‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 66 sur 171 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

PALÉONTOLOGIE

DE L'ANCIENNETÉ DES ANIMAUX DD G. MUSTELA, ET DES TRACES QU'lLS ONT LAISSÉES DANS LE SEIN DE LA TERRE.

Quoique les Grecs et les Latins aient connu la plupart des espèces européennes de ce genre , comme l’a démontré M. Dureau de la Malle , dans un mémoire que nous avons déjà eu l’occasion de citer, et qu’en effet la Fouine paraisse avoir été domestique chez eux , comme les Chats le sont aujourd’hui chez nous , cependant on ne voit pas qu’il ait été fait mention de quelques-uns de ces animaux, si ce n’est dans un petit nombre de passages de leurs écrits , malgré que le nom de Galé ait été assez fréquemment employé par les Grecs, et celui de Muslela par les Latins.

On trouve dans le Lèvitique, XI, 29, au nombre des animaux dé-

PALÉONTOLOGIE. 49

clarés impurs par Moïse, el accolés à la Souris et au Crocodile, un animal nommé Choleb , et ce nom a été rendu diversement par les traducteurs de la Bible (i), les uns pensant que c’était le Gale des Grecs ou le Muslela-Foina , et d’autres que c’était la Taupe. Bochart a employé Bochart. un chapitre tout entier de son savant ouvrage sur les animaux de la Bible, Hieroz, II, cap. 35, p. 435, pour démontrer cette dernière opinion , tout en avouant que les Thalmudistes l’ont employé aussi quelquefois pour le Mustela. Il montre en effet par des passages choisis chez les meilleurs auteurs que ces mots chuldo en syrien , chuld ou chold en arabe, s’appliquent rigoureusement à la Taupe. Quant à la preuve qu’il tire de ce que le Choleb , dans le Lévitique , est mis à la tête des animaux qui semblent ramper à cause de la brièveté des pieds, il me semble que cet argument est plutôt contre que pour sa thèse ; en effet il est impossible de le dire de la Taupe, quoique ses membres soient en effet fort courts, et cela est assez juste pour les Mustelas. Quant à l’autre étymologie tirée du grand nombre de petits , les Mustelas valent bien la Taupe sous ce rapport.

Une autre objection à celte manière de voir de Bochart, et qu’il a parfaitement sentie , c’est que dans le verset suivant du même livre du Lévitique , Moïse place avec la Musaraigne , le Caméléon , le Stellion , le Lézard, un animal qu’il nomme Thinsemeth et que tous les interprètes ont considéré comme la Taupe, Talpa. Aussi cherche-t-il à montrer que cette interprétation n’est pas juste; mais sans le prouver, ce me semble, par des raisons convaincantes ; aussi suis-je porté à penser que ce nom de Choleb ne s’applique pas à un Mustela proprement dit , mais que, ce qui paraît plus probable, ce devra être au Felis domestique, comme le pensait Kirsch, pour le Cacaustha des Syriens.

Au reste, s’il n’est pas absolument prouvé que la Bible nous ait laissé des preuves de la connaissance alors de quelque espèce de ce groupe de

(1) Les Septantes, Galé.

S. Jérôme, Mustela.

Le Syriaque, Cacaustha.

G. Mustela. 7

Dans

les

auteurs grecs:

Aristote.

Hérodote.

Les

auteurs latins.

Ovide.

Carnassiers ; nous avons vu, dans le chapitre que nous avons consacré plus haut à l’histoire zoologique de ce genre d’animaux , que certainement les anciens naturalistes grecs, Aristote par exemple, connaissaient les Martres et les Putois, c’est-à-dire les espèces les plus communes en Europe, les unes sous le nom à'Ictides , et les autres sous celui de Galé ; mais avant eux je ne connais qu’un petit nombre d’écrivains qui en aient parlé.

Ésope le Phrygien, que l’on suppose avoir vécu 6 ou 700 ans avant Jésus-Christ , et avoir pris le sujet de ses fables dans l’Indien Pilpay, a certainement mis en scène la Belette, sous le nom de Galé , traduit chez Phèdre par Mustela-, en effet le sujet de la fable demande un Carnassier assez petit , assez grêle , pour pénétrer dans les trous de rats et de souris ; mais je ne connais guère que cet auteur où il soit parlé de Mustela. Hérodote, cependant, avait aussi employé le nom de Galé pour indiquer un animal d’Afrique semblable à un Mustela de Tartessia , mais nous avons vu plus haut , dans notre article général sur les Carnassiers, p. 1 8, qu il s agissait sans doute de quelque F \ verra , et peut-être de la Civette.

