‹ Otites et surdités de guerreChapitre 5 sur 67 · OTITE MOYENNE AIGUE · texte numérisé non relu

OTITE MOYENNE AIGUE

Furonculose. Eczéma sec avec prurit et grattage.

Infection rhino-pharyngée.

Début.

Évolution.

Brusque. Evolution par poussées successives.

Début plus ou moins brusque.

Evolution progressive. Atténuation de la douleur au moment de l’écoulement.

Audition.

Normale. Sauf si obstruction du conduit.

Très diminuée.

Ecoulement.

Peu abondant. Epais d’emblée.

Abondant. Séro-purulent, puis purulent.

Gonflement périauri -

Variable avec le siège du furoncle. En arrière, simule la mastoïdite.

Nul.

Douleur provoquée.

Par la mobilisation du conduit. Pour les furoncles avec lymphangite mastoïdienne, la pression sur la zone œdématiée est douloureuse, l’os à côté n’est pas sensible et la mobilisation du condmt est toujours plus douloureuse que la pression sur la région mastoïdienne.

Par la pression sur le tragus et l’antre.

Examen otoscopique.

Gonflement de la partie externe du conduit-auditif.

Conduit libre, membrane tympanique rouge et bombée, puis perforée.

OTITES EXTERNES

OTITE MOTENNE AIGUE

compliquée de mastoïdite

OU CHRONIQUE . compliquée de furoncle

Infection rhino-pharyngée suivie d’otite mojenne aiguë.

Otorrhée plus ou moins ancienne avec dermite.

Début lent. Evolution progressive.

Comme pour le furoncle simple.

Très diminuée.

Diminuée plus ou moins.

Quelquefois très abondant. Quelquefois peu abondant, toujours purulent.

Variable en quantité.

Si mastoïdite extériorisée : gonflement étro-auriculaire avec décollement du pavillon.

Comme pour le furoncle simple.

Par la pression sur toute la mastoïde, pointe et bord postérieur, en dehors de la zone œdématiée. Mobilisation du pavillon indolore.

Comme pour le furoncle simple.

Une mastoïdite peut s’extérioriser dans le conduit et s’y fistuliser, mais cette fistule s’accompagne d’un gonflement ou chute de la paroi postéro-supérieure de la partie profonde, osseuse du conduit. Le stylet conduit sur l’os. Le conduit cartilagineux est normal.

11 existe à la fois des lésions du conduit auditif externe, de la membrane et de la caisse du tympan

6 OTITES NON TRAUMATIQUES

ration de l’oreille moyenne. Dans les otorrhées la peau du conduit s’infecte d’autant plus facilement^ que l’emploi répété d’antiseptiques irritants aura facilité la pénétration et le développement de germes pathogènes.

Le tableau clinique de l’otite externe diffuse est le même que celui de l’otite furonculeuse, mais à un degré plus accusé ; douleur auriculaire extrêmement violente à la mastication qu’elle rend impossible : la moindre pression sur le tragus, le pavillon, les régions parotidienne et mastoïdienne réveille une douleur extrême.

Le conduit est complètement obstrué par le gonflement de la peau infiltrée, rouge, couverte de pus.

L’œdème, la lymphangite et l’adénite entraînent un gonflement périauriculaire considérable. La fièvre est constante et atteint 38°5-39°.

Le diagnostic de l’otite externe diffuse repose suri intensité des symptômes, les caractères de la douleur- propre aux lésions du conduit et la diffusion de l’inflammation à tout le revêtement cutané du conduit.

La difficulté est de préciser l’origine de la dermite. Au début on ne peut y songer. Comme dans l’otite furonculeuse on apaisera les phénomènes aigus pour rétablir la lumière du conduit; quand on pourra introduire le spéculum, on reconnaîtra souvent l’existence d’une furonculose antérieure ou d’une otite moyenne.

Le traitement nécessite l’hospitalisation à l’ambulance ou dans un service de spécialité. Il faut éviter tout traumatisme ou irritation des téguments du conduit.

Au début, pansements humides chauds; analgésiques généraux. ,.

-Après quarante-huit heures de traitement on peut ordinairement introduire un petit spéculum. On pratique avec la petite canule de Hartmann un lavage à l’eau bouillie tiède ou avec une solution faiblement alcaline : on débarrasse ainsi le fond du conduit des débris épithéliaux desquamés qui s’y sont accumulés. On constate ou non l’otite moyenne récente ou ancienne. On sèche soigneusement et l’on enduit les parois

OTITES EXTERNES

d’une mince couche de crème onctueuse à l’oxyde de zinc (1). On place une mèche sèche aseptique jusqu’au contact du tympan : elle absorbera le pus à mesure qu’il se produira. On . renouvellera le pansement une ou plusieurs fois par vingtquatre heures selon les cas.

Dans les cas d’infection à B. pyocyanique, nous traitons par le baume du Pérou. Après nettoyage et séchage, on verse dans le conduit ¥ à VI gouttes de baume pur : il faut persévérer pendant six à sept jours.

OTITES EXTERNES PROVOQUÉES

Certaines otites externes mettent un temps anormalement long à guérir et repartent de plus belle quand la sortie devient imminente. L’un de nous a vu une otite externe avec suppuration profuse anormale chez un individu convaincu de conjonctivite provoquée par la poudre d’ipéca : l’agent causal de l’otite n’a pu être retrouvé.

Traitement. — Autant que possible isolement, suppression des sorties pour raison de pansements fréquents, régime alimentaire strict.

Le pansement sera fait de la main du médecin ou sous ses yeux : il sera épais et occlusif, 011 tâchera de savoir si le malade le déplace entre deux séances. Le malade sortira sans convalescence ; on mentionnera sur son livret : « otite externe simple sujette à récidive; sans otite moyenne; sans possibilité de complications d'ordre général, et absolument compatible avec le service armé ».

Cette méthode a paru suffisamment prophylactique.

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