaire intermédiaire à celui des Martres et à celui des Putois, présente quelques autres différences spécifiques : ainsi , supérieurement, la principale a son talon interne beaucoup plus large , profondément biscupide, et l’arrièremolaire, de forme trapézoïdale, est pourvue de trois denticules décroissant au bord extérieur, tandis que la partie ou talon interne , à peine plus large que l’externe , est relevée à son bord , avec une pointe en virgule au côté antérieur. Inférieurement, la première arrière-molaire a les trois pointes de sa partie antérieure plus égales, avec le talon plus court, et la seconde ou dernière est toute ronde et beaucoup plus petite.

Chez la Loutre commune, la principale d’en haut est moins étendue dans sa partie tranchante, et au contraire son talon interne est encore plus large que dans le Mélogale; mais il est indivis et barrière-molaire

(1) Il n’est donc pas tout à fait exact de dire, avec M. G. Cuvier, que les dents du Glouton sont les mêmes que celles des Martres , et qu’à peine peut-on remarquer la légère différence qu’offrirait une dernière tuberculeuse un peu plus étroite.

ODONTOGRAPHIE.

de la même mâchoire est plus grosse, plus oblique, ressemblant encore à son analogue dans le même animal ; mais il faut ajouter que cette dent varie assez dans ses dimensions proportionnelles chez les espèces de cette division des Mustelas , pour que ces différences deviennent spécifiques. Ainsi sous le rapport de la largeur proportionnelle de cette dent, on trouve que , plus large dans la Loutre du Cap et dans celle du Kamtschatka, elle décroît successivement un peu , en passant de la Loutre du Brésil à l’Enhydris, au Lataxina, au TNair , et enfin aux espèces du Rio-Grande, au Brésil, du Pérou et du Chili, quisous ce rapport ne diffèrent pas de la Loutre commune.

A la mâchoire inférieure , la principale n’a pas de denticules au bord postérieur; la première arrière-molaire a les deux lobes externes de sa partie antérieure subégaux et plus petits, la pointe interne plus prononcée , et la postérieure ou talon plus étendue, plus relevée au bord externe; enfin la seconde est plus ovale transversalement.

Dans les espèces de Loutres dont j’ai pu observer le système dentaire, je n’ai trouvé de différence pour le nombre (pie dans une espèce du Chili , rapportée par M. Dumoulier, et dont le crâne ne m’a offert que quatre molaires à la mâchoire supérieure, par l’absence de la première avant-molaire.

Cette anomalie, qui dépend peut-être de l’âge, paraît se reproduire constamment dans la Loutre de mer; en effet, Steller, Home, et MM. Lichtenstein et Martin , observateurs de visu, sont d’accord à ce sujet, et ne donnent que quatre molaires supérieures à cette Loutre (i); mais il arrive aussi qu’il s’en trouve une de moins à la mâchoire inférieure, puisque M. Lichtenstein dit positivement , dans sa description d’un crâne de Loutre marine , que les molaires ne sont qu’au nombre de quatre de chaque côté, en haut comme en bas; mais cette même espèce offre une anomalie encore bien plus grande dans l’absence de la première

(1) M. G. Cuvier a donc eu tort de dire, dans la seconde édition de son Règne animal , que dans cette espèce , les dents molaires sont comme dans la Loutre commune.

Celles du Cap, du

Kamtschatka et autres.

Loutre du Chili.

Loutre de mer.

incisive d’en bas (i) , ce qui en réduit le nombre à quatre en deux paires, particularité qui ne se trouve que chez les Phoques, parmi les Carnassiers, et qui a servi à fortifier le rapport qu’il y a entre ces deux genres d’animaux.

Dans le Putois, Dans le Putois, ainsi que dans le Furet, la Belette et l’Hermine, le

le Furet, .. ,,

la Belette, nuclipes de Java, qui est une véritable Belette , seulement plus grosse le M^Mpes flUe n^tre > a^ns^ (Iue dans le Bocca-Méla de Sardaigne , qui semble ne le Bocca-M6ia , pas différer de la Belette , la seconde fausse molaire manque aux deux etc mâchoires, ce qui réduit le nombre de ces dents à dontl+7+7. H y a en outre quelques différences dans plusieurs de ces dents, mais elles sont à peu près toutes spécifiques. Nous devons cependant signaler comme une particularité propre à toutes les espèces de cette section , que le tubercule de la partie interne de l'arrière-molaire d’en haut est régulièrement conique et médian, et qu’en bas la dernière arrière- molaire , très-petite et ronde , est aussi , dans son milieu , relevée d’une pointe conique et mousse.

