‹ Oswald CrolliusMoine, Médecin, PhilosopheChapitre 20 sur 25 · LA MEDECINE DE CROLLIUS · texte numérisé non relu

LA MEDECINE DE CROLLIUS

La Médecine de CROLLIUS est basée sur les trois principes directeurs de la thérapeutique hippocratique :

1° Natura medicatrix. « La nature est le médecin des maladies. Le propre de la médecine est de délivrer de ce qui fait mal et, enlevant la cause de la souffrance, rendre la santé. La nature fait cela par ellemême ». a dit HIPPOCRATE.

Elle guérit de trois façons :

D'une façon passive ou statique, par le repos, l’abstinence, le sommeil ;

D'une facon active ou dynamique, par l'exercice, l’augmentation de nourriture;

Enfin par des soulèvements ou réactions qui sont autant de mouvements calculés que l’organisme met en œuvre pour assurer sa défense.

Il appartient au médecin d’imiter la nature, afin de maintenir et de ramener le malade dans un état d'équilibre.

2° Contraria contrariis. Les contraires sont les re-

mèdes des contraires. C’est ainsi que « la faim est gué-

LHAS DS

rie par l’aliment, la soif est apaisée par la boisson, la plénitude est guérie par l’évacuation, l’évacuation par la plénitude, la fatigue de l’exercice par le repos, la

fatigue du repos par l’exercice. » '

3° Similia similibus. Les semblables guérissent par les semblables. HIPPOCRATE écrit dans « Des lieux de l’homme par. 42 : « La maladie est produite par les semblables et par le semblable que l’on fait prendre, le patient revient de la maladie à la santé. Ainsi, ce qui produit la strangurie qui n’est pas, enlève la strangurie qui est; la toux comme la strangurie, est causée et enlevée par les mêmes causes ». « La fièvre est supprimée par ce qui la produit et produite par ce qui la supprime. Les substances naturellement purgatives,

peuvent provoquer le resserrement. »

Et CROLLIUS, après PARACELSE, reprend les adages hippocratiques, I accorde une importance de premier plan au rôle de la Nature. Il écrit : « Ii faut que le médecin soit interprète légitime de la nature », et plus loin : « Ce n’est pas le médecin qui chasse la maladie mais la nature même, laquelle est la mumie ou baume interne, qui chasse le mal qui lui est contraire, si (lorsque les forces internes viennent à lui défaillir) elle reçoit (par le moyen du médecin) les forces externes, et quoique souvent le médicament soit très bon, il est

meilleur de commettre la cure entre les mains de la

Nature, sans se servir d’aucun médicament : car Ja Nature du corps interne expulse plus de maladies, que non pas le médecin avec sa médecine. »

Mais CROLLIUS manifeste moins d’enthousiasme pour l’adage « Coniraria contrariis ». Il en admet l’évidente efficacité; mais, à son avis, son application doit être assez limitée : « Je ne condamne pas, dit-il, ceux qui disent que les contraires sont guéris par les contraires, mais les qualités contraires ne sont pas ôtées par des autres qualités contraires, vu qu’elles s’irritent l’une l’autre, et semblent s’émouvoir au com-

bat, par lequel s'ensuit une plus grande infirmité. »

Il est bien certain que c’est la loi de similitude qui fait la base de la médecine de CRoLLIUS « Car quelle maladie que ce soit doit être guérie par son propre approprié. »

Nous en avons vu des exemples en étudiant sa Royale Chimie, et, après sa Doctrine des Signatures, il ne peut subsister aucun doute sur ses méthodes thérapeutiques.

« Tout ainsi l’anatomie de l’hamime et de la femme ont une certaine concordance ensemble, de même l’anatomie de la maladie et des remèdes sont semblables. Et de même qu’en l’homme se trouve l’homme

et la maladie, de même aussi en la médecine se trouve

l’homme et la médecine ». « Il est nécessaire que le

médecin sache la concordance et la sympathie de la

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