Mais au moment où les prophètes lui rappelaient
(1) Il s'exerce d'abord sur les prêtres ; il a ensuite pour but, en purifiant le peuple, d'assurer aux justes la paix contre les entreprises des méchants.
les promesses dont sa conversion lui mériterait l'accomplissement, des mesures pratiques s'imposaient pour la conservation du peuple de Dieu. Il devenait de plus en plus évident que l'on ne pourrait gagner l'ensemble de la nation ; les rapatriés rencontraient trop d'obstacles et trop de mauvaise volonté pour aboutir à une réforme générale. Et pourtant l'œuvre de Dieu pressait. On comprit que, pour la réaliser plus sûrement, il ne fallait compter que sur une élite. Les réflexions qui se transmettaient en ce sens de Palestine en Chaldée créèrent le courant d'opinions qui aboutit à la réforme d'Esdras. Quand le prêtre-scribe arriva à Jérusalem, à la tête d'une caravane dévouée à la cause de Yahweh (Esdr.,vn; vin), il avait des idées très précises. La grande cause du mal était dans les relations avec les étrangers : Esdras réclama la séparation (Neh., ix, 2; x, 28) ; il interdit rigoureusement les mariages avec les pleuples voisins (Neh., x, 30) ; il alla jusqu'à rompre ceux qui avaient été antérieurement conclus (Esdr., x, 2-5, 10-17). Mais désormais tous ceux qui étaient de la race d'Abraham n'étaient pas fils d'Abraham, et Esdras assimilait aux étrangers les Juifs qui ne voulaient pas accepter la réforme (Esdr., x, 8 ; Neh., x, 28). Aussi bien les conditions étaient-elles des plus claires : de l'exil, le prêtre-scribe rapportait une Loi de Moïse à peu près pareille à celle de notre Pentateuque (1). Elle devait être la charte du véritable Israël. C'est elle ou, au moins, le Code sacerdotal, qu'Esdras lut dans la Grande Assemblée (Neh., vin); c'est pour sa violation qu'il fit monter vers le ciel sa grande prière de confession des péchés et de pénitence (Neh., ix, 6-37) ; c'est d'après elle surtout que fut conclue cette alliance (Neh., ix, 38a) que signèrent par écrit les chefs,
(1) C'est ce qui résulte de la comparaison des engagements précis mentionnés, Neh. , x , 30-39, avec les divers documents du Pentateuque. Les critiques admettent que, après cette date, le Code sacerdotal reçut des suppléments et que la fusion définitive des documents fut faite un peu plus tard. Le décret de la Commission biblique n'est pas contraire à l'hypothèse de quelques précisions ajoutées après coup au grand rituel.