La fable d’une certaine Galanthis ou Calan thia, servante d’Alcmène, et que Junon métamorphosa en Belette, pour l’avoir trompée au sujet de 1 accouchement d’Alcmène , par suite de la jalousie de cette déesse contre celle-ci, paraît n’avoir rien d’assez ancien pour que nous puissions en déduire quelque chose de propre à éclairer l’histoire des Mustelas, si ce n est que le préjugé combattu par Aristote , que ces animaux accouchaient par la bouche, existait alors dans sa plénitude, puisque Ovide, dans l’histoire de cette métamorphose, ajoute que Junon infligea cette punition à Galanthis , afin quelle fût punie par la partie d’où était sorti le mensonge.

Chez les Latins, nous trouvons le Mustela bien distingué des Felis ou des Chats, par exemple, dans Columelle, qui, dans l’article qu’il a consacré aux soins qu’il faut prendre pour élever les Oies, signale parmi les animaux à craindre pour elles , les Mustelas et les Felis , et probablement que ces Mustelas n’étaient autre chose que la Fouine qui, encore de nos jours, est le plus à redouter dans nos basses-cours.

PALÉONTOLOGIE. 3

Nous avons également vu plus haut que Pline, dans l’ouvrage duquel Pline, a été recueilli à peu près tout ce que l’on avait dit avant lui de vrai et de faux sur les animaux , paraissait avoir distingué les deux espèces de Martres: l’une sauvage et l’autre domestique, c’est-à-dire la Martre et la Fouine, sous le nom commun d 'Iciidoe , et que, du temps de Palladius, on se servait, pour détruire les Taupes dans les jardins, de Mustelas Paiiadius. privés, que M. Dureau de Lamalle pense être le Putois.

Enfin nous avons rappelé dans le même article que Strabon avait mentionné, d’une manière certaine, le Furet, comme importé d’Afrique, avec le Lapin qu’il chasse , sous le nom de Gale agria.

En sorte qu’il est fort probable que les anciens Grecs et Latins connaissaient, ou au moins avaient distingué, les espèces de Mustelas qui vivent encore aujourd’hui dans les parties méridionales de l’Europe , savoir : la Martre, la Fouine, le Putois, le Furet et la Belette; bien plus, que deux espèces étaient à l’état domestique, la Fouine ét le Furet.

Un monument , il est vrai , assez peu ancien , puisqu’il ne peut pas Dan* remonter au delà du temps d’Adrien, et qu’en effet il représente évi- lesm”™raenls demment son voyage dans la haute Égypte, donne la figure de deux Loutres parfaitement reconnaissables , tenant un poisson à la gueule , et avec le nom d 'Enhydris , écrit au-dessous. C’est la fameuse mosaïque de Mosaïque Palestrine, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, et sur laquelle de Palestine, l’abbé Barthélemy nous a laissé un si bon commentaire. Par là nous voyons que les anciens connaissaient cette espèce de Mustela , déjà indiquée par Pline sous le nom de Lutra , que nous lui avons conservé , et qu’ Aristote avait, bien avant lui, désignée par la dénomination d’Enhydris.

Comme il paraît n’exister en Égypte aucune espèce de Mustela a l'état véritable, mais seulement des Viverras, des Felis, des Canis, et des de momie- Hyènes , il n’y a rien d étonnant que ses anciens habitants n’aient tiré de ces animaux aucun signe hiéroglyphique , et qu’on n’ait rien trouvé de leurs dépouilles dans les catacombes.

Je ne connais non plus aucun monument d’art fi), de quelque nation que ce soit, qui nous ait fourni une preuve matérielle que les anciens aient connu les animaux que les naturalistes renferment aujourd’hui dans ce genre , à l’exception de la Loutre dont nous venons de parler, et nous avons vu , dans notre histoire de la zoologie des Mustelas, que ce n’est que sur des conjectures seulement plausibles, que l’on rattache aux observations des modernes à leur sujet ce que les anciens nous ont laissé sur la Martre, la Fouine, le Putois, le Furet et la Belette, en supposant que les premières espèces étaient domestiques, „ comme le sont les Chats aujourd’hui, et pour le même usage.