Le vison, Le Yison du Canada offre un système dentaire si complètement semblable à celui de notre Putois d’Europe , qu’il semblerait être de la même espèce; cependant il faut remarquer que sa première avant-molaire a toujours deux racines.

Le Taira a tout à fait le système dentaire du Putois; mais le Grison un peu moins , en ce que barrière-molaire d’en haut est sensiblement plus grosse , et que le talon de la principale supérieure est un peu plus large et en godet.

Le Zorille offre encore une arrière-molaire supérieure un peu plus large , ou mieux plus ovale-transverse; la partie externe avec trois pointes

(1) C’est à tort que M. Desmarest, dans le Nouveau dictionnaire d’ Histoire naturelle , a étendu cette anomalie à la mâchoire supérieure, en disant qu’elle n’est pourvue que de quatre incisives. Le fait est que la formule exacte des dents de cette espèce est :

ODOINTOGRAPIIIE.

basses , et l’interne deux marginales : la principale inférieure a un double denticule à son bord postérieur; la première arrière-molaire la pointe interne très-prononcée, le talon un peu plus large, ainsi que la seconde arrière-molaire, pourvue d’une pointe interne comme dans les Mouffettes.

Enfin, les Mouffettes, qui appartiennent aussi à cette division sous le Les Mouffettes, rapport du nombre des dents molaires, diffèrent du Putois, parce que, supérieurement, la principale est beaucoup plus petite, avec le tubercule interne élargi et reculé au milieu de la dent, et que l’arrière-molaire , presque aussi grosse, ou même plus grosse, a ses deux lobes presque égaux, peu distincts, l’externe à deux pointes tranchantes, et l’interne très-large avec un tubercule obsolète antérieur. Inférieurement nous devons aussi noter quelques différences, surtout dans les arrière -molaires, dont la première a la pointe interne de la partie antérieure bien plus marquée, et le talon ou partie postérieure proportionnellement bien plus large, et dont la seconde, évidemment plus grosse, est excavée à la couronne avec le bord interne relevé en une pointe aiguë. -

Une espèce de Mouffette du Paraguay , qui paraît être le M. Humboltii La Mouffette de M. Gray, m’a offert une particularité dentaire que je n’ai encore du Parasua> • rencontrée dans aucune autre variété, en ce quelle n’a que trois molaires à la mâchoire supérieure, par absence de la première avantmolaire. Dans les autres Mouffettes , du reste, je ne vois aucune différence bien évidente dans les dents , si ce n’est peut-être un peu dans la forme et dans la proportion de l’arrière-molaire d’en haut.

Le Ratel est jusqu’ici le seul animal de ce genre dont les molaires soient LeRatei. réduites à n ’être qu’au nombre de quatre aux deux mâchoires par l’absence de la première fausse molaire en haut , et de la dernière arrièremolaire en bas , ce qui donne pour la formule dentaire de cet animal :

Quant aux dents qui restent, elles rappellent assez bien ce quelles sont G. Müstela. ç>

dans le Glouton , un peu moins carnassières cependant , et la principale j inférieure avec denticule au bord postérieur.

Dans le Putois Enfin je dois encore signaler ici une espèce de ce genre dans laquelle " ' Je nombre des dents molaires n’est que de trois en haut ainsi qu’en bas , comme dans le premier système dentaire de tous les Carnassiers, une avant-molaire , une principale et une arrière-molaire. C’est sur une tête bien adulte cependant, rapportée de l’Amérique du Sud par M. cl’Orbigny, et dont je ne connais pas l’animal, que j’ai rencontré cette singulière particularité. Les trois dents ressemblent du reste à leurs correspondantes dans les Putois, l’arrière-molaire supérieure étant très-petite et transverse.

Dons j)ans cet exemple nous sommes descendus au minimum de dents chez

le Bassaris. , , ■ tr

les Mustelas; en remontant nous ne trouvons quune espece qui ollre une molaire de plus que la Fouine , et c’est le Bassaris , dont la formule dentair e est alors :

c’est-à-dire une arrière-molaire de plus à la mâchoire supérieure, comme dans la plupart des Viverras, desquels il se rapproche aussi un peu par la forme des dents.

incisives , Les incisives sont toujours dans une disposition parfaitement transver- ■jj sale, en haut comme en bas, la seconde de celles-ci étant un peu plus rentrée que les autres.

canines, Les canines sont en général plus grêles et plus aiguës que dans les y autres Mustelas.

