LIVRE I
Mais l'art du laboureur pciil lout après les dieux. Dans les cliaui))s lu semeuce esl-elle déposée ? Il la couvre à l'instaiit sous la glèbe écrasée; Puis d'un fleuve , coupé par de nombreux canaux ^1, Court dans chaque sillon distribuer les eaux.
Si le soleil brùlaut fléiril Iherbe mourante, Aussitôt je le vois par une douce pente Amener, du sonmicl d'un rocher sourcilleux. Un docile ruisseau , qui sur un lit pierreux Tombe, écume, et, roulant avec un doux murmure. Des champs désaltérés ranime la verdure.
Tantôt, pour empêcher qu'un tVèle chalumeau Ne languisse accablé sous un riche fardeau. Dès qu'il voit du sillon sortir ses blés superbes, Il livre à ses troupeaux le vain luxe des herbes. Tantôt son bras actif, desséchant des marais. De leurs dormantes eaux délivre les guérets; Sur-tout lorsque, gonflant ses ondes orageuses, Tin fleuve a submergé les campagnes fangeuses. Et que du noir limon dont les champs sont couverts L'exhalaison impure empoisonne les airs.
Mais malgré tant de soins, malheureux que nous som- Malgré les animaux qui secondent les hommes , [mes ! Tout n'est pas fait encor; crains pour tes jeunes blés ^8 L'ombre, et l'herbe indomptable, et les brigands ailés ^9. Tel est l'arrêt fatal du maître du tonnerre : Lui-même il força l'homme ^^ à cultiver la terre ; Et, n'accordant ses fruits qu'à nos soins vigilants, Voulut que l'indigence éveillât les talents.
Avant lui point d'enclos, de bornes, de partage; La terre étoil de tous le commun héritage; Va, sans qu'on l'arrachât, prodigue de son bleu, la terre donnoit plus à qui u'exigeoit rien.
Inscquitur, cumtdosquc ruit maie pioguis arenae? Deindc satis fluviuni iiiducit ri\-osquc seqiicntes?
Et, quiim exustus ager moricntiluis œstuat herbis, Ecce siipercilio clivosi traruilis undam Elicit, ilia cadens raucuni per levia inurmiir
"o Saxa cict, scatebrisqiic arcntia tcrapcrat arva.
Quid, qui, ne gravidis procumbat cuimus aristis, Luxuriem segotura tcncra depascit in hciba, Quiira primiim sulcos a-quant sata ? quique paludis CoUectum humorcui bibula deducit arena ? Prœsertim incertis si racnsibus amnis abuudans Exit, et obducto late tenet omnia lime, Unde cavœ tepido sudant humore lacunae.
Ncc tamcn, haec quum sint horainumque boumque labores 'Versando terrara expert! , nihil improbus anser,
■20 StrimonitEque grues, et amaris intiba fibris, Officiunt , aut umbra nocct. Pater ipse colendi Haud facilcra esse viam voiuit, primusqiie per artem Movit agros, curis acuens raortalia corda, Nec torpere gravi passus s tia régna veterno. Ante Jovem nulli subigebaut arva coloni; Nec signare quidem aut partir! limite campum Fas erat. In medium quairebant, ipsaquc tellus Omnia liberius, nuUo posccntc, lerebat.
lUe malum virus scrpcutibus addidil atris,
i3o Pr.xdariquc hipos jussit, pontumque moveri, Mellaque dccussit l'oliis, ignemque removit, El passim rivls curreutia vina repressit;
C'est lui qui, proscrivant une oisive opulence,
Par-tout de son empire exila l'indolence.
Il endurcit la terre, il souleva les mers,
Nous déroba le feu , troubla la paix des airs ,
Empoisonna la dent des vij>ères livides,
Contre l'agneau craintif arma les loups avides.
Dépouilla de lein- miel 3i les riches arbrisseaux,
Et du vin dans les champs fit tarir les ruisseaux.
Enfin l'art à pas leuts vint adoucir nos peines ;
Le caillou rend le feu recelé dans ses veines ;
La terre obéissante et les flots étonnés
Par la rame et le soc déjà sont sillonnés;
Déjà le nocher compte et nomme les étoiles;
Des chiens lancent un cerf, le chasseur tend ses toiles;
La glu trompe l'oiseau ; le crédule poisson
Tombe dans des filets, ou pend à l'hameçon.
Bientôt le fer rougit dans la fournaise ardente ;
J'entends crier la dent de la lime mordante ;
L'acier coupe le bois que décliiroient les coins.
Tout cède aux longs travaux , et sur-tout aux besoins.
Quand Dodoue ^2 aux mortels refusa leur pâture , Cérès vint des guérets leur montrer la culture. De ces nouveaux bienfaits sont nés des soins nouveaux ; La rouille 33 vient ronger le fruit de nos travaux ; La ronce naît en foule 34, et les épis périssent ; D'arbustes épineux les sillons se hérissent ; Et Cérès, à côté de ses plus riches dons. Voit triompher l'ivraie, et régner les chardons.