Dans Mais s'il était possible de conserver quelques doutes sur l’existence de

de^T terre. ces animaux à la surface de la terre , à l’époque historique de l’Homme, leurs restes fossiles sont là pour nous convaincre aisément que , comme partie de la création , ils ont continué d’exister alors, comme ils existent encore aujourd’hui,

a l'état On n’a cependant pas encore attribué à aucun de ces petits Carnasd'Empreintes. . „ . , , r , ,

siers ces sortes de traces ou d empreintes a la surlace de quelques roches anciennes, comme nous verrons qu’on l’a fait pour l’Homme et pour les Singes. Mais il en est tout autrement pour les ossements fossiles , quoique l’on n’en cite encore qu’en Europe , si je ne me trompe , et même en assez petit nombre; ce qui peut tenir à ce qu’en, général fort petits, ils ont pu être conservés et même découverts plus difficilement. a létal fossile. Quoi qu’il en soit, nous allons, dans l’examen de ce petit nombre d’ossements ou de dents de Mustelas, trouvés jusqu’ici à l’état fossile et dans des conditions géologiques un peu différentes, suivre l’ordre dans lequel nous avons rangé les espèces.

(1) Pendant un voyage que je viens de faire en Italie, dans le but de rendre mes Mémoires moins incomplets, en visitant les collections artistiques, si riches en ce pays, je n’ai en effet trouvé ni dans les peintures de Pompeïa, qui représentent cependant un grand nombre d’animaux domestiques ou sauvages, ni dans les statuettes en marbre ou en bronze, grecques, étrusques ou romaines, aucune représentation d’une espèce de Mustela, quoique j’aie vu , dans le musée du Vatican , un rat fort bien représenté.

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Nous ne connaissons aucun paléontologiste qui , à tort ou à raison , ait attribué un os ou une dent fossile au Ratel ou à une espèce voisine.

Je ne trouve non plus cité dans aucun auteur de paléontologie, que l’on ait rencontré, en Europe, quelque fragment attribué à des Mouffettes, animaux exclusivement d’Amérique, si ce n’est dans la liste des fossiles des cavernes du Brésil, donnée par MM. Lundet Claussen. Il y est en effet question d’os d’une espèce de Mouffette.

Il n’en est pas de même du Glouton, et c’est encore dans des cavernes que des restes fossiles de cette grande espèce de Mustela ont été trouvés , mais dans le nord de l’Europe , en Allemagne , où cet animal existe encore vivant.

M. le professeur Goldfuss est le premier qui en ait obtenu une mâchoire inférieure , qu’il décrivit et figura d’abord sous le nom générique de Viverra , dans sa description des environs de Muggendorff, PI. V, fig. 3. (i Si o.)

Depuis lors, s’en étant procuré un crâne ou une tête tout entière, provenant des mêmes lieux , il en fit le sujet d’un mémoire , accompagné d’une excellente figure de grandeur naturelle , inséré dans les Nova Acta des curieux de la Nature, tom. IX , p. 3 1 1 , PI. 8, fig. i. 2 , et dans lequel il crut devoir en constituer une espèce distincte, sous le nom de Gulo spelœus.

Enfin, M. Goldfuss avait pu encore observer un troisième fragment de cet animal, trouvé dans la grotte de Sundwig , lorsque M. Cuvier reçut une quatrième tête de Glouton , provenant de la caverne de Gaylenreuth, et que M. Soëmmering voulait bien lui envoyer en communication ; c’est d’elle, en effet, qu’il a donné une figure réduite, tom. IV, Pl. 3i (i), fig. 22, 23, 24 de la seconde édition de ses Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes, publiée en 1825.

Le Ratel.

La Mouflette.

Le Glouton.

Dans

les cavernes des environs de

Muggendorlï.

Mandibule.

Crâne.

De Sundwig.

Un second.

Un troisième.

(1) M. Cuvier, dans son texte, cite la fig. 1 et 2 ,de la planche 38, comme représentant la tète fossile que lui avait communiquée M. Soëmmering; mais par erreur, la figure qu’il cite est celle de la tête du squelette du Glouton vivant; et la tète fossile a été figurée dans la planche 31 , du même volume, avec des ossements d’IIyène.

De

Gaylenreuth.

Un

quatrième.

Quelques os.

M. G. Cuvier.

iMélogale.

Zorille.

Suivant M. Cuvier.

Taira.

