‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 32 sur 239 · II. La religion des morts · texte numérisé non relu

II. La religion des morts

La mort et les âmes des morts (24). — Développement historique (25). — Époque primitive (26). — Ancien Empire : rites animistes sim pies, le mort au tombeau (27). — Statues, Stèles, Chapelles, Tombes royales, Temples des pyramides (28). — Sacerdoces funéraires (29).

— Les morts dans les mondes divins. Guides de Vautre monde (30). — Identification aux dieux (31). — Importance du dieu Osiris (32). — Champs oV lalou (33). — Répondants (34). — Nouvel Empire (35). — Le Livre des Morts (36). — Jugement (37). — Traitement des corps : momies (38). — Le rituel thébain $ Amon-Ra (39).

— Le Livre de la Touat (40). — Amulettes (41). — Confusion des diverses doctrines (42).

Conclusions (43).

1. Celui qui veut s'occuper de l'histoire de la religion égyptienne se heurte dès l'abord à de graves difficultés dont la principale est peut-être la durée considérable des temps qu'il faut successivement envisager depuis la période préhistorique jusqu'à la conquête de l'Egypte par les Arabes au vne siècle de notre ère. De graves divergences d'école, en matière chronologique, rendent impossible de

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fixer une date, même approximative, pour les débuts de la période historique. On ne se trompera cependant pas beaucoup en faisant remonter vers cinq mille ans avant notre ère les origines de l'Egypte pharaonique. On peut donc estimer à environ cinquante siècles la durée du développement des formes religieuses qu'il y a lieu de considérer.

On ne tarde pas à se rendre compte que la population égyptienne manque complètement d'homogénéité, non seulement au point de vue des caractères somatiques, mais aussi au point de vue des caractères ethnographiques. Les diverses races dont le mélange constitua la nation égyptienne avaient subi chacune un développement indépendant. Elles sont entrées en contact alors qu'elles étaient parvenues à des degrés différents de civilisation.

Les idées religieuses des diverses races se sont mêlées et superposées sans arriver à se fondre en un tout homogène. A ce point de vue, on doit constater, comme également en d'autres domaines, que l'Egyptien ne paraît pas avoir eu à un degré bien vif le sentiment de la contradiction. Nous aurons l'occasion d'en citer des exemples : en voici un déjà. Le papyrus de Nsi-Amsou, qui renferme un texte magique, nous a conservé un récit de la création. Le dieu Ra nous est décrit comme existant avant le ciel ou la terre. Il n'a aucune place où se poser, personne qui pût travailler avec lui. Il recourt aux procédés les plus répugnants pour procréer les premiers dieux. Et cependant, immédiatement après cette description, le dieu Nou, le père de Ra, prend la parole.

Les théologiens des différentes villes s'efforcèrent de mettre de l'ordre dans ce chaos et ils créèrent des systèmes, plus ou moins ingénieux, dont nous nous occuperons. Ils n'ont cependant pas réussi à faire adopter d'une manière décisive un corps de doctrines, à créer une Église égyptienne, à imposer une orthodoxie. Il y aurait lieu dans ces conditions de faire l'histoire religieuse de chaque province ou nome, de chaque ville importante, en cherchant à dégager les grands mouvements d'idées, les courants principaux qui se manifestent à plusieurs époques et qui sont plus difficiles à saisir que partout ailleurs.

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