‹ Oswald CrolliusMoine, Médecin, PhilosopheChapitre 23 sur 25 · A | ER · texte numérisé non relu

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aboient contre la Chimie, n’en ayant pas seulement encore vu le marchepied, ou seuil de la porte... Ils sont contraints de se servir des injures, pour couvrir l’igno-

rance de leur folie. »

Et CRroLLIUS reprend la doctrine de PARACELSE :

&« La Médecine nous est diversement figurée par le livre de la nature c’est-à-dire par le Ciel et la Terre. » Nous retrouvons ici la conception du firmament, du Macrocosme et du Microcosme.

« Marquez en ce lieu, ajoute-t-il, qu’elle peut être connue et recherchée par la Chiromancie et la Physiognomonie. » Autrement dit c’est au médecin averti

de voir les signes, de les lire et de Les interpréter.

CRoLLIUS adopte aussi la notion des trois substances : Soufre, Mercure et Sel. Il reprend l’exemple de la combustion du bois et ajoute : « Dans la boutique des choses (s’il est permis d’ainsi parler) se trouve le Sel animal, végétant et minéral; le Soufre animal, végétant et minéral, aussi bien que le Mercure... » Nous rappelons que ces termes ne désignent pas les corps que nous nommons ainsi aujourd'hui. Et il entreprend, à la faveur de ces métaphores, d'expliquer l’action thérapeutique suivant la loi de similitude : Il y a les maladies soufrées, telles que les fièvres et toutes inflammations les maladies mercuriales (les ulcérations par exemple), les maladies salines (parmi les-

quelles les dartres). Or chacune doit être guérie par

son semblable : « tout ce qui est ulcère doit être guéri par le Mercure incarnatif, tout ce qui demeure visqueux, par le sel, tout ce qui demeure en fonds, par le soufre; à quoi me semble que ces raisons doivent donner autorité et créance. »

De plus ces trois substances coexistent dans les quatre éléments auxquels CROLLIUS attache une grande importance : l’AIR. le FEU, l'EAU, la TERRE. Or il est un fait curieux qui doit être signalé, ces quatre éléments se retrouvent dans la vieille littérature Japonaise. Sous des cieux différents, il y a plusieurs siècles, chez des hommes s’ignorant totalement, les conceptions de base étaient les mêmes.

Et CRoLLIUS poursuit : la matière de l’homme est l’extrait des quatre éléments; et, c’est là que le Microcosme se trouve tiré du Macrocosme.

Quant à la nature même de l’homme, elle est composée de trois parties : le corps mortel, l’esprit sydérique et l’âme éternelle. Si Dieu est un en essence et triple en personne, l’homme est un en personne et triple en essence.

Chacune des trois parties constitutives de l’homme a son action propre :

— Le corps évolue sur la Terre, aucune discussion à ce sujet, c’est l’animal qui mange, boit, remue et dort. Mais il sert de support à l’esprit sydérique et à l’âme éternelle.

Le corps vient du limon de la création, c’est le fac-

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teur visible, la Terre et l’Eau correspondant à la Chair et au Sang. |

— Mais, le jour de la création, Dieu fit entrer dans la composition du limon le Firmament et les étoiles. Il s’ensuit que depuis ADAM nous nous transmettons un facteur invisible dépendant de l’Air et du Feu. Il nous relie au Firmament. C’est l’esprit sydérique. C’est une propriété liée à l’homme « comme la rougeur pour le vin, la blancheur pour la neige, la splendeur pour le soleil. » |

CROLLIUS dit aussi c’est l’aimantation sur le fer qu'est notre corps.

Son mode d'action est l’Imagination qui fait évoluer l’homme dans toutes les sphères.

— Quant à l’âme éternelle, elle est d’essence divine, elle nous permet de communiquer avee Dieu et les Anges. Sa vertu est la Foi, son mode d’action la Prière. Tout obéit à l’âme.

Puis Crozrius brosse un tableau des différents types d'hommes suivant la prédominance d’une de ces trois parties, du pourceau dont le corps est l’unique joie et préoccupation jusqu’au mystique qui vit dans la compagnie de Dieu.

Esprit sydérique et âme éternelle sont tous puissants : l’imagination et la foi régissent les astres. C’est ainsi que CRoLLIUS explique la force des Cabalistes

qui opérèrent par l’union avec Dieu (la prière), la foi

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naturelle (l'intuition) et une forte exaltation de l’imagination (la suggestion). Ici il n’y a pas de transmutation, pas d'imitation à la « façon du bailleur qui fait bailler toute une salle. » Ces sages « ayant chassé l’impuissance du soupçon par une ferme foi, et élevé leur esprit à Dieu, avec une espérance infaillible confirmée par l’assiduité de leurs prières, se sont rendus à l’ins-

tant le temple du Dieu vivant. »

Et nous arrivons à la mystique de CroLriUs. Il est moine et fait tout remonter à Dieu. Tout ce qui existe doit d’être là au « Fiat » de la création. Dieu est à la source de tout.

Or l’homme occupe une place privilégiée dans la création; l’homme en est la quintessence. Dieu a fait de nous « un àbrégé sublime du monde ». L’âme de l’homme est l’image de Dieu; et pour son fils, ajoute CROLLIUS, il a choisi la forme humaine.

L'homme, dernier créé, est la plus parfaite création. Dieu ne nous abandonne pas, la médecine est une preuve de sa miséricorde.

Aussi écrit CROLLIUS, « l’homme a deux pères : savoir l’éternel duquel il porte l’image, et le mortel, qui n’est autre chose que le monde avec toutes Îles

créatures. c’est-à-dire le limon de la terre. » Donc, « l’homme’ qui ne connaît point Dieu est inexcusable, et maudit celui qui le connaît et ne l’ho-

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