‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 267 sur 306 · XVI. LE CHRISTIANISME DE LA REFORME A NOS JOURS · texte numérisé non relu

XVI. LE CHRISTIANISME DE LA REFORME A NOS JOURS

renonçait à ses privilèges, et en particulier à la dime.

Après la Révolution et sous le régime nouveau, l'action charitable des catholiques s'organise sous des formes rajeunies et nouvelles. Des congrégations d'hommes et de femmes se fondent pour soulager toutes les misères, physiques ou morales ; les « œuvres » de toute sorte se multiplient partout : Conférences de Saint-Vincent de Paul (Ozanam), Dames de charité, etc.; il en est pour tous les âges et pour tous les besoins.

L'action proprement sociale est tout autant en honneur parmi les catholiques que les œuvres de charité, et l'Église ne s'y intéresse pas moins vivement. Partout où la justice sociale est violée, l'Église intervient, si elle le peut, pour protester contre l'iniquité et engager ses fils à en hâter la disparition. Le cardinal Lavigerie est à la tête de la croisade anti-esclavagiste ; Mgr Ketteler, évêque de Mayence, ne craint pas de chercher la solution de la question sociale dans l'application intégrale des principes évangéliques ; le cardinal Gibbons, en Amérique, prend la défense des Chevaliers du travail ; le cardinal Manning intervient dans la grève des dockers de Londres et rétablit la paix. Les catholiques sociaux, Vogelsang en Autriche, Decurtins en Suisse, de Mun, de la Tour du Pin, Harmel, les abbés Lemire et Gayraud, en France, n'hésitent pas à demander à la puissance civile de prendre la défense des travailleurs. Les Semaines sociales de France (Henri Lorin), dont les nations voisines se sont empressées de suivre l'exemple, mêlent théoriciens et hommes d'action ; de puissantes sociétés, comme l'Action populaire de Reims, sèment partout les idées justes, font connaître les initiatives heureuses, suscitent ou entretiennent les bonnes volontés. En Espagne ou dans le Portugal, en Italie, en Suisse, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Autriche-Hongrie, chez les peuples -anglo-saxons d'Europe, d'Amérique ou d'Australie, aussi bien qu'en France, les catholiques, s'ils ne dirigent pas le mouvement social, du moins s'y mêlent activement. La Belgique catholique est le pays qui a fait le plus et le mieux pour donner à la question sociale une juste solution.

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