Tourmente donc la terre , appelle donc la pluie , Chasse l'avide oiseau, détruis l'ombre ennemie; Ou , bientôt affamé près d'un riche voisin , Retourne au gland des bois pour assouvir la faim.
Mais les moments sont chers : hâte-toi de connoître
Ut varias usus meditando extunderet artes Paulatim, et sulcis frumenti qu;crcrct herbara; Ut silicis venis abstrusum excuderet ignem. Tune alnos primum fluvii sensere cavatas; Navita turn slellis numéros et nomina fecit, PIciadas, Hyadas, claramque Lycaonis Arcton. Turn laqucis captare feras, et fallere visco
i4o Inventum, et magnos canibus circumdare saltus. Atquc alius latum funda jam verbcrat amnem Alla pctens , pelagoque alius trahit humida liiia. Tum ierri rigor, atque arguta; lamina scrrne; Nam primi cuneis sciudebant fissile lignum : Tum variae venere artes. Labor omnia vicrt Improbus, et duris urgens in rebus egestas. Prima Ceres ferro mortales vcrtere tcrrûui Instituit, quum jam glandes atque arbuta sacrœ Deficcrent silvae, et viclum Dodona negaret.
i5o Mox ct frumentis labor additus, ut mala culraos Essct rubigo, segnisque horreret in arvis Carduus. Intcreunt segetes ; subit aspera silva, Lappa?que tribulique; intcrque nifcntia culta Infclix lolium et stériles dominantur avenae.
Quod nisi et assiduis terram insectabere rastris. Et sonitu terrebis aves, et ruris opaci Falce premes umbras, votisque vocaveris irabrem; Heu! magnum alterius frustra spectabis accrvum, Concussaquejamem in silvis solaberc quercu.
i6o Diceudum, ct qua; siut duris agrcstibus arma.
LES GEORGIQUES
Ce qui doit composer Ion arsenal cliampèlre.
D'abord on forge un soc; ou taille des tiaincaux 3S;
De leurs ongles de fer on arme des ràleaux;
On entrelace en claie un arbuste docile ;
Le van 3fi cliasse des grains une paille inutile;
Le madrier pesant ^tc sert à les foider;
Et des chars au besoin seront prêts à rouler.
Sans tous ces insirumeuls, il n'est point de culture.
De la charrue enfui dessinons la slruclure. D'abord il faut choisir ^7, pour eu former le corps , Un ormeau que l'on covnbe avec de longs efforts. Le joug qui l'asservit ton robuste attelage, Le manche qui conduit le champèlrc équipage, Tour soulager les mains et le front de tes bœufs, Du bois le plus léger seront formés tous deux. Le fer, doni le tranchant dans la terre se plonge. S'enchâsse entre deux coins, d'oii sa pointe s'alonge. Aux deux côtés du soc de larges orillons. En écartant la terre, exhaussent les sillons. De huit pieds en avant que le limon s'étende; Sur deux orbes roulants 3* que la main le suspende : El (|u'enfin tout ce bois, prouvé par les feux. Se durcisse à loisir sur ion foyer fumeux.
Il est mille autres soins consacrés par nos pères; Ne dédaigne donc pas ces préceptes vulgaires. D'abord, (ju'un long cylindre également roulé Aplanisse la terre où lu battras le blé. Si d'un ciment visqueux les mains ne la pélrissent , D'herbes et d'animaux les feules se remplissent : Là, l'immonde ciapaud dans ini coin s'assoupit; Dans son trou tortueux la taïqie se tapit; Prévoyant les besoins de la triste vieillesse, La fourmi diligente y butine sans cesse ; Le charançon ^g dévore un vaste amas de grains; El le mulot remplit ses greniers souterrains.
Queis sine ncc potuere scri , nec siirgere messes. Vomis, et inflexi primuiu grave robur aratri, Tardaque Elcusiiiae matris vulvcnlia platistra, Tribiilaquc, tiahca-que, et iniqno pondère rastri; Virgca prœterea Cclei viiisque siipellex, Arbutete crates, cl mystica ^anniis lacchi; Omnia qure multo ante mcmor provisa repones , Si le digna nianct divin! gloria ruris.
Continuo in silvis magna vi flesa domatur >:" In burini, et ciirvi forniam accipit ulnins aratri. Hiiic a slirpe pedes temo protentns in octo, Binx aures, dnplicl aptaiilur dentalia dor.so. Cœditur et tilia ante jngo levis, altaqne fagus, Stivaqiie , quœ currus a lergo torqneat imos : Et suspensa focis explorct robora fumus.
Possum multa tibi veteriim prœcepta referre , ISi refuçis, tcnuesque piget cognoscerc ctiras. Area eum primis ingcnti aequanda cylindro , Et vertenda manu, et creta solidanda tcnaci, iSo ^'e subeant bcrbse, neu pulvere vicia fatiscat, Tum varra illiidanl pestes : sa-pe exiguus mus Sub terris jiusuitqiie domos atque horrea fceit; Aut ocuiis eapli fodere cubilia lalpas; luventusque cavis bufo, et qnœ plurima lerrx Monstra l'erunt; popidalqnc ingéniera farris accrvnm Curc'ilio, atque iuopi mcluens formica seuecta;.
