III. Les religions orientales et le syncrétisme
L'orientalisme. Ses agents (19). — Le prêtre (20). — Traits communs aux religions orientales. Nature. Procédés. Mysticisme et sensualisme (21). — Les mystères (22). — Le culte de Mithraà Rome. Le
mithriacisme : théologie solaire, dualisme, démonologie, morale,, culte (23). — Magie et astrologie (24). — Le syncrétisme (25). — Le paganisme romain du IVe siècle (26). — Syncrétisme et christianisme (27). — Ressemblances, différences. Esprit du syncrétisme et du christianisme. Leur antagonisme (28). — Accord des tendances religieuses et sociales du IVe siècle et du christianisme (29). — Pourquoi le christianisme fut persécuté (30). — Fin du paganisme (31).
1. Il ne faut pas confondre la religion romaine et la religion à Rome. Il y a une religion romaine, puis les cultes de tout l'univers affluèrent à Rome, d'où ils se répandirent en tous sens. Mais sous ces alluvions multiples, à travers les âges et jusqu'à la fin, quelque chose du vieux fonds romain subsiste. Il y eut juxtaposition plutôt qu'évolution. La tendance à l'abstraction d'une part, les intimes cultes familiaux, auxquels se rattachent en quelque mesure ceux de la cité, d'autre part, ne disparurent qu'avec l'antique religion, et ce n'est pas sans surprise qu'à l'extrême déclin du paganisme romain, on retrouve, aussi vivace que jamais, le plus vieux peut-être de tous les cultes, le plus cher au cœur des Romains, celui des Pénates privés et aussi des Pénates publics : à l'heure où la lutte entre le vieux monde et le nouveau semble presque circonscrite entre la religion à la fois mystique et philosophique de Mithra et le christianisme, l'image de Vesta portant le Palladium troyen, gage de la puissance romaine, se dresse au revers des monnaies impériales. Plus tard encore, l'Église ne parvient qu'à grand'peine à éteindre le culte domestique des Lares et des Pénates.
Aussi bien, dans cette courte étude, deux moments doivent surtout retenir notre attention : les origines, où nous pouvons observer la position prise par le véritable esprit romain en face du fait religieux, et la période finale, celle du syncrétisme païen, dernier rempart, non plus d'une religion locale, mais du polythéisme antique contre le christianisme.