‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 160 sur 306 · V. Conclusion : l'avenir de l'Eglise en Orient · texte numérisé non relu

V. Conclusion : l'avenir de l'Eglise en Orient

Intervention des Occidentaux : ses avantages et ses inconvénients (24). — Les communautés catholiques de rite oriental : avantages et inconvénients (25). — La réunion possible des Églises (26).

L'origine des schismes.

1. Nul ne conteste que l'Église, dans l'intention de son fondateur, ait dû être une, d'une unité réelle et visible : tous les Apôtres en témoignent, et saint Paul dans ses épîtres aussi bien que saint Jean dans son évangile. Les Pères apostoliques ont la même conception. Saint Ignace d'Antioche souhaite à toutes les églises « l'unité de foi et de charité (1) » ; il recommande à Polycarpe de « prendre soin de l'unité, qui est le plus grand des biens (2). » L'Église, rassemblée des extrémités de la terre, est comparée au pain eucharistique qui, « autrefois disséminé sur les montagnes, a été recueilli et est devenu un seul tout (3) » ; d'une manière un peu plus lourde, mais tout aussi expressive, le Pasteur d'Hermas voit dans une tour, aussi cohérente qu'un monolithe malgré la diversité des pierres qui la composent, le symbole de l'Église dont les multiples éléments s'unissent pour former « un seul corps, une seule pensée, un seul esprit, une seule foi, un seul amour (4). »

Tel est l'idéal chrétien, et ce devoir de l'unité est si unanimement reconnu que toute portion séparée de l'Église, quelle qu'en soit l'importance numérique, rejette toujours sur les autres la responsabilité de la séparation.

Dès l'origine, cependant, de graves dangers menaçaient cette parfaite union. Entre Rome et l'Orient, les divergences de goût, de mœurs, de tournure d'esprit étaient bien nombreuses. Rome était habituée à commander, mais

(1) Ép. aux Magnésiens, i, 2.

(2) A Polycarpe, i, 2 : rïjç îvmkwç (ppov-i^s, r,ç oOSèv sépsivev.

(3) Didachê, ix, 4.

(4) SimiL, ix, 18, 3-4.

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