Meeh. Beitrage zur klinische Chir ., 1892, p
COMPLICATIONS
les symptômes d’une anémie pernicieuse; or, à l’autopsie, on constata une ostéomyélite de plusieurs os.
Complications consécutives précoces. Hyperaccroissement et hyperostoses. — Lorsque le cartilage conjugal a élé conservé, il peut être irrité pathologiquement et réagir cômjne dans les cas d’irritation expérimentale (Ollier). Pendant sa convalescence, l’enfant se plaint de douleurs intermittentes occupant la partie autrefois malade; ce sont des élancements, comme des piqûres profondes, des brûlures. Elles surviennent surtout la nuit et sont quelquefois calmées par le mouvement. Ces douleurs occupent une partie de l’os d’un volume exubérant ; la pression avec le doigt réveille la douleur, la rend intolérable. Le membre a subi une légère atrophie, ses parties molles sont flasques, le système pileux est très développé, les veines souscutanées sont très dilatées. L’augmentation du volume de l’os a lieu en circonférence et en longueur ; elle occupe non seulement la partie où se localisait l’ostéomylite, mais aussi les régions voisines, où elle se propage peu à peu. Elle porte sur le corps de l’os en s’étendant plus ou moins vers l’épiphyse. Les éminences apophysaires, condyles ou apophyses, présentent de plus grandes proportions et, tandis que la partie intra-articulaire conserve la même configuration, la partie extra-articulaire devient plus longue, plus épaisse. Chaque diamètre en un mot prend sa part d’accroissement.
La continuité entre l’épiphyse et la diaphyse se fait par un cylindre plein d’un volume régulièrement décroissant. Quelquefois le gonflement d’une épiphyse n’est que partiel, l’affection s’étant localisée en un point.
Dans les premiers mois qui suivent la guérison, une
guérison apparente d’ailleurs, le tissu osseux de ces hyperostoses n’a pas encore acquis la densité qu’il aura définitivement plus tard; il peut devenir alors comparable à de l’ivoire (Lannelongue).
La coexistence de phénomènes douloureux, de poussées congestives, révèle la persistance d’un travail inflammatoire, d’une ostéite raréfiante ou condensante longtemps après la guérison apparente. Cette ostéite peut se terminer par la formation d’un abcès osseux qui ne donne lieu à des symptômes que longtemps après la poussée d’ostéomyélite, mais ils peuvent être précoces. Le siège de ces abcès précoces est une épiphyse dont la forme est modifiée, et le volume augmenté; l’abcès siège encore dans la partie de la diaphyse hyperostosée qui se continue avec l’épiphyse. Ces abcès consécutifs précoces seront généralement libres de toute communication avec le canal médullaire. Quelquefois l’abcès précoce s’ouvre à la surface de l’os par une ouverture spontanée, véritable trépanation naturelle, l’abcès se vide, se remplit de bourgeons, mais, les parois ne pouvant se rapprocher, la durée de la suppuration est indéfinie.
Cette ostéite consécutive se termine le plus souvent par nécrose. Il se forme autour du séquestre une suppuration qui l’isole, un abcès se forme dans les parties molles et il en sort une esquille, et le fait se reproduit à des intervalles plus ou moins éloignés. La circonférence de l’os s’accroît de plus en plus, de même que sa longueur; pendant longtemps, même quand la croissance est terminée, ces hyperaccroissements déterminent une augmentation de longueur de l'os, d’où une claudication pour le membre inférieur ou une déviation en valgus pour le genou, pour le pied, etc. Quand deux os
COMPLICATIONS
sont disposés en attelle (cubitus et radius, tibia et péroné), l’augmentation de longeur de l’un détermine des luxations de l’autre, des disjonctions épiphysaires, des incurvations, etc.
Ces abcès et ces nécroses peuvent aussi se produire tardivement; nous les étudierons donc de nouveau avec utie complication tardive de l’ostéomyélite appelée ostéomyélite prolongée.
Quand le cartilage dia-épiphysaire est détruit, c’est un arrêt de la croissance de l’os que l’on observe ; fait rare, étant donné que l’ostéomyélite développe dans l’os une activité néoformatrice, près ou loin du cartilage dia-épiphysaire et en dehors de son intervention.
Pendant les longues périodes qui correspondent à la démarcation de la nécrose et à l’élimination des séquestres, un os nouveau se constitue de toutes pièces. 11 est inégal, irrégulier, plus volumineux que l’ancien, trop épais, trop long pour le membre; l’épiphyse est hyperostosée, d’où des attitudes vicieuses, des subluxations, comme, quand il n’y a [pas eu nécrose, des ankylosés à angle aigu.
Disons enfin que le trajet fistuleux peut se tuberculiser au dire de Kraske, qui en aurait observé deux exemples. La dégénérescence épithéliomateuse des trajets ou cloaques a aussi été observée (Nicoladoni, Poncet).