‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 327 sur 391 · D'UNE ODE ADRESSÉE A LE FUANC DE POMPIGNAN · texte numérisé non relu

D'UNE ODE ADRESSÉE A LE FUANC DE POMPIGNAN

De Thémis autrefois soutenant la balance. Des fragiles mortels lu pesois les destins ; Et le poids du crédit, celui de la puissance, Ne l'ont point fait pencher dans tes fidèles mains.

Vile adulation, la lâche perfidie Trompe el séduit les grands avec dextérité; Le Franc, ce fut toi seul de qui la voLx hardie Osa faire à ton roi parler la vérité '.

Du maîue des humains lu nous peins la puissance ' : Il parle, l'univers est sorti du chaos; Les cieux ont sous ses mains courbé leur voûte immense ; La terre au loin s'étend , la mer roule ses eaux.

Il commande, et soudain de fiin à l'autre pôle. Et la terre et les mers el les cieux confondus , Par lui créés d'un mol, au son de sa parole, Dans l'antique chaos tombent , et ne sont plus.

Le luxe impérieux qui règne dans nos villes, En dégradant la terre, amène un goût pervers: Le riche l'abandonne à des âmes serviles; Le poêle orgueilleux lui refuse ses vers.

Tel on voit le lierre, à l'ombre qui le cache , Ramper dans les forêts, et languir sans appui ; S'il rencontre le chêne, à son tronc il s'attache. Embrasse ses rameaux el s'élève avec lui ^.

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