EXAMEN OBJECTIF
inventaire détaillé où sera mentionné, 4’une façon précise,.
l’état normal ou anormal de chaque partie.
Nous passons rapidement sur les lésions cicatricielles air pavillon et du conduit auditif, parce que leur origine traumatique, en général, ne se discute pas.
La présence de sang ou d’un caillot au fond du conduit présente une importance considérable quand on voit le blessé peu de temps après l’accident, car elle fournit la preuve apeu près indiscutable d’un traumatisme récent.
Une des principales difficultés de l’expertise réside au contraire dans la distinction des lésions anciennes avec lestraumatismes récents de la membrane et de la caisse du
tympan. ,
La membrane est généralement normale dans les très grandes surdités consécutives à des commotions. Elle nous a. paru assez souvent déprimée dans les mêmes circonstances,, et nous nous demandons s’il y a là une simple coïnci ence entre un état ancien et une déflagration récente, ou bien si un brusque et violent déplacement d’air ne peut pas preduire un changement définitif dans la position de la membrane et des osselets; ce serait là un mécanisme possible pour la genèse de certaines surdités. Des expériences sur les animaux nous renseigneraient probablement sur ce point.
Il faut distinguer de ce simple enfoncement peut-être traumatique les dépressions et les rétractions pathologiques consécutives à un catarrhe tubo-tympanique ancien Le manche du marteau est alors rétracté et plus ou moins horizontal; la petite apophyse et' les plis antérieur et postérieur sont saillants, la membrane est altérée dans son aspect, on trouve defS lésions naso-pharyngées concomitantes. La membrane, sans être rétractée, peut présenter un aspect terne, dépoli, sombre, des infiltrations calcaires, des zones d épaississement ou d’atrophie : ces lésions nettes de sclérose tympanique anêienne sont facilement différenciées. Mais nous ne savons pas toujours distinguer une cicatrice datant de quelques mois et due à la guerre d’un état pathologique plus ancien. Les traumatismes récents du tympan se recon-
EXPERTISE
naissent, nous l’avons vu, par la présence de sang, puis d’un caillot dans le fond du conduit.
On ne voit quelquefois qu’une ecchymose sur la membrane; cette constatation est très importante. Une perforation récente non infectée se reconnaît encore parce que tout le reste autour d’elle est sain. Infectée, compliquée d’une suppuration abondante avec mouvements pulsatiles, elle se distingue difficilement d'une otite aiguë banale. On ne la différencie plus du tout d’une otite chronique suppurée ou cicatricielle quand on la voit au bout de plusieurs mois. Il est cependant de nombreux cas où la nature pathologique ancienne de l’otite est indiscutable. Nous n’admettons pas, par exemple, les perforations traumatiques de la membrane de Schrapnell. Certaines lésions très accentuées de la caisse avec rétraction très prononcée ou destruction partielle du marteau, aspect cicatriciel très ancien de la zone du promontoire, etc., ne prêtent pas à confusion pour un œil exercé.
Notre examen objectif se borne là. Moins heureux que l’oculiste qui voit la rétine, nous ne pouvons constater directement les lésions de l’oreille interne, et nous nous résignons à ne les entrevoir que par les troubles fonctionnels.