Peul-êlre \oudrois-lu, dès la saison de Flore, Prévoir ce que pour loi Télé va faire éclore ? Regarde l'amandier reverdir tous les ans, Et courber en festons ses rameaux odorants : Abonde-t-il en fleurs .■' par des rhaUurs ardentes Le soleil nuirira des moissons aboudanics ; Si des feuilles sansfruil surchargent ses rameaux, Le fléau ne battra que de vains chalumeaux.
Des légumes souvent 4» l'enveloppe infidèle Déguise la maigreur des fruits qu'elle recèle. Pour (juils soient mieux nourris, el pour rendre le grain Plus prompt à s'amollir en bouillant dans l'airain. J'ai vu dans le marc d'huile et dans une eau uitrée Détremper la semence avec soiu préparée : Remède infructueux! inutiles secrets!
Les grains les plus heureux, malgré tous ces apprcis, Dégénèrent enfin, si l'homme avec prudence Tous les ans ne choisit la plus belle semence. Tel esl l'arrêt du sort : tout marche à son déclin. Je crois voir uu nocher qui, la rame à la main, Lutte contre les flots, et les fend avec peine; Suspend-il ses efforts .-' l'onde roule et l'entraîne.
Il faut savoir encore iulerroger les cicux. L'Arcture, les Chevreaux, le Dragon lumineux, Sont pour le laboureur d'aussi fidèles guides Que pour l'adroit nocher, qui sur des mers perfides, Implorant son pays, la lerie, et le repos. Du détroit de Léandre ose affronter les flots.
Observe donc leur cours. Sitôt que la Balance Du travail, du repos, du bruit et du silence. Rendra l'empire égal, et du Irône des airs Entre l'ombre et le jour suspendra l'univers. Avail 1 que des vents froids 4 > le souffle la resserre. Tandis qu'elle est traitable , on façoiuie la terre: De tes taureaux nerveux aiguillonne les flancs;
Contemplator item, qunm se nux plurima silvis Induel in florcm, cl ramos curvabit olenles. Si superant fetus, paritcr frumcnla sequenfur,
«9° Magnaque cura niagno véniel triUira calorc; Al si luxuria loliorura exuberat uiul)ra, Nequidquam pingncs palea leret area cniraos.
Semina vidi eqnidera nudlos racdicare serentes. Et nitro prlus et nigra perfundere amurca, Grandior ut feins siliquis fallacibus esset; El, quaravis igni exiguo properala niaderent, Vidi lecta diu, el raulto spectata labore, Degenerare lamen , ni vis humana quotannis Maxima quxqae manu legcrel. Sic omnia fatis
20» In pejus ruere, ac rclro sublapsa referri.
Non aliter qnam qui adverso vix flimiine lcnJ)Uin Ucmigiis subigit; si brachia forte rcmisit, Atque illum in pra;ccps prono rapil alveus amni.
l'rocterea tara sunt Arcturi sidéra nobis, ILxdorunique dies servandi, et lucidns Anguis, Quam quibus in palriam ventosa per .-Equora vectis Ponttis et ostriferi fauces lentantur Al)ydi.
Libra die somnique pares ubi feccril boras. Et medium luci alqne umbris jam dividit orbem,
2'" Exerccte, viri, lauros; serite bordoa cam[iis, Dsque sub extrcuiiuii brunf.e intractabilis imbrcm. Nec non cl lini segelcm , el Cerealc papavcr.
Sème l'orge 43, K- Un, les pavots nourrissanis ; Ne r|uitte poinl le soc : liàte-toi; les tempêtes Vont verser les lorrcnls suspendus sur nos tètes.
Sitôt que dans nos champs 4^ Zépliire est de retonr, On y sème la fève; et cpianJ l'aslre du jour 44, Ouvrant dans le Taureau sa brillanie carrière, Engloutit Sirius45 dans des Ilots de lumière, Les sillons amollis reçoivent les sainfoins, Et le millet doré 46 redemande tes soins.
Préfères-tu des blés, dont les gerbes flottantes Roulent au gré des vents leurs ondes jaunissantes ? Attends juscpi'au lever 4; de la Cloiironnc d'or. Plusieurs jettent leurs grains quand Maïa luit eucor : Mais la terre à regret reçoit cette semence, Et de maigres épis trompent leur espérance. La faisole à tes soins a-t-elle quelque part ? Jusqu'à l'humble lentille abaisses-tu ton art ? Attends que dans les cieux 48 disparoisse l'Arcture, Et poursuis jusqu'au temps où règne la froidure.
Pour régler nos travaux, pour marquer les saisons, L'art divisa du ciel les vastes régions. Soleil, ame du monde, océan de lumière. Douze astres différents partagent ta carrière. Cinq zones 49 de l'olympe embrassent le contour : L'une des feux brûianis est l'aride séjour; Deux autres, qu'en tout temps attriste la froidure, Des deux pôles glacés ont formé la ceinture : Mais entre ces glaçons et ces feux éternels. Deux autres ont reçu les malheureux mortels; Et dans son cours brillant bernent l'oblique voie Où du dieu des saisons la marche se déploie.
