‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 88 sur 171 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

PALÉONTOLOGIE

DE L’ANCIENNETÉ DES ANIMAUX DU G. VIVERRA , ET DES TRACES Qü’lLS ONT LAISSÉES DANS LE SEIN DE LA TERRE.

Quoique , de nos jours encore, plusieurs espèces de ce genre puissent être considérées comme à peu près domestiques dans quelques pays de 1 Orient , nous avons cependant eu l’occasion de faire remarquer, dans notre avant-propos sur les Carnassiers en général , combien les anciens nous ont réellement laissé peu de choses sur ce genre d’animaux. En effet, malgré ce que nous a raconté Pline des secours immenses en

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hommes et en argent misa la disposition d’Aristote par son élève Alexandre, celui-là même ne nous a donné qu’un très-petit nombre de détails sur les espèces que nous rangeons aujourd’hui dans le genre des Viverras, et si peu, que les noms de Gale , à'Iciis et d ’Ailuros, ne sont qu assez difficilement rapportés à des espèces déterminées , comme M. Dureau de la Malle, notre confrère de l’Académie des inscriptions, l’a montré dans son mémoire sur ce sujet.

Nous savons seulement par Hérodote que l’ichneumon était considéré Des viverras. comme sacré ou mis au nombre des animaux sacrés, dans certains nomes d’Égypte, parce qu’il devait contribuer à la destruction du Crocodile, par la recherche qu’il faisait continuellement des œufs de cet animal. En effet, Strabon et Élien nous apprennent que la ville d’Héraclée était consacrée au culte de l’ichneumon.

Toutefois, je ne crois pas que jusqu’ici on ait encore trouvé de mo- Alétat mie de cet animal ou de quelque autre espèce de son genre. Ce qu’il y a de certain , c’est que la collection de M. Passalaqua , maintenant à Berlin , n’en possède pas, non plus que le Musée égyptien de Paris, ce dont j’ai pu m’assurer, grâce à la complaisance de M. Dubois.

Il n’en est pas de même de figurines. Le Musée égyptien du Louvre De Figurines, possède certainement plusieurs statuettes en bronze , qu’il est impossible de ne pas rapporter à un Ichneumon par la forme générale du corps , et même par celle des membres , quoique ces figurines soient loin de pouvoir être considérées comme bonnes et même comme médiocres.

Tochon d’Annecy a figuré une médaille portant une image de cet animal , et qui a été frappée du temps d’Adrien , à l’usage du nome Latopolitain.

Aucune image entaillée n’a cependant encore été trouvée dans les DHiérohiéroglyphes , quoique Horus Apollo en fasse mention au nombre de g,yphesces signes.

Toutefois , Toclkem nous assure que dans le temple Om-Beda , Am- De peinture. momi candidi, Oasis Sirven , existe peinte une figure de cet animal.

M. Rosellini nous dit, Monum. égypt. I, part. 11, pag. 212 , qu’un les Tombeaux.

CARNASSIERS; FIVERRAS.

Dans

les Temples

Dans

la Mosaïque de Palestrine.

A l’état Fossile.

Viverra zibeth est représentée dans la fig. 5 de sa planche M.G. XX , courant sur les plantes de papyrus; mais il paraît que cette figure est sans incription. Elle est prise d’un des tableaux du tombeau de Rôti à Beni-Hassan , et c’est évidemment une Genette commune.

Gruse , dans les figures ajoutées au voyage de Meun de Minutoli , a dessiné, Tab. 9, pag. 953 , parmi les peintures qui ornent ce temple , deux figures d’animaux ; l’une de Crocodile , l’autre , à laquelle il assigne le nom d’Ichneumon ; maisM. Ehrenberg, qui a vu ces dessins de G ruze avant qu’ils eussent été retouchés en Italie pour leur publication , assure qu’d était très-difficile de juger le véritable caractère de ces dessins. Ce pendant il ajoute qu’il est très-facile de prendre l’un pour un Crocodile , et qu’il se pourrait que l’autre fût aussi un Ichneumon.