Avant- Les avant-molaires ne diffèrent guère que par un peu plus d’acuité a

molaires, o 1 r il

| celles d’en haut et de crénelure au bord postérieur à celles d’en bas.

Principales , La principale supérieure est moins inéquilatéralement triquètre et * moins carnassière à son bord externe que dans la Fouine; aussi son talon interne est-il bien plus large, sub-bilobé, et l’inférieure est encore presque semblable à la troisième avant-molaire qui la précède , sauf la taille plus grande.

ODONTOGRAPNIE.

Les deux arrière-moJaires supérieures offrent le caractère de leurs ana- Arrièrelogues dans les Viverras, étant l’une et l’autre de forme triquètre.la base molaires’

du triangle bidenticulée en dehors, et le sommet ou talon en dedans. La I postérieure est seulement beaucoup plus petite que l’antérieure.

Les deux arrière-molaires d’en bas sont aussi plus insectivores que inférieure, dans les Mustelas; en effet, la première a sa partie antérieure soulevée a trois pointes, l’interne à peine plus petite que la postérieure des externes, avec la postérieure ou talon presque aussi large quelle; et la seconde plus petite, mais assez bien de même forme, la partie antérieure transverse a deux pointes seulement, au lieu d’être bien plus petite et arrondie, comme dans tous les Mustelas.

Les changements que l’âge apporte au système dentaire des animaux Des de ce genre sont à peu près les mêmes que dans les autres Carnassiers. changemunfs

Dans le jeune âge , dont la durée ne nous est pas suffisamment connue , ^ degré.

il y a toujours trois incisives en haut comme en bas , une canine et trois molaires, dont une avant-molaire, une principale et une arrière-molaire.

11 est assez rare de trouver dans nos collections ce degré du système dentaire.

Je ne l’ai rencontré d’une manière nette, et sans mélange d’aucune DansieRatei dent de seconde dentition , que dans un Ratel du Cap. du Cai'

Les incisives très-petites, distantes, transverses, partagées de celles du incisives, côté opposé par un intervalle médian assez considérable; les deux internes supérieures un peu obtuses, courbées , subégales , mais bien plus petites que l’externe ; les inférieures croissant de la première à la troisième, plus grosse et sub-bilobée à la couronne.

Les canines supérieure et inférieure, subégales en crochet et pour- canines, vues à la base postérieure d’un petit denticule bien marqué, qui l’élargit.

Des molaires supérieures , la première, la plus petite, un peu comprimée Molaires, et en crochet, dans sa pointe médiane, avec un talon basilaire en avant SuPéneurC!S comme en arrière , la seconde ou principale , assez semblable à celle de l’adulte , mais plus tranchante , avec son talon interne plus reculé , près-

CARN ASSIERS ; MUSTELA.

Inférieures.

Dans le Taira.

2e degré.

Dans la Loutre commune.

Incisives.

Canines.

Molaires.

que médian, au lieu d’être antérieur comme dans la dent d’adulte; enfin la troisième ou arrière-molaire de forme triquètre, à côtés subégaux , la base au bord externe, avec une pointe médiane tranchante, au milieu de deux tubercules gemmiformes, et le sommet interne arrondi en talon ; de manière quelle n’a aucune ressemblance avec son analogue dans l’âge adulte.

A la mâchoire inférieure l’avant- molaire est assez semblable à celle d’en haut, mais un peu plus en crochet; la principale bien plus grande, mais assez bien de même forme et à deux racines ; enfin l’arrière-molaire de forme carnassière, avec deux seuls lobes tranchants extérieurs , le postérieur bien plus grand , et un très-petit talon , est beaucoup plus carnassière que sa correspondante dans l’âge adulte.

Un jeune Taira au premier âge m’a présenté, sans mélange et complet, un système dentaire qui ressemble presque entièrement à celui que je viens de décrire dans le Ratel ; les canines étaient seulement un peu plus fortes et le crochet basilaire moins prononcé.