Le globe vers le nord ^° hérissé de frimas
Tcmpus humo tcgerc, et jamdudum incnmberc arattis, Duin sicca tellure licet, dum iiubila pendent.
Vere fabis satio : tum te qiioque, medica, piilres Accipiimt sulci, el milio vciiit annua cura, Candidas auratis apeiit quum cornibus annum Taurus, et adverse cedens Canis occidit astro.
At si triliceam in messem robustaque farra '»" Exercebis luimum, solisque instabis aristis; Ante tibi Eoas Atlantides abscondantur, Gnosiaque ardentis décodât Stella Corooje, Débita quam sulcis committas semina, quamque Invitae properes anni spcm credere tcrrae. MuUi anle occasum Mais cœpcre; sed illos Exspcctata scgcs vanis elusit aristis.
Si vcro vicianjque seres vilemque faselum, Nec Pelusiacae curain aspernabere lentis; Haud obscura cadens raittet tibi signa Bootes. 2''o Incipe, et ad médias sementem extcnde pruinas.
Idcirco certis dimensum parlibus orbem Per duodena regit inundi sol aureus astra. Quinque tcnent cœlura zonse, quarum una corusco Semper sole rubens, el torrida semper ab igni; Quam circum exlremse dcxlra LTvaque traluuitur, CcEFulea glacie concrela; atque imbribus alris. Has inter raediamque duse mortalibus fcgris Munere concessœ divum, via secta per ambas , Obliquus qua se signorura verterct ordo. ^4° Mundus, ul ad Scjtbiam Fdiipa-asque arduus arces Consurgit, preniitur Libyœ devcxus iû austros.
S'élève , el redescend vers les brûlants climats. Notre pole des cieux voit la clarté sublime : Du Tarlare profond l'autre touche l'abimc. Caiisto^', dont le char ciaint les flols de Téthys, Vers les glaces du nord brille auprès de son fds; Le Dragon les eudjrasse ainsi qu'un fltuve immeuse. Le pôle du midi ^'^ noir séjour du silence. N'offre aux tristes humains qu'une éternelle nuit; Peut-être en nous quittant Phébus chez eux s'enfuit; Et lorsque ses coursiers nous soufflent la lumière, Pour eiLX l'obscure nuit conmience sa carrière.
Le globe ainsi connu t'annonce les saisons; Quand il faut ou semer, ou couper les moissons. Abattre le sapui destiné pour Neptune, Aux infidèles mers confier sa fortune : Et ce n'est pas en vain que ces astres brillants En quatre temps égaux nous partagent les ans.
Plusieurs font à loisir, retenus par l'orage. Ce qu'il faudroit hâter sous un ciel sans nuage : Ils aiguisent leur soc, ils comptent leurs boisseaux; Creusent une nacelle s^, ou marquent leurs troupeaux ; Préparent des liens à leurs vignes naissantes ; Taillent des pieux aigus, des fourches menaçantes: La meule met en poudre ^^ ou le feu cuit leurs grains; El le jonc en panier s'arrondit sous leurs mains.
Les fêtes même, il est un travail légitime. Ne peut-on pas alors, sans scrupule et sans crime. Tendre un i)iége aux oiseaux , embraser des buissons D'un mur tissu d'épine entourer ses moissons. Ou rafraîchir ses prés que la chaleur altère. Ou baigner ses brebis ^^ dans une eau salutaire ? C'est dans ces mêmes jours que, libre de travaux,
Ilic vertex nobis semper sublimis; at ilium
Sub pedibus Styx alra videl, Mancsque profundi.
Mavimus hie flexu sinuoso elabilur Anguis
Circum, perque duas in morem flumiiiis Arctos,
Arclos Occaui mctucntes a-quore tingi.
lllic, ul periiibent, aut inlcmpesla silet nox
Semper, et obtenta densantur node tcnebra;;
Aut redit a nobis Aurora diemque reducit; 2^0 ISosque ubi primus equis Oriens afflavit anhclis,
lllic sera rubens acccndit lumina Vesper, nine tempestatcs dubio priediscerc coelo
Possumus, hinc messisque diem lempusqtie serendi;
Et quando infidum remis impcUere marmor
Convcniat; quando armatas deducere classes ,
Aut tempeslivam silvis everlere pinum.
N'ec frustra siguorum obitus speculamur et ortus,
Tcmpcribusque parem divcrsis quatuor annum. Frigidus agricolam si quando continct iiuber, î6o Multa , forent quœ mox cœlo properanda sereuo ,
Malurare daUir. Durum procudit arator
Vomeris obtusi dentcm; cavat arbore lintrcs;
Aut pccori signuin, aul numéros impressit acervis.
Exacuunl alii vallos furcasque Iiicornes,
Atque Amerina parant lent* reliuacula vili.
INunc facilis rubea texatur fiscina virga;
Nunc torrele igni fruges, nunc frangitc .saxo. Quippc etiam testis quidam exercere diebus
Fas ct jura sinunt : rivos deducere nulla 270 Relligio vctuil, segeli prœtendere scpem.