Nous sommes toutefois obligés de convenir que dans les listes d’animaux assez nombreux publiées par M. Rosellini, il n’est nullement question de l’ichneumon , non plus que d’un autre animal de ce genre.

La mosaïque de Palestrine ne m’a non plus offert aucune figure que l’on puisse rapporter d'une manière un peu certaine à une espèce de Viverra, et personne de ceux qui se sont occupés de ce monument célèbre n’a pensé qu’il y en eut de représenté.

Toutefois en étudiant les dessins de grandeur naturelle que Millin fit faire sous ses yeux de la Mosaïque de Palestrine, lors de son voyage en Italie , il m’a semblé que l’animal figuré entre un nom que l’abbé Barthélemy n’a pu lire ni interpréter, et celui d 'Ephalos ou Ephados , qui répond à une figure d’Ane, était un Ichneumon parfaitement reconnaissable à la forme de sa queue très-longue , très-épaisse à sa base et pointue à son extrémité. Barthélemy pense cependant que c’est un Lézard , et qu’il faut lui rapporter le nom Cayoc qu’il lit Sauros , et qui est placé auprès de la Lionne.

Nous allons être plus heureux pour les restes fossiles laissés par les Viverras dans les couches de la terre , et même dans des couches un peu anciennes; car il est digne d’attention qu’on n’en a encore rencontré aucune trace dans aucun diluvium , ni même dans aucun

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alluvium , du moins jusqu’ici, dans nos pays, et que tout ce qu’on en connaît a été trouvé dans des dépôts évidemment tertiaires.

C’est encore à M. Cuvier, Ànn. du Mus. X , ann. 1807 , si je ne me trompe , qu’est due la première indication d’ossements fossiles attribués à une espèce de Viverra , et trouvés dans la partie gypseuse du terrain tertiaire des environs de Paris.

Depuis lors , d’autres fragments ont été rencontrés dans la même localité. M. Lartet en a découvert dans le dépôt si riche de Sansans , et M. l’abbé Croizet en a aussi trouvé dans les dépôts d’Auvergne ; enfin nous possédons des fragments d’une espèce de ce genre provenant des argiles des environs de Soissons.

A. De la formation d’eau douce des environs de Paris.

i° D’un Astragale ou os articulaire du pied avec la jambe.

M. G. Cuvier a parlé de cet os :

a) Dans son troisième Mémoire sur les ossements fossiles des environs de Paris , art. 8 , d’une section ayant pour titre : Restitution des différents pieds de derrière des Paléothériums et des Anoplothériums, article ayant pour inscription : Indices d’un pied de Carnassier, regardant cet os comme d’un tiers trop petit pour avoir appartenu à la mâchoire qu’il avait signalée dans son deuxième mémoire , art. 3, parag. 1 , comme provenant d’une espèce de Canis; mais avec cette observation : Mais ses différences étant assez grandes pour être spécifiques , par rapport à une mâchoire évidemment de ce genre , ne paraissent pas assez importantes pour être génériques. Ainsi , c’était alors pour M. Cuvier l’astragale d’une espèce de Canis.

h) Dans son mémoire sur quelques ossements de Carnassiers épars dans les carrières à plâtre de Paris, Ann. du Mus., ann. 1807, tom. III , d’abord p. 1 , cet os est regardé comme d’un animal carnassier beaucoup plus petit que celui auquel appartenait la mâchoire de Chien citée plus haut; puis, p. 7 du même Mémoire, comme ressemblant presque

Aux environs de Paris.

y h parisiensis.

Considéré par M. Cuvier comme d’un Canis.

D'une Mangouste ou d'un Chat.

CARNASSIERS; F IF F.RRA. S.

complètement à celui de la Mangouste d’Égypte , qui ressemble , il est vrai , prodigieusement à celui du Chat pour la taille et la configuration , et qui pourrait bien être du même animal que la tête inférieure d’humérus dont nous avons déjà parlé.

Je ne vois pas qu’il soit rien changé sur cet os dans l’arrangement des mémoires de M. Cuvier réunis en volumes sous le titre de Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes vivipares , sous la date de 1812.