J’ai observé un second degré de développement du système dentaire , c’est-à-dire un mélange de beaucoup du premier et d’un peu du second , dans la tête d’une jeune Loutre commune. Les incisives d’en haut étaient déjà remplacées ( i ) , et de celles d’en bas il ne restait que la première paire convergente et bilobée à la tranche; les canines supérieures avaient été cassées à la racine, et les inférieures, très-grêles, s’avançaient en hameçons ; les trois molaires supérieures existaient : la première , fort petite . à deux racines, à couronne pointue, subtranchante; la seconde, tranchante au bord externe sub-bilobé, sans talon postérieur, mais en ayant un interne assez marqué, porté sur une racine; et enfin la troisième triquètre , le côté externe tranchant , à deux lobes , avec un talon interne. Des trois molaires inférieures, la première était très-petite et fort oblique, la seconde également assez petite, en crochet, avec talon

(1) Je n’ai pu voir les incisives de lait dans la Loutre qu’à un âge où le reste du système dentaire n’existait pas encore hors des mâchoires. Elles sont très-petites , en crochet dirigé et» arrière, distantes entre elles et croissant de la première à la troisième.

ODONTOGRAPHIE.

à sa base ; enfin barrière-molaire était assez semblable à celle de l’adulte.

A en juger d’après la tête de jeune Loutre marine figurée par M. Lich- Loutre tenstein , les dents molaires de jeune âge de cette espèce seraient mar,ne

très -différen tes de ce quelles sont dans la Loutre ordinaire, en ce que, en haut, ce n’est pas la principale ou seconde qui est la plus grosse, mais l’arrière -molaire de forme triquètre, Je petit côté du triangle en dehors, et qu’en bas barrière-molaire est énorme, avec un large talon un peu excavé en arrière.

C’est ce degré que nous avons signalé dans un Zorille où les deux cani- Le zoriiie. nés existaient à la fois; celle de lait, bien plus grêle, en arrière de l’autre, et les deux principales d’en haut, celle du premier âge, plus carnassière que celle de remplacement par l’absence du talon interne.

Enfin , il en est un autre dans lequel se trouvent à la fois toutes les dents 3* degré, incisives, la première avant-molaire , et la première arrière-molaire de remplacement, avec les principales et les canines seules de lait; mais le dernier est toujours celui dans lequel il ne reste que les canines de première dentition , toutes les autres dents étant de remplacement. Nous *e degré, n’en possédons pas d’exemples dans les Mustelas de la Collection.

Avec l’âge et par suite de la sortie complète de la canine, les avant- «'degré, molaires se serrent, se placent plus ou moins obliquement, de sorte uans

, . . , . , i i i i • i la disposition

que Ja première avant-molaire s avance en dedans de la racine des canines, de manière à pouvoir tomber tout à fait (i).

Par la même raison de la sortie des canines , les dents incisives se serrent aussi , s’entassent , et surtout celles d’en bas , de manière que l’intermédiaire est fortement repoussée en dedans au point de pouvoir disparaître ou de faire disparaître la première. C’est peut-être le cas de la Loutre du Kamtschatka.

Enfin, nous devons aussi noter que l’emploi des dents chez les Mus- 1>ar l'usage, telas, comme dans les autres Carnassiers, finit par les user, les incisives quelquefois jusqu’à la racine, les canines à leur pointe, et même les ar-

(1) C’est peut-être le cas observé sur la Mouffette de Humbolt, citée plus haut.

rière-molaires d'en haut, du moins dans les Mouffettes, à la couronne. Des racines. Les alvéoles et les racines des dents chez les animaux de ce genre , sont absolument comme dans les Petits-ours et dans les Carnassiers en Dans la Fouine, général. Ainsi , dans la Fouine, type du genre, les incisives n’ont touincisives. jours qu’une racine médiocrement longue et moins comprimée à celles canines. d’en haut qu’à celles d’en bas. Les canines n’en ont également qu’une très- forte, un peu comprimée , et d’autant plus fistuleuse qu’elle est plus Molaires, jeune. Pour les molaires, la première avant-molaire , en haut comme en bas, quand elle existe, n’en a jamais qu’une, fort petite, conique, un peu sinueuse. Les deux autres, aux deux mâchoires, ont toujours deux racines, la postérieure un peu plus forte et plus divergente à la derl’rincîpaie. nière. La principale d’en haut en a au moins trois et quelquefois quatre , la postérieure , celle du talon de la couronne la plus forte ; tandis que celle d’en bas n’en a que deux , la postérieure la plus grosse. Enfin pour les Arrière- arrière-molaires , la supérieure a deux racines transverses subégales et fort courtes ; la première d’en bas en a deux subégales , divergentes , et la seconde n’en a qu’une seule.

