‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 268 sur 306 · Les papes, à plusieurs reprises, ont élevé la voix soit · texte numérisé non relu

Les papes, à plusieurs reprises, ont élevé la voix soit

pour approuver ou éveiller l'action politique et sociale du clergé et des fidèles, soit aussi pour les préserver de Terreur ou des excès périlleux. Déjà, Grégoire XVI était obligé de signaler à Lamennais et à ses disciples, ces promoteurs du mouvement social catholique au xixe siècle, les écueils où leur fougueuse inexpérience risquait de se briser. Plus tard, notamment dans la célèbre encyclique Rerum novarum (15 mai 1891), Léon XIII, « le pape des ouvriers », prend en mains la cause de ce prolétariat dont la misère « imméritée » l'émeut et indique les remèdes divers qui peuvent être apportés. Mais il renouvelle en même temps contre le socialisme les condamnations de ses prédécesseurs et trace les règles que les catholiques sociaux devront suivre. Pie X extrait des encycliques ou des instructions de son prédécesseur une série de propositions que, dansleMota proprio du 18 décembre 1903, il impose à tous les catholiques comme le « Règlement fondamental de l'action populaire chrétienne »: entre autres choses, les catholiques devront éviter les associations neutres, et leur activité sociale sera surveillée et dirigée par les évêques. Enfin, le 25 août 1910, dans sa lettre à l'épiscopat français sur le Sillon, le même pontife signale et réprouve les pernicieuses erreurs qui sont à la base de la fausse démocratie. Désormais, sur le terrain social comme dans le domaine intellectuel, après la condamnation du démocratisme comme après celle du modernisme, il sera plus aisé aux catholiques dociles de ne point consumer leurs forces en de vaines ou dangereuses entreprises (1).

47. Quand on s'est donné le spectacle magnifique de l'activité religieuse, intellectuelle, politique et sociale de l'Église au cours de ces derniers siècles, on se rappelle spontanément le mot fameux de Tertullien, et volontiers Ton crierait aux ennemis du catholicisme : « Nous remplissons tout, nous sommes partout, et vous seriez effrayés si nous vous abandonnions à vous-mêmes ! »

Taine, dans une page célèbre, a dit du christianisme qu'il est encore «la grande paire d'ailes indispensables

(1) Cf. F. Dubois, Vraie et fausse démocratie, dans la Revue du Clergé français, 15 octobre et 15 décembre 1911.

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