LES GÉORGIQUES
Chacun porte aux cités les presents des hameaux ; El , rapporlant chez soi h^s tril)uls de la ville ^6, Presse les pas tardifs de son âne indocile.
La lune apprend aussi , dans son cours inégal , Quel jour à tes travaux esl propice ou fatal. Le cinciuicmc est funeste; en ce jour de colère Naquirent Érinnys, Tisiphone, IMégère, Et vous, fameux Titans, géants audacieux. Que la Terre enfanta \wi\t attaquer les cieux. Trois fois, roulant des monts ^7 arrachés des campagnes, Leur audace entassa montagnes sur nionlagnes, Ossa sur Pélion, Olympe sur Ossa ; Trois fois, le foudre en main, le dieu les renversa.
Au dixième croissant de la lune nouvelle, On peut, du fur taureau dompter le front rebelle, Planter la jeune vigue , ou d'une agile main Promener la navette errante sur le lin. Une clarté plus pure embellit le neuvième : Le brigand le redoute, et le voyageur l'aime. Chacun a son emploi ; mais, dans ce choix du temps, Ainsi que d'heureux jours, il esl d'heureux instants. Faul-il couper le chaïune ? on le coupe sans peine , Quand la nuit l'a mouillé de son humide haleine: Pour dépouiller les prés, attends que sur les (leurs L'Aurore en souriant ait répandu ses pleurs.
Plusieurs pendant l'hiver, près d'un foyer antique, Veillent à la lueur d'une lampe rustique : Lein- compagne près d'eux , parlageani leurs travaux , Tantôt d'un doigl léger fait rouler ses fuseaux ; Tantôt cuit dans l'airain le doux jus de la treille, Et charme par ses chants la longueur de la veille. Mais c'est en plein soleil, dans l'ardente saison, Qu'au tranchant de la faux on livre la moisson,
Insidijis avibus moliri, inccndere vcprcs, Balautnmque grogcm flm-io mersaro salubri. Saepe oleo tard! costas agitator aselli Vilibus aut onerat poiiiis, lapidcmquc revertcns Incusum, aut atra; massam picis, iirbe reportât.
Ipsa dies alios alio dcdit ordinc liina Felices operum. Quintain fiige; pallidus Orcus, Eumcnidesque satac ; turn partu Terra nefando Cœumquc lapeturaquc crcat, SKvunique Typhœa ,
280 |,;t conjurâtes cœlum rescindere fratres. Ter sunt conati iniponcre Pclio Ossam Scilicet, atque Ossa: frondosum involvere Olympum; Ter pater exstructos disjccit fulmine montes.
Septima post decimam fclix, ct ponere vitem. Et prensos domitarc boves, et licia telse Addere : nona fugae niclior , contraria furtis. Multa adeo gelida melius se noctc dedere, Aut quum sole novo terras irrorat Kous. Noctc lèves melius stipulae, nocte arida prata
'90 Tondentur ; noctcs Icntus non deficit humor. Et quidam seres hiberni ad luniinis ignes Pervigilat, ferroque faces iospicat acuto. Interea , longum cantu solata laberem , Arguto cenjux percurrit pectine tolas, Aut dulcis musli vulcano decoqnit bumercm. Et ftfliis undam trepidi despumat aheni. At rubicunda Ceres medio succiditur acstu , Et medio testas a^slu teiit area fiusrcs.
Que sur l'épi doré le fléau se déploie. Donne aux soins les beaux joins, et l'hiver à la joie. L'hiver, tel qu'un nocher qui, jiiein d'un doux tiansjiori , Couronne ses vaisseaux triomphants dans le port , Traiifpiille sous le chaume, à l'abri des tempêtes. L'heureux cultivateur donne ou reçoit des fêtes: Pour lui ces tristes jours rappellent la gaité ; Il s'applaudit l'hiver des travaux de l'été.
Alors même sa main n'est pas toujours oisive ; De l'arbre de Pallas il recueille l'olive; Le myrte de Vénus lui cède un fruil sanglant, Et le laurier sa graine, et les chênes leur gland. Les flots sont-ils glacés, les champs couverts de neige ? Il tend des rets au cerf, prend l'oiseau dans un piège Ou presse un lièvre agile, ou, la fronde à la main, Fait siffler un caillou qui leriasse le daim.
D'au 1res temps, d'autres soins. Dirai-^je à quels désasires De l'aulomne orageux nous exposent les astres. Quand lesjours sont moins longs, les soleils moinsardenis Ou <pieîs torrents affreux éj)anche le printemps , Quand le blé d'épis veris a hérissé les plaines , Et des Dois d'im lait pur déjà gonfle ses veines ?
L'élé même, à l'instant qu'on lioit en faisceaux Les épis jaunissants qui lombenl sous la faux, J'ai vu les venis, grondant sur ces moissons superbes Déraciner les blés , se disputer les gerbes , El , roulant leurs débris dans de noirs tourbillons , Eidever, disperser les trésors des sillons.