Nos collections ne possèdent aucun os fossile appartenant à cet animal; mais seulement le moule en plâtre d’une tête assez complète, qu’a bien voulu nous envoyer M. le comte de Munster, celui d’une mâchoire inférieure , et de plusieurs os longs que le Muséum doit à lord Cole, qui possède les originaux.

D’après ces moules, qui paraissent avoir été faits avec soin, il ne m’est resté aucun doute sur l’identité de l’espèce dont proviennent ces os fossiles avec le Glouton vivant de nos jours. Seulement, le crâne de la collection de M. de Munster est d’un cinquième environ plus grand que celui de notre squelette ; ce qui est également vrai pour la portion de mandibule et les fragments d’os longs de la collection de lord Cole.

M. G. Cuvier était arrivé au même résultat, en examinant le crâne à lui confié par M. Soëmmering, puisqu’il dit, p. 482, quelle ressemble à un point étonnant à celle du Glouton du Nord, excepté que la tête fossile est un peu plus grande; les seules différences qu’il signale, savoir : des arcades zygomatiques plus écartées, un museau un peu plus court relativement au crâne , une mâchoire inférieure moins haute à proportion de sa longueur, et la position un peu plus avancée des trous mentonniers , étant évidemment si faibles et si bien en rapport avec un peu plus de force dans toute la tête, que c’est à peine, dit M. Cuvier, si j’y vois une différence qui puisse netre pas individuelle. En effet, il est aisé de voir qu’un cinquième de plus environ dans la grandeur de la tête entraînait nécessairement ces légères différences , et quant à la position un peu moins reculée des trous mentonniers, elle est déjà sensiblement moindre dans le crâne de la collection de M. de Munster.

Je n’ai , non plus que pour les espèces qui précèdent le Glouton , remarqué aucun auteur qui ait rapporté aux Mélogales, aux Zorilles, aux Tairas ni aux Grisons, aucun os fossile trouvé dans notre Europe. Je dois seulement faire observer que M. G. Cuvier avait un moment rapproché du Zorille des ossements qu’il a ensuite regardés comme de Putois, et que MM. Lund et Claussen en indiquent comme d’un Taira,

PALÉONTOLOGIE

dans les cavernes du Brésil, sous le n° /t5 de leur catalogue. L’espèce suivant de ces ossements n’est pas indiquée ; mais il n’y a rien détonnant , cet M' Lu,ld' animal étant du pays où l’on a recueilli les ossements qu’on lui attribue.

Nous allons , au contraire, signaler des ossements fossiles de presque toutes les espèces de Mustelas qui vivent encore aujourd’hui dans notre Europe.

La Martre Fouine, M. Foina, a été rencontrée dans le diluvium des Fouine,

cavernes des environs de Liège, à Fonds de forêt, par M. Schmerline- Suivanl

i 1 ° M.Schmerling

en effet, il en a décrit et fait figurer une fort belle tête, bien entière, avec la mâchoire inférieure et toutes ses dents, p. n, PI. I, fig. y de son ouvrage; et quoique cette tête lui ait paru plus longue et plus large , c’est-à-dire dans des proportions , en général , plus fortes , avec le museau un peu plus allongé, la crête sagittale plus élevée , dans sa partie postérieure surtout, et les dents généralement plus fortes que dans les individus de notre Fouine qu’il avait sous les yeux, il est impossible d’élever le moindre doute sur l’identité d’espèce avec la Fouine actuellement vivante dans nos contrées.

M. Bravard, dans son Tableau des Mammifères fossiles dans le dé- m. Bravant partement du Puy-de-Dôme , cite une Fouine dans les brèches osseuses du département de l’Hérault, mais sans autres détails, et sans nous dire sur quel caractère il a distingué les os de la Fouine de ceux de la Martre.

Peut-être en effet cette assertion repose-t-elle sur les mêmes fragments que MM. Marcel de Serres et de Christel ont attribués au Putois.

Avant MM. Schmerling et Bravard, M. Goldfuss, suivant le premier, m. Goidfuss. avait aussi reconnu la Fouine comme fossile dans les cavernes d’Allemagne, et cela d après une demi-mandibule portant les dents molaires , sauf la première, et dont la longueur était de trois pouces un huitième de long.

Mais cette pièce qui est figurée PI. Y, fig. 3, de son ouvrage sur les environs de Muggendorf , était donnée par lui comme une espèce de Viverra que depuis d a reconnu être le Glouton.

