III. Phéniciens, Carthaginois, Cananéens
Les Phéniciens (1). — ■ Dieux et déesses (2-4). — Les Carthaginois (5). — La religion de Phénicie et de Canaan (6). — Édomites, Moabites, Ammonites (7). — L'idée de la divinité (8). — Le culte cananéen et phénicien (9-10). — ■ Les morts (11).
Conclusion générale sur les religions sémitiques (12). Hist. Rel. — I — 9.
Babyloniens et Assyriens
1. Parmi les peuples qui appartiennent à la race sémitique il n'en est point dont l'influence sur la civilisation de l'ancien Orient classique ait été comparable à celle exercée par les Babyloniens et les Assyriens. Maintes fois, au cours des âges, les armées de Babylone ou de Ninive débordèrent le bassin du Tigre et de l'Euphrate pour se répandre à l'orient sur l'Élam et la Médie, au nord sur les régions du Kurdistan et sur les terres qui avoisinent les lacs de Van et d'Ourmiah, à l'occident sur l'Asie-Mineure, la Syrie, la Palestine, au sud jusqu'aux frontières les plus reculées de l'Arabie. Les monarques ne se contentaient pas de faire retentir le monde du bruit de leurs exploits, ils s'efforçaient aussi, grâce à leur système de colonisation, de faire pénétrer partout la culture intellectuelle et artistique dont jouissaient les populations de la Chaldée. Cette civilisation qui, deux mille ans avant notre ère, était déjà l'aboutissant d'une évolution plus de dix fois séculaire, n'avait, d'ailleurs, pas besoin du secours des armes pour rayonner au delà de la Babylonie et de l'Assyrie. Le prestige qu'elle tenait de son ancienneté et de sa perfection suffisait à son expansion. La langue et l'écriture, ces véhicules de la pensée, contribuèrent à rendre cette expansion plus considérable et cette influence plus profonde. Même des populations non sémitiques, telles que celles de l'Ëlam, du Mitanni (Mésopotamie du Nord), de l'Ourartou (autour du lac de Van), utilisèrent l'écriture cunéiforme, commune aux Babyloniens et aux Assyriens. Les Hittites de l'Asie- Mineure, apparentés aux Mitannites, eurent recours non seulement à l'écriture cunéiforme, mais encore à la langue babylonienne, pour la rédaction de leurs annales ou de leurs traités internationaux, durant la seconde moitié du deuxième millénaire avant notre ère. A cette même époque, comme en font foi les lettres d'El-Amarna, le babylonien servait de langue diplomatique entre l'Egypte et les rois de Canaan. Ces derniers se servaient de cette