Tantôt un vaste amas d'effroyables nuages. Dans ses flancs ténébreux couvant de noirs orages, S'élève, s'épaissit, se déchire; et soudain La jiluie, à flots pressés, s'échappe de son sein; Le ciel descend en eaux , et couche sur les p-laioes
Nudns ara, serc nudus : hicms ignava colono. 3oo l'rigoribus parto agricola: plcrumquc fruuntur , Mntuaque inter se la;ti convivia curant. Invitât gcnialis hiems , curasque resolvit : Ceu pressa; quum jam portum tetigcrc carina; , Puppibus et lœti nauta; iniposuerc coronas.
Scd tamcn et qucrnas glandes tum stringcre Icmpus, Et lauri baccas , oleamquc , cruentaque myrta; Tum gruibus pedicas et retia poncre cervis, Auritosque sequi lepores; tum figere damas Sluppea terqucntem Balearis verbera fundae , 3io Quum nix alla jacet , glacicm quum flumina Irudunt.
Quid tempestates auctumni et sidéra dicam ? Atque, ubi jam breviorque dies, et mollior œstas, Quœ vigilanda viris ? vel, quum ruit imbriferum ver ; Spicea jam campis quum me ssis inhorruit , «t quum Frumenta iu viridi stipula lactentia turgent ?
Saepe ego , quum flavis messorem induceret arvis Agncola,et fragili jam stringeret hordea culmo. Omnia ventorum concurrerc praelia vidi, QuiE gravidam late scgetem ab radicibus irais 3'o Sublime expulsam eruerent; ita turbine nigro
Ferret hiems culmumque levem stipulasquc volantes.
Saepe etium immcnsum cœlo venit agmen aquarum. Et fœdam glomcrant tempestatem irabribus atris Collecta; ex alto nubes : ruit arduus stlier. Et pluvia ingenti sata laeta boumquc labores Diluil; iuiplcntur lossa; , ct cava flumiua crescunt
Ces rianles moissons, vains fruits de lanl de peines ; Les fossés soni remplis; les fleuves déhordes Roulent en mugissant dans les champs inondés ; Les torrents hondissanis précipitent leur onde, Et des mers en coin-roux ^^ le noir ahime gronde. Dans cette nuit affreuse, en\ironné d'éclairs, Le roi des dieux s'assied sur le trône des airs : La terre Iremhle an loin sous son maitre (pii tonne ; Les animaux ont fui^->; l'homme éperdu frissonne; L'univers éhranlé '''' s'épouvante... le dieu. D'un hras élincelant dardant un trait de feu, De ces monts si souvent mutilés par la foudre. De Rhodope ou d'Athos niel les rochers en poudre, Et leur sommet hrisé vole en éclats fumants : Le vent croit, l'air frémit d'horrihles sifllements ; En torrents redouhlés les vastes cieux se fondent; La rive au loin gémit, et les hois lui répondent.
Pour prévenir ces maux, lis aux voûtes des cieux; Suis dans son cours errant le messager des dieux ; Observe si Saturne"^' est d'un heureux présage: Sur-tout aux dieux des champs présente un pur hommage. Quand romhrage*^^ au printemps invile au doux sommeil, Lorsque l'air est plus doux, l'horizon plus vermeil, Les vins plus délicats, les victimes plus belles, Offi e des vœux nouveaux pour des moissons nouvelles ; Choisis pour temple un bois , un gazon pour autel , Pour offrande du viu*'^, et du lait, cl du miel : Trois fois autour des blés on conduit la victime ; Et trois fois, enivré d'une joie unanime. Un chœur nombreux la suit en invoquant Cérès : Même, avant que le fer^-i dépouille les guérets, Tous entonnent un hymne; et, couronné de chêne, Chacun d'un pied pesant frappe gaimeul la plaine.
Si ce culte pieux n'obtient pas de beaux jours,
Cum sonitu , fervetque frelis spirantibus aequor. Ipse pater, media nimborum iu nocte , curusca FïibuiiKi iDolitur dcxtia; quo inaxiiua motu
33o Terra tieniit , fiigcre fer* , et mortalia corda Per gcntes Luniills stravil pavor. Ulc flagranti Aut Atbo , aut Rhodopen , aut alla Ceraiinia telo Dejieit. higcminant austri, et dciisissimus imber; Nunc nciBora ingenti vcnto, nunc litora plangunl.
Hoc luetucns , cœli raenscs et sidcra serva, Frigida Saturni sese quo Stella rcceptct, Quos ignis cœli Cyllenius erret in orbes. In priiuis vencrarc deos, atque annua maguae Sacra refer Cercri , la;lis opcratus in herbis ,
3'io Extrem;e sub casum blêmis , jam vere sereno : Tune agni piiigues, et tune mullissima vina , Tune sorani dulecs, densaque in montibus umbr». Cuncta tibi Cererem pubes agrestis adorct; Cui tu lacté favos et miti dilue bacrho ; Terque novas eireum felix eat bostia fruges , Omnis quam chorus et socii comitcntur ovanlcs. Et Cererem elamore vocent in tecta ; neque ante Faleem maturis quisquam suppnnat aristis , Quam Cercri, torla redimilus teiiipora quercu,
3^" Det motus inconipositos, et cannina dicat.
