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élémentaires de la tradition britannique, le sentiment de la simple dignité humaine ‘’, (Devoir, 16 septembre 1916),
Mais il y a encore mieux ou pis que tout cela.
A la page 39 de sa brochure Hier, Au- Jourd'hui, Demain, M. Bourassa à écrit les incroyables paroles qui suivent, et qui sont comme la conclusion des pages consacrées à démontrer le nationaiisme des évêques d'autrelois, mis en opposition avec ceux d'aujourd'hui :
“La participation du Canada À la guerre actuclle, comme colonie britannique, constitue donc uné révolution, une révolution profonde, radicale, dans la charte nationale du Canada, dans sa Situation interne et ext ne, dans ses relations avec l'Angleterre et les autres pays d'Empire, dans ses rapports avec les nations étranstres.
‘Tous ceux qui ont encouragé cette Participation, à quelque parti, à quelque catégorie sociale qu'iis appartiennent, à quelque titre (1) qu'ils sent parié ou agi, ont fait œuvre de revoivtionnuires.
Ceux qui ont cheiché à entraver le mouvement (2), qui ont en vain 1éciamé qu'on donnät à l'intervention du Can ida un caractère exclusivement national. ont
uit œuvre de conservation. Je po 's méme dire, avec Mer Bai von, our'ils
ont délendu * l'orure établi de Dieu ”” conire ‘* l'anarchie *’ et la ** trahison ””.
Où l'on voit bien que M. Bo 1e, lorsqu'il veut frapner plus sûreni ni les évêques d'auourd'nui, n'est pas à couit
d'emprunter ja crosse à un évéoue mort depuis quarante-six ans, et qui pensait absoiument comme ceux que le chef nationaliste corrice si prestement, du h ut de son'altière et lamentable suttisan e,
A la pase 53 de la même brochure. le même outrecuidant personnace € iVait encore : ‘Tous les journaux dt parti, toute la “grande presse servie et vénale a préché au peupi depuis cinq ans surtout, l'imytiialisme sous une forme ou sous une autre: toutes les Sommités sociales se sont unes pour démoraliser sa conscience, empoisonner Son esprit, endormir sa vicilance, et lui présenter comme l'accomplissement d'un devoir national ce qui autielois eut cé jugé une trahison des intérêts nationaux. ” .
Toujours le même transcendant mépris pour tout ce qui n'est pas lui.
(1) Nos évêques ont cestainement encouragé publiquement cette participation. D'ailleurs pour les atteindre plus sûrement, M. Bourassa multiplie et entasse ici les expressions enveloppantes et universalisantes.
(2) C'est-à-dire les seuls nationalistes, et pas d'autres, heureusement.
Mais il y à plus encore, Toujours dans la même brochure (pp. 91 et 92), apiès avoir ridiculisé l'idée de la possibilité d'une agression alle mande, dans le Paragrapue intitulé: “Le salut du Canaca — Trahison nationäle ", M. Bourassa «a oute :
“Mais acmettons que tout cela soit Possi e. Alors que conclure ? Que tous nos hommes, ministres, évêques, sénateurs, députés et journalistes, partisans de l'intervention en Europe, de lentement à outrance, sont coupables de trahison nationale ? Car enfin, l'on admet en ore, je suppose que le salut de la nation est là loi ‘uprême. Si nos gouvernants ont cru un seul instant à la possiiiité d'une invasion allemande, ils n'avaient qu'un devoir, un devoir urgent, absolu : arner les ports du Canada, etc., ete,
“Au lieu de ce'a, qu'a-t-on fait ?
Rien ! ou plutôt, oui, on à dégarni les rares postes de déense du pays, on enree en masse pour la guerre en Europe et ion vide le t'é<or national sans rien garder pour la détense rationale.
"Non, j'aime mieux croire que nos Sauveurs d'Empire "’ ne savent ce qu'ils disent" ou qu'à bout d'arguments, ils ont inventé celui-là sans y croire. Autrement ils mériteraient de passer en conseil de guerre, en attendant que le tribunal de l'histo re leur intlige l’opprobre le plus infamant : celui de traîtres à leur patrie ! *’
Lomme on le voit, nos évêques ‘ sont mis ici en jolie compagnie, en jolie pos- Lure, et ils sont menacés d'un joli châtiment,
Siies “imbéciles coloniaux” et les “théologiens impérialistes ", qui ont reiuse jusqu'ici d'admettre comme un dogme indiscutable que M. Bourassa est le seul défenseur intelligent et courageux de notre cause relivicuse et nationale, ne sont pas ici convaincus de l'injustice de leurs préjugés contre notre seul grand homme, leurs yeux vont enfin se dessiller Pour reconnaitre que si M, Bourassa s'est fait l'ennemi de l'Ancleterre protestante, c'est uniquement pour soutenir la cause de la religion contre ‘ l’œuvre révolutionnaire"’ et la “trahison nationale ”’ de nos évêques et de tous nos gouvernants.
Mais une autre réflexion s'impose à l'esprit, après avoir constaté comment M. Bourassa, de bonne ou de mauvaise foi, met de côté la vraie tradition épiscopale pour lui en substituer une autre, frelatée, de sa façon: Si cet audacieux démagogue a pu ainsi fausser aux yeux de ses lecteurs la tradition épiscopale, que ne peut-il faire, quans il taille et triture les paroles des politiciens et des hommes politiques dont il fait parfois étalage ?
de
Chacun sait bien d'ailleurs que si M.
urassa évite si soigneusement de citer et de discuter objectivement les opinions et les dires de ses adversaires, c'est pour les présenter à sa manière, les fausser, les déformer, afin de se donner quand même raison, aux yeux de ceux, peut-être nombreux, qui ne prendront pas la peine de contrôler ses À rire apte Même sur la probité intellectuelle, M. Bourassa veut avoir des idées à lui seul.