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Où est la disgrace? [microforme]

Mais à quoi l'applique-t-il? Est-ce à la composition du tribunal qui n’a condamné, est-ce à la sentence qui me frappe où à la position qui m'est faite? On ne le dit point. La distinction est pourtant bien importante et

faule de ne l'avoir pas mentionnée

ou s'expose à plus d’un mécompte.

Mais qu'importe Le nom pour moi ; je suis victime d’une condamnation sans nom et sans exemple dans les aunales judiciaires et dans l’histoire politique de notre pays. Et ceci n’est point unê plainte vaine, ce n’est point le cri de la douleur. Qu’aiïje besoin d’exciter la pitié, lorsque je puis invoquer la justice ?

Je suis frappé dans mes droits de citoyen, privé de cette liberté chère à tout homme, assimilé aux contempteurs de la loi, à ceux qu’atteint le bras vengeur de lajustice. Pendant sept ans, non-seulement je naurai point le droit de plaider dans les conseils de la nation les droits et les intérêts de mes concitoyens, non-seulement il me sera défendu de les représenter au sein d'une assemblée législative, mais je n'aurai pas même le droit de voter pour celui quime remplacera dans cette Ghambre donton nrexpulse aujourd'hui.

Qu’'ai-je donc fait pour mériter ces rigueurs? Lorsqu'un homme a commis une faute il est juste qu'il en subisse Les conséquences quelques rigoureuses qu’elles puissent Ôtre...….,

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Mais lorsqu'un homme est condamné pour une faute qu'il m'a jamais commise, lorsqu'on le frappe sur le témoignage menteur dun ennemi personnel, lorsqu'on le punit pareccqu'il à availlé dans l'intérêt deses comméettants, mWa-t-il point le droit de se dresser en fase du tribunal qui le condamne et de dire à ceux qui pourraient se croire, en celle OCcäsion, les administrateurs de la justice : « Vous avez aujourd'hui là force du nombre, le droit de la force.

mais devant Dieu je vous le déclare, votre jugement est erronné et ma condamnation une criante injustice {»

Yest le droit que je veux exercer aujourd'hui. Je dirai hautement, publiquement, que je suis victime, non de la loi, mais du tribunal chargé de la faire observer. Je veux prouver et je prouverai que pour motiver le jugement'qui me condarine on n’a pas craint d’invoquer une preuve qui n’est pas dans le dossier.

C'est incroyable, mais on se rertdra à l'évidence. :

Pour annuler l'élection de Montmagny, pour disqualifier celui auquel les électeurs de ce beau comté avaient contié le mandat de représentant, pour lui arracher violemment, au nom de la loi, ses droits les plus sacrés, on à faussé les faits :

mais ce n'était pas assez et leurs Honneurs ont eu le courage den inventer de nouveaux, que lon trouve bien dans leurs motivés mais

que la preuve se refuse absolument à produire.

Ceci est une accusation très grave, je le sais, et de nature à compromettre singulièrement dans l'esprit publie ce respect si nécessaire à l’ad.

ministration de la justice. Mäis il y à quelque chose de plus grave encore C’est de voir l'honneur, la for.

tune des citoyens mises entre les mains d'hommes qui frappent l'honneur et la fortune des autres, non suivant la preuve qui leur est offerte, mais selon le gré de leurs caprices et le vent de leurs doctrines.

Et si je me sers aujourd’hui de la presse pour protester contre l’injustice qui m'est faite, c’est qu'on à su trouver la presse pour porter aux quatre coins du pays la bonne nouvelle de la flétrissure que l’on a voulu m'infliger.

Inutile de dire que je n'implique nullement Son Houneur le juge Routhier dans les remarques précédentes ou dans celles qui peuvent suivre. Tous ceux qui, comme moi, ont eu la bonne fortune d’entendre le magnifique exposé fait par le savant juge, ont admiré cet esprit droit, lucide : mes adversaires comme mes partisans ont rendu hommage à la science de cet homme distingué, et dans la salle d'audience il n’y avait qu'une voix pour proclamer la supériorité, d’ailleurs incontestée, du président du tribunal sur ceux qui avaient l'honneur de siéger à ses côtés.