Des alvéoles. Du nombre et de la disposition de ces racines, il résulte pour leurs alvéosnpéricure- les, à la mâchoire supérieure, une série de douze trous: trois dans l’os incisif, et subterminaux , dont le troisième est le plus grand; puis dans le maxillaire, un quatrième encore plus grand , et après lui une rangée externe de huit autres, dont le premier touche le précédent, et le dernier l’extrémité de l’os, avec une rangée interne de deux seulement plus grands et plus distants, l’un vis-à-vis le sixième externe, et l’autre tout à fait postérieur en regard du dernier.

inférieurement. A la mâchoire inférieure, la série alvéolaire est de quatorze trous, généralement un peu plus en entonnoir, trois antérieurs presque confondus tant ils sont serrés, puis un quatrième bien plus grand, et après lui dix autres, pour les molaires , le premier et le dernier isolés , et celuici à peine sur l’origine du bord incliné de l’apophyse coronoïde. Les intermédiaires conjugués deux à deux, le postérieur un peu plus grand que l’antérieur et proportionnellement aux racines.

ODONTOGRAPHIE.

Les différences que présentent , sous le rapport des racines et des al- Différences véoles, les espèces de Mustelas, sont faciles à prévoir, et par conséquent à reconnaître, puisqu’elles portent nécessairement sur le nombre des dents , sur la proportion de la couronne et des parties de chacune d’elles, et enfin sur ce qu’elles étaient plus ou moins serrées obliquement , ce qui a dérangé la régularité sériale des alvéoles.

Pour les incisives et les canines, la différence ne peut consister que l'our dans la grandeur, le nombre étant toujours le même. Il faut cepen- et les 'canines dant se rappeler que l’alvéole de la seconde incisive inférieure est souvent fort reculée, et que dans la Loutre du Kamtschatka, la première dent n’existe pas ; dès lors il n’y a que deux alvéoles avant celle de la canine à la mâchoire inférieure.

Pour les molaires, quand elles sont f comme dans la Fouine, notre Rour type, il ne peut y avoir de différence de nombre, mais seulement de lesmola,rtsproportion , surtout pour les talons qui s’ajoutent à la couronne.

Quand le nombre de ces dents est réduit à { , il n’y a plus que neuf Réduit à ?. trous en bas, après celui de la canine, et huit en haut (i).

Quand il est descendu à { , ce nombre est de six marginaux en haut jj

et de huit en bas; mais en outre on peut remarquer des différences 3

assez grandes, suivant la proportion des racines. Ainsi, dans les Mouffettes et dans les Loutres, il y a un trou de plus dans la série marginale, parce que barrière-molaire a trois racines, deux externes et une interne plus grosse; ce qui en fait sept en haut et huit en bas.

Lorsque les molaires ne sont plus qu’au nombre de quatre à chaque * mâchoire, comme dans le Ratel, il manque une première alvéole en haut, et les deux terminales d’en bas; dès lors, le nombre des trous, après celui de la canine, est réduit à sept en haut comme en bas.

Enfin, lorsque le système dentaire est au minimum, c’est-à-dire ré- s duit à n etre plus que de trois aux deux mâchoires, il manque les trois 3 trous antérieurs en haut, et trois en avant et un en arrière en bas; dès

(1) C’est à tort que M. Fréd. Cuvier ( Ossements fossiles, IV, p. 342) donne deux racines aux trois premières molaires de la Loutre ; la première n’en a certainement qu’une.

Dans

le Lèvitique.

lors , les trous alvéolaires au delà de celui de la canine , ne sont plus que de cinq supérieurement et de six inférieurement, groupés deux à deux.

Quand , au contraire, le nombre des molaires est au maximum de ce qu’il peut être dans ce genre, comme dans le Bassaris, c’est-à-dire de six en haut comme en bas , dès lors le nombre des trous à la mâchoire supérieure est augmenté de deux dans la série externe, et d’un pour l’interne, à cause d’une arrière-molaire à trois racines de plus; celui de la mâchoire inférieure n’étant accru que d’un pour la seconde racine de la dernière arrière-molaire, ce qui donne une série marginale externe de onze trous, sans compter les trois internes , à la mâchoire supérieure , et de même à l’inférieure.

Il n’est pas besoin d’ajouter que dans le cas où le système dentaire sera de jeune âge , ou le résultat d’un certain mélange de ce système et de celui d’adulte, les alvéoles devront offrir, dans leur nombre et dans leurs proportions , des combinaisons différentes, mais qu’il sera aisé de prévoir et d’apprécier.

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