AVANT-PROPOS
Au cours de mes études médicales, j’ai eu non seulement le loisir d’acquérir les notions de clinique que m'ont transmises mes Maîtres et qui font de la médecine française la première de toutes, mais encore le contact journalier avec le malade, ceite réalité vivante qui oblige à fixer son attention sur un cas précis,
a fait germer en moi des pensées qui n’ont pas toujours été
pour me satisfaire entièrement.
Il ne s’agissait pas de déception, mais plutôt d'une sorte d'inquiétude devant le contraste si fréquent entre cette clinique qui est une gloire de notre pays, si minutieuse, relevant le moindre détail pathologique en vue d'établir un diagnostic dont la précision est parfois si extraordinaire qu’elle étonne le physicien ou le chimiste, et la pauvreté si fréquente des moyens dont dispose le médecin contre la maladie, une fois le diagnostic établi.
A cet égard, la chirurgie m'avait tout d’abord profondément
séduit par les résultats spectaculaires que dès les premiers jours de son stage, on est à même de constater ; que de fois la main du chirurgien est-elle celle qui arrache le malade à un sort fatal ! Que de fois aussi le chirurgien remédie à une malformation congénitale désespérante et transforme du tout au tout la vie d’un cu
Les occasions qu’a le médecin de rendre à son maïade des services, dont les apparences sont aussi frappantes, sont beau-
coup plus rares.
Ce sont là des constatations banales, mais que néanmoins je
P. Pichon 2