Atque hacc ut certis possimus discere signis, fctusque , |)luviasqne, et agentes frigora ventos, Ipse pater staluit, quid menstrua luna moncret,
La lune de l'orage annonce au moins le cours; El le berger connoil par d'assurés présages Quand il doit éviter les lointains pâturages. An premier sifflcmenl des vents tumultueux , - Tantôt, au haut des monts, d'un bruit impétueux On entend les éclats ; tantôt les mers profondes Soulèvent en grondant , et balancent leurs ondes , Tantôt court sur la plage un long mugissemeul, Et les noires forêts murmurent sourdement. Que je plains les nochers , lorsqu'aux prochains rivages Les plongeons effrayés, avec des cris sauvages. Volent du sein de l'onde, ou quand l'oiseau des mers Parcourt en se jouant les rivages déserts , Ou lorsque le héron , les ailes étendues, De ses marais s'élance, et se perd dans les nues ! Quelquefois, de l'orage avant-coureur brûlant, Des cieux se précipite un astre étincelant, Et dans le sein des nuits, qu'il rend encor plus sombres Traîne de longs éclairs qui sillonnent les ombres : TaïUÔt on voit dans l'air des feuilles voltiger, Et la plume , en tournant, sur les ondes nager. Si l'éclair brille au nord ; de l'Eure et de Zéphire Si la foudre en éclat ébranle au loin l'empire: Alors , ô laboureur, crains les torrents des cieux ; Nochers , ployez la voile , et redoublez vos vœux. Que dis-je.'' tout prédit l'approche des orages: Nul , sans être averti, n'éprouva leurs ravages : Déjà l'arc éclatant qu'Iris ^' trace dans l'air Boit les feux du soleil et les eaux de la mer ; La grue, avec effroi s' élançant des vallées, Fuit ces noires vapeurs de la terre exhalées ; Le taureau hume l'air par ses larges naseaux ; La grenouille se plaint au fond de ses roseaux ; L'hirondelle en volant effleure le rivage;
Quo signe caderent austri , quid sa;pe videnles Agricola; propius slabulis armenta tenerent. Continue, ventis surgeulibus, aut fréta ponti Incipiunt agitata tumeseere, et aridus altis Montibus audiri fragor; aut resonantia longe Litora misceri, et nemoruin inerebrescere murmur.
36o Jam sibi tum eurvis maie tempérât unda earinis, Quura medio eeleres revolant ex aequorc mergi , Clamoremque ferunt ad litora; quumque marinae In siceo ludunt fulicœ ; nolasque paludes Deserit, atque altam supra volât ardea nubem.
Sœpe etiam stellas , vento impendente , videbis Précipites cœlo labi , noctisque per umbrani Flamniarum longos a tergo albescere tractus ; Sœpe levem palcain et frondes volitare caducas, Aut summa nantis in aqua coUudere plumas.
370 At rîorcœ de parte Irucis quum fulminât , et quuni Enrique Zcpbvrique lonat domus, omnia plenis Rura natant fossis , atque omnis navita ponto Huinida vela legit. IVunquam iniprudentibus imber Obfuit : aut illum surgentcm vallibus imis Aeria: fugere grues; aut bueula, cœlum Suspiciens, patulis captavil naribus auras; Aut arguta lacus circumvolitavit hirundo , Et vetercm in iimo ranae cecinerc querclam. Sa'pius et tectis penetraUbus cxtnlit ova
380 Augustiiin formica terens iter; et bibit ingens
LES GEORGIOUES.
Tremblante pour ses œufs , la fourmi déménage ; El des affreux corbeaux les noires légions Fendent l'air, qui frémit sous leurs longs bataillons.
Vois les oiseaux des mers, et eeux que les prairies Nourrissent près des eaux sur des rives fleuries ; De k'ur séjour luunide on les voit s'approcher, Offrir leur tèle aux flols qui battent le rocher, Promener sur les eaux leiu- troupe vagabonde, Se plonger dans leur sein, reparoilre sur l'onde, S'y replonger encore, et par cent jeux divers Annoncer les torrents suspendus dans les airs.
Seule, errant à pas lenis sur l'aride rivage, La corneille enrouée appelle aussi l'orage. Le soir, la jeune fdle, en tournant son fuseau, Tire encor de sa lampe un présage nouveau , Lorsque la mèche en feu , dont la clarté s'émousse, Se couvre, en ])etillant , de noirs (locons de mousse.
Mais la sérénité reparoît à son tour : Des signes non moins sûrs t'annoncent son retour ; Des astres plus brillants ont peuplé l'hémisphère; La lune sur son char le dispute à sou frère; On ne voit plus dans l'air des nuagts errants Flotter, conmie la laine éparse au gré des vents; Ni l'oiseau de Tliélis (i^ sur l'humide rivage Aux ravons du soleil étaler son piumage; Ni ces vils animaux dans la fange engraissés Délier des épis les faisceaux dispersés. Enfin l'air s'éelaircil ; du sommet des montagnes Le brouillard affaissé descend dans les campagnes; F.t le triste hibou, le soir au haut des toits, En longs gémissemenis ne traîne plus sa voix.
