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nature ». « Car il y a autant d’espèces de maladies qu’il y a d’espèces, corps et semences de végétaux et personne ne saurait atteindre le nombre des maladies qu'auparavant il ne sache le nombre desdits végétaux. »
Aünsi, et c’est un point capital de sa thérapeutique, CROLLIUS établit une relation entre les plantes, agents médicamenteux, et les maladies, entre « l’anatomie du remède et l’anatomie de la maladie ».
Il conçoit une symétrie entre les symptômes médi-
camenteux et les symptômes cliniques.
Le premier soin du médecin sera donc d’étudier la nature. « L'Ecole de Médecine n’est pas couverte de tuiles, mais du firmament :.… » Il ne doit jamais « suivre opiniâtrement l’opinion d'une secte (car à la vérité, personne ne peut se dire docte suivant l'opinion d’un seul maître) ». De plus, il n’y a pas de livre « tant pervers soit-il, lequel ne contienne en soi quelque chose de bon, quoique méprisé par des bons auteurs. » À ce propos, CROLLIUS note que « C’est une grande tyrannie de tenir captifs en certains auteurs les esprits des étudiants, leur ôtant la liberté de chercher et suivre la vérité. »
Mais l’étude du médecin ne se cantonnera pas à la nature, sa compréhension de l’homme s’améliorant à mesure que son savoir devient plus universel : «Il
faut donc que le médecin ait la connaissance de la Phi-
losophie et de l’Astronomie : car la Chiromancie, la Pyromancie, et la Géomancie sont éléments de l’Astronomie et Philosophie, »
Ce n’est pas tout, il s’agit de préparer les remèdes, aussi le médecin doit-il être spagyriste. C’est lui qui doit traiter ses médicaments, et non « les mains des Pharmaciens, pour l’ordinaire avares et rapins ». C’est par le feu qu'il purifiera les substances qu'il utilisera.
Il faut noter que CROLLIUS s’élève contre les doses
massives; 1} en donne trois raisons :
1° Un remède présenté en petite quantité provoque moins de répugnance chez le malade que « ces grands verres de potions crasses et troubles plus propres à corrompre les complexions du corps humain, que de les modérer, toutefois je ne m'étonne pas si les malades les refusent, vu même que les médecins en ont horreur en les ordonnant, outre que quiconque dirait à un Apothicaire de les prendre soi-même il les épancherait plutôt à la rue. »
2° Le remède donné sous un petit volume n’offense pas l’estomac et, rien ne s’y opposant, son action est plus rapide.
3° Enfin les impuretés inutiles ou même nuisibles E
sont éliminées.
Ainsi s’ébauche la recherche de la quintessence,
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évolution vers la dose infinitésimale. Aïnsi s’affirme
la supériorité du qualitatif sur le quantitatif.
Alors CROLLIUS remarque l’action opposée des corps à forte dose et à dose infinitésimale : C’est ainsi qu’il trouve au même Opium non seulement le « soulphre doux narcotique » familier aux Galénistes, mais aussi le « sel amer chaud, émouvant à sueur par une subtile résolution sans aucune vertu stupéfactive,
ou pour mieux dire assoupissante. »
Mais, et c’est toujours d’actualité, avant d’entreprendre un traitement il faut surveiller l’état du cœur : € Il faut prendre garde de défendre le cœur
de son malade avant d’attaquer la maladie Y
Il remarque aussi que quelquefois la guérison est précédée par une aggravation passagère : « On ne peut recouvrer la santé sans douleur, de même que la femme enceinte, laquelle n’est jamais en bon point
qu’elle n’ait senti la douleur de son enfantement. »
Enfin. « Personne ne peut posséder un art sans peine. » Mais encore faut-il avoir le don : « en vain le Maître enseigne le disciple qui n’est pas né à la science par l'influence des astres. » Or « le médecin créé de Dieu peut tout. » Aussi faut-il s'élever contre « ces médecins téméraires, lesquels se jouent du cœur humain, ou pour mieux dire de la vraie image de
Dieu, et érigent des cimetières au détriment et damna-