M. Tournai fils en fait également mention dans son tableau , Annales

M. Tournai.

de Chimie et de Physique, i 832 , mais sans preuves, à ce qu’il me semble.

Martre Quelques ouvrages qui renferment des Catalogues paléontologiques D’après** ont aussi rangé la Martre (M. Martes L. ) parmi les espèces dont on avait m. Keferstein. trouvé des ossements à letat fossile, mais jusqu’ici à tort, du moins, à ce qu’il me semble. Ainsi M. Keferstein dans son Nalurgeschichte des Erdkorpers II , p. 22 1 , inscrit le M. Martes fossilis , et il cite à l’appui i° G. Cuv. 1Y, p. 47^; t. 3 1 , fig. 23 -24. Or le texte a rapport à deux dents de la caverne de Kirkdale que M. Buckland et M. Cuvier donnent comme d’une Belette et les figures citées représentent la tête fossile du Glouton de la collection de M. Soëmmering ; 20 Goldfuss , Description de là caverne de Muggendorf, tab. 6 , fig. 3 , qu’il avait citée déjà à l’article de la Fouine et qui est du Glouton comme il vient d’être dit plus haut; 3° Buckland , Reliq. diluvianœ , tab. 2 3, fig. 1 1-1 3 , qu’il avait aussi déjà cité pour le M. Putorius fossilis.

Ainsi , dans l’état actuel de la science, nous ne pouvons invoquer, comme preuve de l’existence de la Martre à l’état fossile, que le catalogue déjà cité de M. Tournai , indiquant des os de cette espèce , sans dire lesquels, dans les brèches osseuses du département de l’Hérault.

Le Putois Pour le Putois ( M. Putorius ), nous sommes plus heureux.

(M. Putorius).

m. g. cuvier. La première mention que je trouve d’ossemenls considérés comme fossiles, et attribués à cet animal, existe dans le mémoire de M. Cuvier, intitulé : Sur les ossements de Carnassiers mêlés à ceux d’Ours en Hongrie et en Allemagne , publié d’abord dans les Annales du Muséum , tome IX, p. 4 ^7, année 1807, et qui depuis a reparu sans changement dans le recueil deses mémoires, sous le titre de Recherches sur les ossements fossiles de Quadrupèdes , en 1812 , et enfin dans une seconde édition , Daprès en 1825 , tome IV, p. 46-67. Il y est en effet question de quelques ver- Gavienreiah6 tèbres , dont une avant-dernière dorsale, et deux caudales, d’une portion de bassin, comprenant le pubis et l’ischion du côté gauche, deux

os métacarpiens , le quatrième et le cinquième (i) ; une phalange et une côte qui ont été trouvés pétries avec des os de Renard dans un bloc de tuf de la caverne de Gailenreuth , et ont été figurés dans l’ouvrage cité, PI. 34, fig. 11-17, de la première édition, et pl. 37, fig. 11-17, de la seconde.

J’ai pu les examiner dans la collection paléontologique du Muséum, dont ils font partie, et en les comparant avec leurs analogues dans le squelette du Putois , je me suis assuré que plusieurs pouvaient en effet être rapportés à un individu de cette espèce, mais d’une taille un peu supérieure à celle de notre Putois ordinaire. M. Cuvier ayant observé que la vertèbre dorsale était un peu plus courte et plus grosse que dans le Putois, et quelle ressemblait davantage à celle du Zorille, crut un moment que ces ossements pouvaient avoir appartenu à un animal de cette espèce; mais le fragment de bassin le ramena au Putois d’Europe , et , suivant nous , avec raison.

Le fait est que la vertèbre dorsale, la dernière, provient très-probablement d’une Fouine plutôt que d’un Putois , et qu’il en est de même de la côte, et probablement aussi des deux os métacarpiens. Quant à la portion de bassin et à la vertèbre caudale , elles ont la forme et la grandeur de leurs analogues dans le Putois.