Tantôt l'affreux Nisus'*?, avide de vengeance, Sur sa fille, à grand bruit, du haut des cieux s'élance ;
Arciis ; et e pastii décédons agiuinc magiio Corvorum increpuit densis exercilus ails.
Jam varias pelagi volucrcs, et quae Asia circiim Diilcibds in stagnis rimantur prala Cayslri, Certalim largos liiimeris iiifundcrc rorcs, Nunc caput objcetare frelis, nunc carrera in undas , Et studio incassum videas gestire lavandi.
Tum cornix plena pluviara vocal improba voce, El sula in sicca seeum spatiatur arena. 3Qr> Nec noclurna quidein carpentes pcusa puellae Nescivere hiemem, lesta quum ardente vidèrent Scintillare oleura , et putrcs concrescere fungos.
iNe minus ex imbri soles et aperta serena Prospicere, et certis poteris cognoscere signis. Nam neque tura slellis acies obtusa videtur , Nec fratris radiis obnoxia surgere luna; Tenuia nec lan?e [jcr cœlum vellera Terri. Non tepiduui ad solem pcnuas in litorc pandunt Dilecta; Thetidi alcyones ; non ore solulos <"o Immundi meminere sues jactare maniplos.
Al nebulae magis ima pelnnt , campoque recumbunt ; Soils et occasum servans de culmine sumrao Nequidquara seros exercct noctua canlus.
Apparel liquldo subllmis in acre NIsus, ï;t pro purpurco pœnas dat Scylla caplllo. Quacumque illa lovera fugicns seeal œtlicra penuîs , P^cce iniinicus, ali'ox , magno slrldore per auras Insequitur NIsus ; qua se fert Nisus ad auras.
Scylla vole et fend l'air ; Nisus vole et la suit ; Scylla, plus prompte encor, se détourne et s'enfuit.
Mémo les noirs corbeaux, bannissant la tristesse. Annoncent les beaux jours par trois cris d'alégressc , Et d'un gosier moins rauque expriment leur gailé : Souvent, au haut de l'arbre on flotte leur cité, "Vous voyez leurs ébats agiter le feuillage ; Une douceur secrète at'endrit leur ramage : Ils aiment à revoir, depuis long-temps bannis. Leur arbre hospitalier, leur famille et leurs nids.
Non que du ciel ''^ en eux la sagesse immortelle D'un rayon pro|)héii(pic ait mis quelque étincelle : L'instinct seul les éclaire; et lorsque ces vapeurs D'où naissent lour-à-tour le froid et les chaleurs, On des vents ineonstanis lorstpie l'humide haleine Change pour nous des cieux l'influence incertaine, Les êtres animés changent avec le temps : Ainsi, muet l'hiver, l'oiseau chante au printemps. Ainsi l'agneau bondit sur le naissant herbage, Et même le corbeau pousse un cri moins sauvage.
Mais, malgré ces leçons, erains-lu d'être séduit Par le jjcrlide éclat d'une brillante nuit ? Du soleil, de sa sœur, observe la carrière. Quand la jeune Phébé rassemble sa lumière, Si son croissant terni s'émousse dans les airs, La pluie alors menace et la terre et les mers. Du fard de la pudeur peint-elle son visage? Des vents prêts à gionder c'est le plus siir présage. Le quatrième jour '^9 ( cet augure est certain ), Si son are est brillant, si son front est serein , Durant le mois entier que ce beau jour amène. Le ciel sera sans eau, l'aquilon sans haleine , L'océan sans tempête ; et les nochers heui'eux 70
Illa lèvera fugicns raptim secat *thera pcnnis.
l'o Tura liquidas corvi presse ter gutlure voees Aut quater Ingeminant; cl sa-pe cubilibus altis, Ncseio qua praeter solitum dulcedlne lœti, Inter se In l'ûllis strei>itant ; juval imbribus aclls Progenlem parvara duleesqiie reviserc uldos. Haud equidem credo quia sil divinitus illis Ingenium, aut rcrum fato prudentia major; Vcrum, ubi tempestas et cccii mobills humor Mutavere vias, et Jupiter uvidus austris Densat, erant quae rara modo, et quae dcnsa, relaxât,
4?,o Vertuntur species animorura, et pectora motus Nunc alios, alios dura oublia vcntus agebat, Concipiunt. Hine lUe aviura eonccutus in agris, El laetae pecudes , et ovantes gutture eorvl.
SI vero solera ad rapidum lunasque sequentes Ordiiie respicles , nunquam te crastlna tallel Hora, neque Insidiis noctis eaplere serenae. Luna revertentes quum priraum colllgit Ignés, SI nigrum obscuro eomprenderlt acra cornu , Maùrnus agricolis pelagoque parabilur imber.
43o Al , si virgiueum sulTuderlt ore ruborem ,
Vcntus erlt; vento semper rubel aurea Phœbe. Sin ortu In quarto, namque Is cerlissiinus auctor, Pura, neque obtusis per cœlum cornibus ibil , Totus et ille dies, et qui nascenlur ab illo Exaclum ad mensem, pluvla ventisque carebunt , Votaque servati solvent In litore nautae