FURONCLE
Diagnostic. — Le furoncle siège toujours dans la moitié externe, cartilagineuse du conduit auditif; il est visible sans instrumentation spéciale. Il est très douloureux, et l’intensité de la douleur-pourrait donner l’illusion d’une maladie grave;
2 OTITES NON TRAUMATIQUES
l’insomnie, la diète causée par les souffrances qui accom- . paguent la mastication, une fièvre modérée altèrent le faciès ; dans une certaine mesure et facilitent l’erreur.
Un examen attentif permet le diagnostic.
Il y a des furoncles petits et superficiels, et .des furoncles profonds qui deviennent volumineux.
Les premiers apparaissent, en tirant en haut et en arriéré le pavillon, comme une saillie acuminée, rouge d’abord, puis iaunâtre à son sommet à la période de maturité.
Les profonds se manifestent sous la forme d’une saillie non acuminée mais à large base et qui efface plus ou moins la lumière du conduit; ils se terminent en abcès sous-dermiques, ils se compliquent d’une infiltration du tissu cellulaire periauriculaire ; pour les furoncles antérieurs, œdème et rougeur du tragus, lymphangite^ adénite prétragienne, - pour les postérieurs, œdème, rougeur, lymphangite et ademte mastoïdienne ; - pour les inférieurs, adénite parotidienne, - pour les supérieurs infiltration du tissu cellulaire sous-cutané de la région temporale,..
Cette extériorisation, et particulièrement le gonflement rétroauriculaire qui ressemble à première vue à celui de la mastoïdite pourraient nous induire en erreur. Un signe capital distingue le furoncle, c’est le caractère de la douleur provoquée La douleur est en effet exacerbée par toute tentative de mobilisation du conduit : s’agit-il d’un furoncle antérieur, la mastication est impossible et la pression sur le tragus insupportable ; d’un furoncle supérieur, c’est la traction du pavillon en haut qui est douloureuse ; la traction en arrière pour les postérieurs; la pression en dessous, le soulèvement du condu.t pour les inférieurs.
Ce caractère si particulier de la douleur provoquée permettra à tout médecin non spécialiste d’attribuer l’otalgie d um furoncle à sa vraie cause. Le diagnostic n’est vraiment délicat qu’entre certains furoncles postérieurs et la mastoïdite, surtout quand il y a d’autre part suppuration de l’oreille moyenne. Nous avons tenté de rassembler les principales éventualités dans le tableau de la page 4.
OTITES EXTERNES
Traitement. — II suffira de traiter les cas simples par des enveloppements humides de la région auriculaire et des instillations à la fois calmantes et antiseptiques telles que :
Liqueur de Van Swieten.f ââ 20 gr.
' Glycérine neutre...l
Acide pliénique neigeux. 1 gr-
Glycérine neutre. 40 gr.
Cette méthode présente parfois l’inconvénient de faire macérer la peau et de l’exposer'aux inoculations successives.
Les furoncles récidivants, de même que les furoncles profonds caractérisés par une longue évolution et l’empâtement des régions périauriculaires, relèvent du traitement chirurgical confié à un spécialiste. Ce traitement, c’est l’incision au' moment de la maturité-; une ouverture précoce est inutile et même nuisible. Cette petite opération provoque une douleur intense; on aura tout avantage à endormir le malade par l’inhalation de quelques bouffées de chlorure d’éthyle. L’incision est pratiquée au moyen du furonculotome ou mieux du galvanocautère. Elle est suivie de l’expression, puis de pansements fréquemment répétés avec des petites mèches imbibées d’alcool ou d’eau d’Alibour avec, par-dessus, un carré d’ouate hydrophile et une bande. Chaque pansement comprend un séchage minutieux, car il est important d’éviter la macération des téguments.
Les furoncles récidivent quelquefois d’une manière désespérante, en temps de paix nous avions alors recours à l’autovaccin suivant la technique de Mauté.