LEE RER
miner attentivement le rachis, En outre, la dothiénentérie se distingue par sa courbe thermique caractéristique, par les taches rosées lenticulaires, la splénomégalie, etc.
L'examen du sang rend de grands services ; comme nous l’avons dit plus haut, dans l’ostéomyélite on constate une forte hyperleucocytose, tandis que, dans la fièvre typhoïde, on trouve, au contraire, une leucopenie. L'hémoculture permet de déceler les bacilles typhiques, qu’on peut aussi retrouver dans les selles.
Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il existe une ostéomyélite typhique décrite par QUINKE sous le nom de « Spondylite typhique ». Elle survient, soit au décours d’une dothienentérie, soit plus tardivement ; les antécédents du malade présentent alors une grande importance et permettent de mettre en évidence l'agent infectieux.
La syphilis ne se localise que très rarement dans le segment lombaire du rachis. Elle peut être reconnue par le caractère ostéocope et nocturne des douleurs, par l’absence d’une collection purulente, par les antécédents ou des lésions syphilitiques concomitantes et par l’examen sérologique du sang.
Le mal de Pott, auquel on pense toujours en pré: sence d’une affection du rachis, est facile à éliminer dans les formes aiguës de l’ostéomyélite. Le début brusque, la température élevée, ne cadrent pas avec le tableau d’une spondylite tuberculeuse.
Par contre, les formes subaiguës simulent facilement le mal de Pott : le début insidieux, la température peu élevée, la douleur spontanée ou provoquée au niveau
Lesage
d’une vertèbre, l’évolution très lente, tels sont les symptômes qui peuvent tromper le clinicien. Dans ces cas, les antécédents héréditaires et personnels recherchés soigneusement et un examen général attentif permettent d'éliminer la tuberculose. Cette tâche sera facilitée « si l’on veut bien se rappeler l’extrême rareté de l’abcès postérieur et l’existence de la gibbosité dans le mal de Pott, tout différents de l’évolution fébrile de la vaste et longue collection sacro-lombaire et de l'absence de gibbosité vraie de l’ostéomyélite vertébrale » (GRISEL). La radiographie peut être utile, mais c’est seulement l’examen du pus qui lève tous les doutes.
Le rhumatisme aigu de la colonne lombaire peut parfois rappeler l’ostéomyélite, surtout à son début ; mais les localisations dans les différentes articulations, le gonflement et l’œdème, l’absence de collection purulente et l’action de la médication salicylée permettent d'identifier la nature de l’affection.
La lombarthrie a une évolution essentiellement chronique, sans collection purulente ; la radiographie décèle des déformations osseuses ostéophytiques : saillies en bec de perroquet, vertèbres en diabolo, etc.
Pour terminer, signalons que, dans certains cas, on peut être amené à faire un diagnostic différentiel avec une appendicite, une péritonite, une néphrite, une colique néphrétique, un abcès péri-néphrétique (Observation I), la paralysie de Landry. Dans tous ces cas, les symptômes propres à chacune de ces affections, pouvant de loin simuler l’ostéomyélite lombaire, permettront de nous guider sur la bonne voie du diagnostic.