‹ Outamaro; le peintre des maisons vertesChapitre 9 sur 36 · QUATRIÈME ET CINQUIÈME IMPRESSIONS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ET CINQUIÈME IMPRESSIONS

L'exposition des femmes, la nuit,

aux baies treillissées de la maison donnant

sur la rue.

Le descripteur, après un éloge d'Outamaro et une description sommaire de ces deux planches qui sont de petits chefs-d'œuvre, cherche à guider le choix du passant parmi ces femmes, par des observations assez psychologiques :

Celle qui se plonge clans la lecture d'un livre, sans se préoccuper du bavardage des autres, est celle qui vous entretiendra le plus agréablement, une fois que vous serez entré

dans son intimité Celle qui, de temps en

temps, chuchote avec ses voisines, se cache le visage- pour étouffer son rire, et regarde un homme dans le blanc des yeux, est capable de vous rouler avec une rouerie surprenante.... Celle qui a ses mains dans sa robe, à la hauteur de la poitrine, et le menton dans le cou,

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et regarde longtemps en l'air, est celle qui étouffe son chagrin de cœur. Oh, elle ne sera pas amusante les premières fois, mais le jour où vous aurez gagné son cœur, elle ne vous

lâchera plus Celle qui bavarde, plaisante

et rit avec la sous-maitresse,.et se retourne brusquement, pour entendre le refrain d'un passant, est une créature fort capricieuse. Si vous êtes de son goût, vous serez tout de suite son chéri Celle qiti s'occupe à écrire plusieurs lettres, est la femme qui veut faire une clientèle. Devenir son amant de cœur, sera difficile, mais si vous êtes vieux, laid, incapable d'être aimé par les autres femmes, vous aurez- avec elle l'éclat tout puissant de votre or... Celle qui, toute jeunette encore, passe son temps à jouer, est demeurée une innocente, vous pourrez faire d'elle ce que vous voudrez...

SIXIÈME IMPRESSION La plantation des cerisiers kNakano-tchô.

Durant le troisième mois ("calendrier de la lune), on pose tout le long de la rue du Milieu, des cerisiers en fleurs, et c'est une journée pleine d'animation, et où la rue est remplie de promeneurs et de promeneuses.

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Une grande composition de Toyokouni, une bande de cinq planches, vous représente cette plantation et la promenade qui s'y fait. Cette plantation est curieuse, parce qu'au moment où commeneentleurs pousses de fleurs, les cerisiers sont plantés en pleine terre, et figurent une all^e de parc qui n'a rien d'une rue de ville, et dans cette sorte de forêt improvisée, c'est un va-etvient de superbes courtisanes, dans le petit cortège de leurs kamourôs et de leur shinzôs, se faisant avec peine un passage, à travers la foule des Japonais, jeunes et vieux, leur jetant au passage des regards et des compliments amoureux. Et c'est vraiment charmant le spectacle des fonds, où à travers la floraison de neige des cerisiers, couvrant tout, il y a l'apparition d'angles riants de maisons, de bouts de toits, de coquets morceaux de femme.

SEPTIÈME IMPRESSION L'absence de la, maîtresse de maison.

Une planche que ne décrit pas Jipensha- Ikkou, est une planche, où la sortie de la maitresse de maison, sans doute pour une excursion dans la campagne, pendant la saison de la floraison des cerisiers ou des chrysanthèmes, amène un cache-cache formidable, dans lequel des

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femmes qui fuient la main qui va les saisir, tombent à plat ventre.

HUITIÈME IMPRESSION Début d'une chanteuse musicienne.

C'est dans le grand salon, au milieu de la curiosité générale des femmes, et des têtes tendues passant par l'entre-deux des portes, le début de la chanteuse, précédé d'une distributions d'écrans, où est écrit son nom, au milieu de vers célébrant sa personne et son talent.

NEUVIÈME IMPRESSION La Fête des lanternes.

Cette fête,. appelée Torô, et qui a lieu au milieu de l'été, montre toute la maison, occupée à attacher des lanternes. Et dans cette fêle les lanternes ont peintes, sur leur transparence éclairée, les caricatures les plus drolatiques.

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