LIVRE IV
La reine cependant , atteinte au fond de l'ame,
Hinc allas caïUes projectaqiie saxa Pachyni 7"" Radiraus; et fatis nunquain concessa moveri
Adparet Camarina prociil, campique Geloi,
Immanisque Gela fluvii cognomine dicta.
Arduus iode Acragas ostentat maxima longe
Moenia, magnanimura quuDdam generator equorum.
Tcque datis linquo ventis, palmosa Sell nus :
Et vada dura Icgo saxis Lilybeia caecis. Hinc Drepani me portus et inlœtabilis ora
Adcipit. Hic, pelagi tot terapcstatibus actus.
Heu! genitorem, omnis curse casusque levamen54, 7'" Araitto Anchisen. Hic me, pater optime, fessum
Deseris, heu! tanlis nequidqnam erepte periclis!
ISec vates Helenas, quum milita horrenda monerct,
Hos mihi pradixit luctus, non dira Cclseno.
Hic labor extremus, longarum haec meta viarum :
Hinc me digressum vestris deus adpulil oris. Sic pater ^neas, intcntis omnibus, unus
Fata renarrabat divum, cursusque docebat.
Conticuit tandem, factoque hic fiue quievit. LIBER IV.
'• ' At regina gravi jam dudum saucia cura'
Nourrit d'un feu secret la dévorante flamme : Le héros , sa beauté , son grand nom , sa valeur, Restent profondément imprimés dans son cœur; La voix d'Enée encor résonne à son oreille, Et sa brûlante nuit n'est qu'une longue veille.
L'ombre à peine éclaircit son humide noirceur, Egarée, éperdue, elle al)orde sa sœur.
Sa sœur, de ses secrets tendre dépositaire; Et de ses feux cachés dévoilant le mystère :
« O toi qui de mon ame es la chère moitié, Ma sœur, lis avec moi dans mon cœur effrayé D'où vient que le sommeil fuit mon ame inquiète? Dans quel tourment nouveau , dans quel trouble me jette Cet illustre étranger reçu dans mon palais ! Si j'en crois sa fierté, si j'en crois ses hauts faits, Sans doute il est issu d'une race divine : Un cœur noble se sent de sa noble origine. Quelle intrépidité, quels revers, quels combats Ont éprouvé son ame, ont signalé son bras! Que d'éclat dans ses traits, de charme en son langage! Qu'au récit des périls que brava son courage Mon ame, eu l'écoutant, se sentoit alarmer I Ah ! si mon cœur flétri pouvoit encore aimer; Si ce cœur, trop puni d'avoir été sensible , Ne s'étoit commandé de rester inflexible; Si, depuis que la mort trahit mes premiers feux, Je pouvois consentir à former d'autres nœuds; Chère sœur, c'eût été mon unique foiblesse ! Oui , depuis qu'un époux si cher à ma tendresse Par mon barbare frère a vu percer son flanc, Et nos dieux paternels arrosés de son sang, Cet étranger lui seul, dans mon ame constante, Ebranla, j'en conviens, ma vertu chancelante; Lui seul, apprivoisant ma farouche pudeur, M'a fait ressouvenir de ma première ardeur : Du feu dont j'ai brûlé je reconnois la trace. Mais des dieux, qui du crime épouvantent l'audace. Que le foudre vengeur sur moi tombe en éclats;
Volnus alit venis, et caeco carpitur igni *. Multa viri virtus anime, multusque recursat' Gentis honos; haerent infixi pectore voltus, Verbaque, nec placidam membris dat cura quietera 4.
Postera Pbœbea lustrabat larapade terras, Humentemque Aurora polo dimoverat umbram *, Quum sic unanimam adloquitur maie sana sororem : « Anna soror, quae me suspensam insomnia terrent!
'O Quis novus hic nostris succcssit sedibus hospes! Quem sese ore ferens! quam forti pectore et armis! Credo equidera, nec vana fides, genus esse deorum. Dégénères animos timor arguit 6. Heu! quibus ille Jactatus fatis! qus bella exhausta canebat! Si mihi non animo fixum immotumque scderet 7, Ne cui me vinclo vellem sociare jugali, Postquam primus amor deceplam morte fefellit; Si non pertaesura thalami t^daeque fuisset, Huic uni forsan potui succumbere culpae.
ï° Anna, fatebor enim, miser! post fata Sychaei Conjugis, et sparsos fraterna cacde Penatis, Solus hic inflexit sensus, anirauraque labantcm 8 Impulit. Adgnosco veteris vestigia flammae 9.