ESSAI CHIMIOTHÉRAPIQUE PAR LA VOIE VEINEUSE CHEZ L'HOMME
C’est une fois l’innocuité du traitement obtenu chez le lapin et les doses établies par rapport au poids de ces animaux, que les tentatives de chimiothérapie intraveineuses ont pu être tentées chez l’homme sans danger. Ces essais expérimentaux ont permis les expériences ultérieures en vue d’essayer les modifications successives de ces solutions parallèlement sur le cancer du goudron chez le lapin (possibilité d’injections intravei-— neuses répétées) et le cancer humain entrepris d’abord au dernier stade de la maladie. C’est dans ces conditions, qu’à partir de l’année 1930, Botelho à entrepris toute une série de tentatives thérapeutiques sur des cancers humains, histologiquement contrôlés, très avancés dans l’évolution néoplasique et ayant épuisé toutes les ressources de la thérapeutique classique. Les différentes combinaisons iodo-iodurées acides furent alors tour à tour essayées, puis mises au point les unes après les autres, en les injectant à l’animal d’abord et à l’homme en- suite. C’est ainsi qu’étant parvenu après des essais multiples,
dont il n’entre pas dans cet exposé de faire une description. détaillée et après des essais dans des tumeurs de types les plus variés, Botelho a pensé qu'il serait utile d'entreprendre avec sa
méthode mise au‘point et perfectionnée par plusieurs années d'expériences, le traitement d’un certain nombre de malades atteints de néoplasme malin, non plus parvenu au stade terminal de l’évolution cancéreuse mais jouissant encore d’un assez bon état général pour subir un traitement suffisamment prolongé afin que l’on puisse en voir les résultats.
L'innocuité absolue de la méthode l'y autorisait ; il a obéi pour cela à un plan consistant à prendre des malades en série suivant des types cliniques et histologiques différents afin de juger des résultats favorables ou défavorables pour tel ou tel type de néoplasie maligne. C’est ainsi qu’en 1942, il a entrepris dans le Service du DT Gouverneur à Necker une série de malades atteints de cancer de la prostate. Botelho a été conduit ‘à débuter par le traitement de cette catégorie de néoplasiques, encouragé par le fait suivant : à la suite des expériences de cytolyse in vitro avec différents types de tumeurs malignes, ce sont les ÉODIASMES de la prostate qui se sont montrés les plus actifs vis-à-vis des réactifs iodo-iodures acides.
LEs ESSAIS RÉCENTS À L’HOPITAE NECKER 1942-1045 (CLINIQUE UROLOGIQUE),
A la suite de l’étude trés approfondie des solutions iodoiodurées acides aussi bien pendant ses recherches de sérologie de 1919 à 1927, que de chimiothérapie qui en ont découlé comme nous l'avons déjà dit, Botelho est arrivé à penser que le mélange : halogène, sels haloïdes correspondants en milieu acide, forme un complexe polyhalogéné organo-minéral auquel il semble que l’on puisse attribuer les propriétés différentielles utilisées en temps que diagnostic, élément antielgique et inhi- biteur tumoral comme en font preuve les observations présentées plus loin.
Un des faits qui plaident également en faveur de la formation d’un complexe (en plus de la description chimique dont ce n’est pas notre rôle de donner les détails ici), c’est que, un ‘seul des éléments, ou ces mêmes éléments pris par groupe de deux, ne jouissent plus d'aucune des propriétés que présente leur groupement ; la présence des trois éléments est donc indispensable aussi bien in vitro (cytolyse expérimentale) qu’in vivo comme
PER AA de.
dans leréactifiodo-ioduré acide servant au diagnostic. De même le pH de la solution qui est aux environs de 4,5 est indispensable si l’on veut conserver les mêmes propriétés particulières inhérentes au complexe. Toute variation vers un excès d’acidité ou d’alcalinité supprime les propriétés de séro-diagnostie, d'action antitumorale locale, de cytolyse in vitro (fait bien démontré expérimentalement) et semble-t-il aussi de traitement endoveineux.