Mais en 1825 , dans la seconde et dernière édition des Recherches sur les ossements fossiles de Quadrupèdes , tom. III, pag. 2 83, pl. i5 , f. 5-6 , chap. 3 , sur les autres animaux dont les ossements accompagnent dans les carrières à plâtre des environs de Paris ceux des Paléothériums et A noplothériums. — Ait. 2. De quelques espèces de Carnivores ; — S 4- Os des extrémités , n° 7, il est question de cet astragale sans aucun rappel Dune Genette. aux deux articles des mémoires précédents, et sous le titre <X Astragale , qui pourrait bien venir de cette espèce , c’est-à-dire de celle à laquelle appartient la tête n° 3 , ou de celle de la Genette dont il va être parlé ; et cependant M. Cuvier ajoute : semblable pour la forme aux astragales de la Civette et de la Genette ; il est plus grand qu’il ne faudrait pour celle- ci , plus petit que pour celle-là , et égale celui de la Mangouste ; aussi termine t-il par ces mots : Peut-être vient-il dune huitième espèce.

Ainsi , d’une espèce particulière deCanis cet os est venu à un Ichneumon ou à un Chat, et enfin à une Genette , pour retomber enfin dans le doute , variations que Ton peut très-bien concevoir lorsqu’on sait combien l’astragale se ressemble dans un grand nombre de genres de mammifères assez différents sous d’autres rapports, et que je ne signale ici qu’afin de montrer combien la possibilité de reconstruire le squelette d’un animal avec un seul os, et encore plus avec une seule facette, est véritablement illusoire.

Décrit. J’ai observé cet os que possède la collection paléontologique du Mu-

Comparè avec . ...... . , ...

e]uj seum ; ses dimensions indiquent certainement quelque animal intermediaire à la Civette et à la Genette , assez bien de la taille du Zibeth ; mais

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la forme me paraît rappeler davantage la Genette et peut-être la grande espèce du dépôt de Sansans. Sa poulie, médiocrement élevée, est trèsprofonde , assez peu oblique , à peine convexe au bord externe , un peu concave à l’interne; aussi la tête de l’os, portée sur un col très-peu oblique , de médiocre longueur, est transverse et horizontale.

En comparant cet os avec celui d’une espèce de Canis de taille pro- D’un canis. portionnelle , on trouve que la poulie est moins serrée, moins profonde, plus plate , et que la surface articulaire avec le scaphoïde est bien plus horizontale que dans le Chien lévrier, où il est absolument de même taille.

En portant la comparaison avec une espèce de Felis également pro- D’un Fèii* portionnelle, on est conduit, à peu de chose près, au même résultat, quoique à un degré un peu moins rapproché, surtout pour l’horizontalité de la surface articulaire de la tête scaphoïdienne.

Avec la Mangouste d’Égypte, dont la taille est assez en rapport, la Dune ressemblance est un peu plus marquée, la poulie de l’astragale de cet Man?oustPanimal étant un peu plus large ; mais la tête scaphoïdienne , quoique un peu plus horizontale que dans les Canis et les Felis, est aussi plus globuleuse, et surtout bien plus que dans l’os fossile, où elle est horizontale.

Avec les Viverras plantigrades, on trouve évidemment plus de rap- DunCynogaie. ports; cependant on peut très-bien apercevoir , par exemple dans l’astragale du Cynogale , exactement de la même taille que le fossile, un aplatissement, une dépression générale un peu plus considérable, surtout dans la tête scaphoïdienne.

Restent donc les Civettes et les Genettes avec lesquelles la comparaison De la civette, peut se faire avec plus de succès; cependant, non-seulement il est d’une DelaGene,,e bien moindre taille que celui de la Civette, mais en outre il est proportionnellement plus étroit, moins oblique dans sa poulie; sa tête, également moins projetée en avant, l’est plus obliquement en dedans; et enfin son bord externe est droit et ne se relève pas en une sorte de crochet comme cela a lieu dans l’astragale de la Civette. Sous ce dernier rapport, il y aurait plus de ressemblance avec la Genette; mais la différence

CARNASSIERS ; VIVERRAS.

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