‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 216 sur 391 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Mais le temple siirloiil , quoique égal en grandeur Aux champs où des guerriers, pleins d'une noble ardeur, Venoient rompre la lance, ou d'un élan rapide Heurloient coulre un coursier un coursier intrépide, A peine à contenir ce peuple des enfers ; Il inonde la terre, il obscurcit les airs; L'espace au loin frémit sous leurs ailes bruyantes : Tels ces nombreux essaims d'abeilles bourdounantes, Quand l'astre printanier ramène les chaleurs, Sur la fraîche rosée et sur l'émail des fleurs, En groupes font sortir leur volante peuplade; On d'uu ais qui déborde inondant l'esplanade. Sur leurs palais de chaume, en un conseil nombreux, Des besoins de l'état délibèrent entre eux : Tels éloieul ces guerriers; telle, admise avec peine, Leur foule dans ces lieux se Irouvoit à la gêne. Tout-à-coup, 6 prodige! on donne le signal, Et ce peuple géant de l'empire infernal. Que sa taille égaloil aux enfants de la terre. Pareil à d'humbles nains en un point se resserre : Ainsi le veut Satan. Telle , si l'on en croit L'histoire du Pygmée , en un espace étroit Sa nation s'assemble ; ou tel , au bord de l'onde , Le long des bois, suivant sa course vagabonde, La nuit le berger voit, ou s'imagine voir, D'un peuple aérieu l'humble essaim se mouvoir; Tandis que, suspendue au-dessus de leur lèle, L'amie et le témoni et l'astre de leur fêle, La lune leur sourit : de l'oreille et des yeux. Timide il suit de loin leurs pas mystérieux, Leurs nocturnes ébats, leur voix enchanteresse, Et palpite à-la-fois de crainte et d'alégresse : Tel ce peuple nombreux de l'infernale cour.

By place or choice the v orthiest, ; they aiioii , "Co With hundieds and with thousands, trooping caioe Attended : all access was throng'd : the gates And porches wide, but chief the spacious liall (Though like aco\er'd field, where champions hold Wont ride in arm'd, and at the Soldan's cliair Defied tlie best of Panim chivalry To mortal combat, or career with latice) Thick swarm'd, both on the ground and in the air Brush'd with tlie iiiss uf rustling wings. As bees In spring-linic, when tiie sun witii Taurus rides , . "o Pour forth their |)opulous youth about the hive In clusters; they among fresh dews and flowers Fly to and fro , or on the smoothed ()iank , The suburb of their straw-built citadel, New rubb'd with bahn, expatiate and confer Their state-affairs. So thick the aery crowd Swarm'd and were straiten'd; till, the signtl given. Behold a wonder !

They but now who secm'd lu bigness to surpass earth's giant sons, Now less than smallest dwarfs , in narrow room ;8o Throng numberless, like that pygmean race Beyond the Indian mount; or laery elves. Whose midnight revels, by a forest-side Or fountain, some belated peasant sees.

Or dreams he sees, while over-head tlic moon Sits arbitress, and nearer to llie earth

Naguère trop serré dans ce vaste séjour,

Toul-à-coup a réduit sa stature hautaine ,

¥A la foule en un point se meut enfin sans peine.

Seuls, dominant de loin leurs flots respectueux,

Chérubins . séraphins, leurs chefs majestueux ,

Gardent leur port altier et leur taille imposante.

Pour le conseil secret chacun d'eux se présente ;

Tous , sur leur trône d'or avec pompe exhaussés ,

Comme un sénat de dieux à leur rang sont placés ;

Un ordre solennel commande le silence ;

On se tait, on attend, et le conseil commence.

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