‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 219 sur 391 · V- I lIic.H on a throne of roval slate, which far · texte numérisé non relu

V- I lIic.H on a throne of roval slate, which far

PARADIS PERDU

Efface de l'Indiis la pompe impériale ,

Et le riche Orient, qui prodigue à-la-fois

L'or, la perle et l'ivoire au luxe de ses rois ,

Satan , dans tout l'éclat de sa magnificence ,

S'assied en souverain : triste prééminence,

Qui paya son mérite et nourrit son orgueil !

Le plus haut rang pour lui n'est qu'un plus haut écueil,

Son désespoir l'y suit, conseiller téméraire,

Qui rallume l'audace au feu de la colère.

C'éloit trop peu pour lui du trône des enfers;

Mal instruit par sa chute , il brave les revers ;

Et flattant de ses vœux l'orgueilleuse impuissance ,

Il déploie en ces mots sa superbe espérance :

« Rois, princes, potentats, divinités du ciel , Car puisque cet clan d'un esprit immortel, Tout accablé qu'il est d'un joug illégitime, Ne peut rester captif dans rélcrncl abîme, Croirai-je que le ciel soit à jamais perdu ? Non, vers l'heureux séjour dont il est descendu , Sa chute lui redonne un espoir plus rapide : Qui tomba sans frayeur se relève intrépide. Pour mot, mon rang supicme et votre libre choix Sur le trône où je siège établissent mes droits ; El peut-être à ces droits , dont mon orgueil s'honore , Ce que j'ai fait pour vous peut ajouter encore : Enfin , dans ce haut rang , j'ai pour moi nos revers. Il est peu d'aspirants au sceptre des enfers ; C'est au séjour du ciel que doit régner l'envie : Là, d'un dépit jaloux la faveur est suivie ; Mais de mon sceptre affreux qui voudroit se charger .'' Plus le pouvoir est grand , plus grand est le danger. D'où les biens sont bannis , l'ambition s'exile ; Le séjour du malheur de la paix est l'asile.

Outshone the wealth of Ormus and of Ind,

Or where the gorgeous East with ricliest hand

Showers on her kings barbaric pearl and gold,

Satan exalted sat, by merit rais'd

To that bad emibcnce : and, from despair

Thus high uplifted bcvond hope, aspires

Beyond thus high, insatiate to pursue

Vain war with Heaven; and, by success untaught,

»o His proud imaginations thus display'd.

«Powers and dominions, deities of Heaven; For since no deep within her gidf can hold Immortal vigour, though oppress'd and fall'n, I give not Heaven for lost. From this descent Celestial virlues rising, will appear More glorious and more dread than from no fall , And trust tliemselves to fear no second fate. Me though just right, aiid the fix'd laws of Heaven, Did first create your leader; next, free choice,

>° With what besides, in counsel or in fight, Hath been achiev'd of merit; yet this loss. Thus far at least recovered, hath much more Establish'd in a safe unenvied throne.

Yielded with full consent. The happier slate In Heaven, which follows dignity, might draw Envy from each inferior; but who here Will envy whom the highest place exposes Foremost to stand against the Thunderer's aim. Your bulwark, and condemns to greatest share

Qui voudroit , mécontent de sa part de douleurs , En croissant de pouvoir, accroître ses malheurs ; Et , jaloux des dangers que le sort m'abandonne , Disputer à mon front ma brtilante couronne ? Non , non , laissons au ciel la folle ambition : L'excès de nos malheurs scella notre union. Mettant donc à profit un si triste avantage. Osons reconquérir notre antique héritage ; Plus heureux , nous serions bien moins sûrs du bonheur. Écoutons l'intérêt, interrogeons l'honneur : Pour réparer nos maux, pour venger notre perte, Choisissons de la ruse ou de la guerre ouverte. J'attends votre conseil. »

Il achève ; et soudain , Le premier en pouvoir après son souverain , De tous ceux qui formoient cette ligue coupable Le plus fort, le plus fier et le plus indomptable, Moloch , qui se disoit égal à l'Éternel , Qui vouloit ou périr ou régner dans le ciel , Et dont le désespoir, aigri par ses disgraces. Oublia Dieu , le ciel, l'enfer et ses menaces. L'affreux Moloch se lève , et s'exprime en ces mots :

« Vengeance ! guerre ouverte à l'auteur de nos maux ! Je déteste la feinte et connois peu la ruse ; Dans un pressant danger le lâche seul en use. Quoi ! tandis que le temps se perd en vains complots , Faut-il que tout un peuple, indigné du repos. Attendant le signal, dévore ici l'outrage, Trop heureux d'obtenir un tranquille esclavage , Et , captif résigné dans un coin des enfers , De boire en paix la honte et de ti'aîner ses fers ; Tandis que, triomphant de notre ignominie, Par nos honteux délais règne la tyrannie !

3" Of endless pain ? Where there is then no good For which to strive, no strife can grow up there From faction; for none sure will claim in Hell Precedence; none, whose portion is so small Of present pain, that with ambitious mind Will covet more. With this advantage then To union, and firm faith, and firm accord. More than can be in Heaven, we now return To claim our just inheritance of old.

Surer to prosper than prosj>erily

40 Could have assur'd us; and, by what bes' way. Whether of open war, or covert guile.

We now debate : who can advise, may speak. »

He ccas'd; and next him Moloch, scepter'd king. Stood up the strongest and the fiercest spirit That fought in Heaven, now fiercer by despair : His trust was with the' Eternal to be deem'd Equal in strength ; and rather than be less Car'd not to be at all; with that care lost Went all his fear : of God, or Hell, or worse,

So He reck'd not, and these words thereafter spake. « My sentence is for open war : of wiles, More unexpert, I boast not: them let those Contrive who need, or when they need, not now. For, while they sit contriving, shall the rest. Millions that stand in arms , and longing wait The signal to ascend, sit lingering here. Heaven's fugitives, and for their dwelling-place

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