Je dois aussi, par un sentiment de justice, déclarer que l’hon. juge Dorion qui m'a condamné n’est pas l’ancien chef du parti libéral ; plusieurs l'ont cru et s’étonnaient de voir son nom accolé au motivé qu'a publié l’£Evénement dans son numéro du 30 mai. Non, ce n’est pas lhon.

A. À. Dorion, mais son frère, nommé juge, ily a quelques mois à peine, qui, avec l’hon Marc-Aurèle Plamondon, ont eu l'honneur, je pourrais dire le plaisir, de trouver dans les rangs du parti conservateur un homme qu’une condainnation aurait flétri si elle eut émané d’un tribunal où ils n'auraient pu dominer par la force du nombre.

PSS

Ces deux hommes ont'bien mérité du parti libéral; leur élévation au banc judiciaire, faveur extraordinaire et encore inexpliquée, leur imposait une dette, celle de la reconnaissance, Elle est payée aujout-d'hui, soldée en entier..…........à mes dépens ! Et ce n’est pas sans raison que l'Evénement peut s’écrier avec un cynisme révoltant, dans son numéro du ? juin, que les rigueurs de la loi nouvelle en frappant les conservateurs les punit À LA Fois pour leurs VIEUX PÉCHÉS el pour leurs fautes ré.

centes.

L'Evénement le comprend lui-méme, on punit en moi ce qu’il appelle les vieux péchés des conserviteurs.

Bravo, Honorable sénateur! nous sommes à peu près de la même opinion. Donnons-nous la main : votre franchise m’enchante et je lui sais gré de souflleter ainsi, aussi publiquement, les administrateurs rouges de la justice.

Je trouverai d’ailleurs dans les Colonnes de vatre journal, un article qui terminera ceux que j'offre aujourd’'hui au public, un article qui ne se désavouera pas l’un de ceux qui m'ont jugé puisqu'il est signé :

M. A. Plamondon. Gette pièce oubliée expliquera bien des mystères, fixera bien des incertitudes et, qui sait ? elle couvaincra peut-être le tribunal luimême que je suis parfaitement autorisé à demander à l'opinion publique une justice que je n'ai point trouvée sous la blanche herrmine des enfants de Thémis.

Le National, que l' Evénement cite avec complaisance, le Herald qu'il réédite avec amour et futti quanti ejusdem farinæ pourront, au besoin, y puiser de nouvelles convictions et modifier quelque peu leur ma:

nière de voir.

L'Evénement du 2? juin reproduit du National un article destiné, dans l'esprit de son auteur, à produire énormément de l'effet. J’en cite le passage suivant : ‘

« Comme un malheur n'arrive «pas seul, M. Landry a eu la dou- «leur de voir la Cour reconnaître «unanimement qué son adversaire, «M. Langelier, avait conduit l’élec-

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«tion, de son côté d'une manière cirréprochable. M. Landry le candi- «dat des scrupuleux et des défen- « seurs de la religion, déclaré inéli- “gible. M. Langelier, le candidat des «destructeurs du temple et de Pau «tel, reconnu comme fidèle observa- «teur de la loi! Que l'on prononce «son jugement

Le National oublie évidemment une circonstance très importante, c'est que si la Cour à été unanime à trouver M. Langelier innocent des accusations portées contre lui, elle a été loin de présenter le même carattère d'unanimité lorsqu'il a été question de prononcer non seulenent ma disqualification mais même l'annulation de l'élection.

Et pour | Ï

soutenir ses absurdes prétentions, la A

majorité de la Cour a dû sortir de la

| preuve et asseoir son jugement sur

des faits impossibles !

Puisque l’on nous met ainsi en

| comparaison, M. Langelier et moi,

dans le jugement rendu et dans les appréciations de la presse libérale, je vais, de suite, le dossier en mains, montrer ce qui à été prouvé contre M. Langelier. Nous verrons en.secon( lieu quelle à été la preuve établie contre moi et enfin ce en quoi mes agents se sont rendus coupables.

Cette simple étude comparative est la meilleure critique que lon puisse faire du jugement de leurs Honneurs les Juges Marc-Aurèle Pla mondon et Wilfred Dorion.

or

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