‹ Ostéomyélite Aiguë: De la Colonne LombaireChapitre 18 sur 31 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Le diagnostic de l’ostéomyélite des vertèbres lombaires est parfois facile ; c’est surtout dans les formes aiguës, accompagnées de la formation-de l’abcès postérieur, qu’il s'impose avec le plus d’évidence.

Par contre, dans la plupart des cas, les symptômes généraux et les complications prédominant peuvent égarer le diagnostic et faire penser à une méningite aiguë, à une fièvre typhoïde, à une pneumonie, etc, suivant le tableau clinique qu’affecte la maladie.

En présence d’un tel malade, on doit s'informer de ses antécédents et examiner soigneusement la colonne vertébrale,

L'apparition d’un psoitis et plus tard, vers le dixième jour, d’un abcès postérieur, rend alors le diagnostic facile. Quand l’abcès fuse en avant et apparaît audessus ou au-dessous de l’arcade crurale, le diagnostic est facile à faire, si on examine attentivement le malade et si on n’oublie pas la possibilité de cette migration.

La ponction lombaire, qui donnerait d’utiles indications et qui peut être faite dans le cas d’une ostéomyélite de la colonne cervicale ou dorsale, devient dangereuse dans l’ostéomyélite lombaire : elle risque d’infecter l’es-

PAT tie en

pace sous-arachnoïdien, l'aiguille ayant traversé une collection purulente, peut ensemencer les microbes dans le liquide céphalo-rachidien, Malgré quelques succès, comme dans le cas d’'EISENDRATH, où la ponction lombaire a amené du pus franc et a permis de reconnaître l’ostéomyélite vertébrale, ce mode d’exploration doit être, sinon rejeté, du moins réservé et employé alors avec de grandes précautions. Il faut suivre la progression de l’aiguille millimètre par millimètre et après avoir traversé le ligament jaune, s’assurer par aspiration qu’il n’y a pas d’abcès épidural ; si une goutte de pus apparaît, il faut bien se garder d’enfoncer l’aiguille plus loin sous la menace de déclancher une méningite mortelle.

Le liquide céphalo-rachidien présente des modifications ; au cas d’une réaction méningée, on constate une augmentation de la tension, de l’hyperalbuminose avec hyperleucocytose : ce sont surtout des polynucléaires qu’on trouve. Dans la méningite suppurée, le liquide céphalo-rachidien est trouble ou franchement purulent. Certains auteurs ont pu déceler dans le liquide l’agent infectieux : EISENDRATH a trouvé dans un cas le staphylocoque doré pyogène ; la même constatation a été faite par GŒBELL et DUDDEN.

Quelques auteurs, GŒBELL en particulier, ont préconisé une ponction exploratrice des corps vertébraux ; on fait préalablement une ponction lombaire et on enfonce l'aiguille jusqu’au contact de la face postérieure du corps de la vertèbre ; on peut ainsi mesurer la distance qui sépare le corps vertébral des téguments. On enfonce alors un trocart — explorateur au même niveau, en le faisant pénétrer d’un centimètre dans le corps de

Deal

la vertèbre. C’est, comme on le voit, une méthode difficile et dangereuse : au niveau de l’étage lombaire supérieur, le trocart peut blesser la moelle et dans toute la région lombaire on peut tomber sur une collection extraduremérienne antérieure issue du corps vertébral et infecter l’espace sous-arachnoïdien.

L’exploration lipiodolée de cet espace peut être utile pour le diagnostic de la compression et de la localisation d’un abcès.

L'examen du sang présente un certain intérêt. On constate une forte hyperleucocytose, qui porte surtout sur les polynucléaires ; leur nombre est de 10.000 à 20.000 et peut même atteindre le chiffre de 35.000 (HGR- NING). Dans les formes graves, septicopyohémiques, l’hé: moculture permet de déceler la nature de l’agent pathogène.

L'examen bactériologique de l’urine permet parfois de trouver le staphylocoque.

La radiographie ne présente pas beaucoup d'intérêt. Au début de la maladie, elle est négative, et ce n’est que vers la fin de la deuxième semaine que quelques auteurs ont pu constater certaines modifications des vertèbres : une décalcification, une image floue et des contours irréguliers. C’est seulement dans les formes subaiguës, à évolution prolongée, que la radiographie peut rendre certains services, surtout pour le diagnostic différentiel avec le mal de Pott. En général, elle ne montre pas de lésions destructives, ni d’altérations compressives du corps ou du disque intervertébral ; mais dans certaïns cas, quand la maladie évolue lentement, on a pu constater l’image radiographique rappelant celle de mal de

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Pott : pincement d’un disque intervertébral, lésions destructives des faces sus et sous-jacentes des corps vertébraux, et même l’affaissement de ceux-ci. C’est seulement l’examen bactériologique qui a permis, dans ces cas, de reconnaître l’ostéomyélite en démontrant la présence des staphylocoques et l’absence des bacilles de Koch dans le pus (OEHLECKER, ZANOLI). ne

Diagnostic différentiel

L’ostéomyélite de la colonne lombaire, comme nous l’avons déjà dit, peut simuler de nombreuses affections. Il nous est impossible, däns ce court exposé, de faire un diagnostic différentiel complet ; nous nous bornerons à la description des principales maladies, qui peuvent simuler l’ostéomyélite, et énumérer les autres.

L'un des plus difficiles est le diagnostic différentiel des complications méningées de l’ostéomyélite avec la méningite cérébro-spinale. La co-existence d’un abcès intra-rachidien avec une collection extra-rachidienne facilite le diagnostic ; mais quand l’abcès intra-rachidien évolue seul, les deux affections peuvent se ressembler tellement, que seule la ponction lombaire peut lever le doute en révélant l’existence dans le liquide céphalorachidien des staphylocoques ou des méningocoques.

L’herpès labial, qu’on trouve fréquemment dans la méningite cérébro-spinale, ne se rencontre que très rarement dans l’ostéomyélite (DUDDEN).

Quand celle-ci prend l’allure d’une fièvre typhoïde, elle peut être identifiée, si l’on prend la précaution d’exa-

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