C’est très-probablement à cette espèce qu’il faut aussi rapporter des ossements de Mustelas des mêmes cavernes de Gailenreuth, et dont M. Kruger a parlé dans son Histoire de l Ancien- Monde , en allemand, 2e partie, p. 85 1 ; mais c’est ce que je n’ose assurer, l’auteur ne disant pas sur quoi repose son assertion. Je suppose cependant que c’est sur les ossements observés par M. Cuvier, et dont il vient d’être question. Quant à une autre localité qu’il cite aussi comme ayant offert des os de Putois, le schiste d’OEningen , j’ignore entièrement où il a puisé ce fait et sur quoi il repose; il se pourrait cependant que ce fût sur une observation

(1) M. Cuvier dit : Les deux os les plus éloignés du métatarse ; mais je crois que c’est à tort, et que ce sont des métacarpiens toujours plus courts et plus gros proportionnellement , et surtout plus courbés en dessous.

Suivant M. Kruger.

G. Müstela.

tic Karg, insérée dans un Recueil des naturalistes de Souabe que je ne connais pas.

m. Buckiand M. Buckland , dans ses Reliq. diluvianœ , p. i5, tab. 6, fig. 28, et tab. 23, fig. 1 1 - 1 3 , est cité par M. Keferstein , loc. cit., comme ayant parlé de quelques ossements fossiles trouvés dans la caverne de Kirkdale, et qui appartiendraient à cette espèce; mais n’y a-t-il pas quelque confusion ou double emploi ?

MM. Marcel de Serres et Dubreuil ont parlé dans les Mémoires du Muséum, tome XVIII , p. 334, de deux fragments figurés Pl. XVII, fig. 1 4-- 1 5 , trouvés dans les cavernes du département de l’IIérault, et qu'ils rapportent aussi à notre Putois. Ce sont deux morceaux de cubitus auxquels il faut joindre une mâchoire supérieure, un humérus et un tibia du même animal, recueillis par M. de Christel, dans les cavernes de Lunel-Vieil.

M.schmeriing. Enfin , M. Schmerling , dans l’ouvrage que nous avons déjà cité sur les cavernes des environs de Liège, a décrit et figuré, p. 9, Pl. 1, fig. 1 , une tête entière, avec quatre demi-mandibules , qui sont évidemment de Putois de taille ordinaire.

La bklktik La Belette , Mustela vulgaris, L. , paraît aussi avoir laissé des traces

( VsT' ^e son existence ancienne dans le sol des cavernes, suivant y]. Buckland en a d’abord trouvé dans la caverne de Kirkdale

M. Buckland. , . . .

quelques traces, qui consistent seulement en deux dents qu il a ngurees, Reliq. diluv. , Pl. XX, fig. 28-29 , et M. Cuvier, qui en a parlé , tome IV, p. 475, assure que ces dents, la carnassière et la tuberculeuse d’en haut, c’est-à-dire la principale et barrière-molaire , sont exactement semblables à leurs correspondantes dans la Belette commune.

m. schmerling. Ensuite, comme pour les espèces précédentes, M. Schmerling a recueilli des ossements , provenant indubitablement de cette espèce , dans les cavernes des environs de Liège: l’un de ces fragments, os maxillaire gauche, portant toutes ses dents, Pl. 1, fig. 5, indique un animal un peu plus fort que la Belette, peut-être l’Hermine; et l’autre, constituant une tête tout entière, avec sa mandibule, ibid. , fig. 4"5*6 , a

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paru beaucoup plus petite à M. Schmerling, au point que, suivant sa coutume, il a proposé de la rapporter à une espèce distincte. Le fait est que nous possédons , dans nos collections , des têtes de Belettes qui sont aussi petites.

M. Mac-Enry a aussi découvert, en Angleterre, dans la caverne de Kent, près de Torbay , une tête presque entière de Belette, qu’il a fait figurer, Pl. IV, fig. i 7, de sa Description de cette caverne. Il ne peut y avoir de doute sur la justesse du rapprochement.

La dernière division des Mustelas, dont on a encore annoncé quelques ossements à l’état fossile, est celle des Loutres ; mais il me semble que les auteurs qui l’ont fait se sont , pour la plupart , bornés à une simple assertion.

Ce sont, si je ne me trompe, MM. Marcel de Serres, Dubreuil et Jeanjean, qui ont parlé les premiers d’ossements d’un animal de ce genre trouvés dans la caverne de Lunel-Vieil, département de l’Hérault, dans un mémoire inséré dans ceux du Muséum, tome XVIII, p. 334- Le fragment trouvé consiste en une branche horizontale de mandibule du côté droit , et il faut qu’ils aient remarqué quelques différences avec son analogue dans la Loutre commune, puisqu’ils ont cru devoir le considérer comme indiquant une espèce distincte qu’ils ont nommée

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