‹ Ouvrés illustréesChapitre 56 sur 157 · LU. — CONFESSION · texte numérisé non relu

LU. — CONFESSION

(Suile.)

M. de Monlaleu écoutait dans une étrange anxiété, tandis que M""' de Rudesgens, plus tremblante à mesure qu'elle aiiprocliait du dernier aveu, poursuivait en laissant tomber ces mots, à peine articules :

— Ce fut alors qu'un valet dévoué, nommé Joseph Miras, alla proposer aune pauvre tille nommée...

— Sophie MuUer, n'est-ce pas? s'écria M. de Montaleu avec éclat, en se levant par un mouvement soudain.

— Oui, repartit W"" de Rudesgens d'une voix presque éteinte.

— R alla lui proposer, continua le marcpiis tout tremblant d'émotion, de reconnaître comme élaiit le sien l'enfant qui vous appartenait.

.^ C'est vrji.

— Et la pauvre fille accepta, et plus tard... Oh !... M. de Montaleu s'arrêta, et levant les mains au ciel, il s'ecria avec

un désespoir profond : ,. , ,

— Oh ! Soiihie ! Sophie 1 trente ans de douleur et d abandon, parce qu'il a plu à une misérable femme de le fléliir de sa faute.

— Elle a volonuiirement accepté, s'ecria M"'° de Hudesgens, et nous

avons pu du moins soulager ainsi sa misère, car vous ne la connaissiez pas à cette époque.

— C'est vrai, dit M. de Montaleu d'un ton de profonde tristesse, la misère vous l'a livrée, elle vous a vendu son honneur...

nii ! la misère! la misère! ajouta-t-il, quelle arme elle met dans la main du riche pour perdre et pour calomnier le pauvre I Mais je vous comprends, vous; je comprends jusipi'au crime que vous avez commis, car il fallait vous sauver; mais que! est le lâche qui a pu vous aider dans cet indigne marché?

M""" de Rudesgens se mit à trembler de tout son corps.

— Ne l'appelez pas ainsi , reprit-elle, ne l'insultez pas, surtout devant son fils ; car, il me l'a écrit, il dirait tout.

— Mais quoi donc encore? s'écria M. de Montaleu dans la plus extrême agitation.

— C'est, dit M""» de Rudesgens enbalbnliant, que moi seule, à son insu, ai fait ce funeste marche... qu'il ne l'a appris qu'au moment où il parlait pour le Nouveau-xMonde, et qu'il ignorait alors vos relations avec Sophie MuUer.

— Celait donc Montéclain? s'écria M. de Montaleu.

— Oui, oui.

— Lui , dont le fils nous a tous si insolemment menacés ce matin?

— Oui.

— Lui, qui est venu me demander d'aller voir sur son lit de mort le malheureux enfant que j'ai repoussé, que j'ai renié, que j'ai chassé?

— C'est vrai, répéta M"" de Rudesgens, qui pouvait à peine se soutenir.

— Et vous, reprit M. de Montaleu avec indignation, vous qui, depuis le départ de Montéclain, de votre amant, avez appris tout ce que votre infâme supercherie avail attiré de malheur à l'infortunée Sophie; vous qui savez tout ce que j'ai souffert de la croire coupable, vous n'avez pas eu un moment pitié d'elle ni de moi ; vous n'êtes pas venue me faire cet aveu...

— Oh! pardonnez-moi, pardonnez- moi DlM"" de Rudesgens avec désespoir.

— Et mon fils se meurt, s'écria M. de Montaleu, que les larmes gagnèrent enfin, et il est dans la maison de mon ennemi, qui l'a recueilli, tandis que moi je l'ai chassé; qui a recueilli aussi une pauvre enfant, iiinocente peut-être, et que j'ai chassée aussi. Et pourquoi? parce qu'il y a autour de moi des gens sans cœur, sans probité, sans honneur...

— Monlaleu I Montaleu ! s'écria M"»*de Rudesgens en interrompant la colère du marquis, vous viendrez ce soir avec moi, chez Montéclain, il le faut, et vous déjouerez ainsi les perfides intentions de M"" .-Vmab.

— Madame Amab! répéta M. de Montaleu, Léona? mais en quoi donc celte femme est-elle mêlée à loul ceci?

— Ne vous l'ai-je donc pas dit ? fit M"" de Rudesgens; mais Léona,

c'est celle enfant dont la naissance a été attribuée à Sophie Muller

Léona est...

— Voire tille ! dit Montaleu.

— Oui, ma tille, répéta M""" de Rudesgens en cachant sa tête dans ses mains.

M. de Montaleu la regarda un moment en silence, et lui du a une voix mo ns sévère :

— Oh! vous êtes assez cruellement punie... Léona est votre fille!

— Ma fille, continua M""' de Rudesgens à voix basse, et comme si le bruit de ses propres paroles l'eût épouvantée : ma fille, (jui m'a menacée de tout révélera mon mari si je ne l'aidais à perdre M"" de Monrion.

— Qui est innocente, n'est-ce pas? s ecria avec transport M. de Montaleu, et qui pleure maintenant, qui souffrecommemon pauvre ûls assassiné

Assassiné! mais par qui donc?

— Mon ami,repril M"" de Rudesgens, Montéclain m'attend ce soir chez lui.

« Venez, m'a-t-il écrit, et toute preuve de ce qui peut vous com- » promettre sera anéantie; venez et amenez M. de Montaleu; il faut » que d'abord il vous pardonne, lui; sans cela tous mes efforts se- » roui inutiles.

» Dites-lui que son fils le demande, dites-lui que, puisque j'ai été » jusque chez lui, il peut venir jusque chez moi.

» Seulement j'essaierai de lui montrer comment un gentilhomme » ouvre sa maison à l'ennemi qui ne craint pas d'y pénétrer. »

M. de Montaleu se taisait.

Son orgueil hésitait encore contre les sentiments de son cœur; puis enhn, il s'écria tout à coup :

— Eli bien! soit, j'irai, et si j'ai eu des torts envers Montéclain, je ne craindrai pas de les réparer en les avouant devant tout le inonde.

A quelle heure devez-vous vous rendre chez Montéclain?

— H nous aitcnd à huit heures, dit M"" de Rndcsgi'ns. Vous viendrez, n'est-ce pas?

Au moment où M. de Monlaleu allait répondre, on frappa fi l'appartement de .M. de Monlaleu, et celui-ci ayant ùlé les verrous qui termaient la porte, le domestique lui aunonça l'arrivée de M""" Léona Amab.

— Cette femme chez moi! s'ecria M. de Montaleu...

JULIE

— Elle a, tlit-elle, lépondil lu domestique, un écrit imporlant à vous remelli'e

11""= de Riidesgens tremblante et éperdue, mais contenue par la présence du domesllque, attachait sur M. de Montalcu des yeux égarés. Le marquis eut pitié d'elle, et lui dit tout bas :

— Faut-il la recevoir?

— Je ne sais, repartit M"" de Rudesgens d'une voix défaillante.

— Faut-il la chasser? reprit M. de Montaleu.

— Oh! non, noni ce serait peut-êire me perdre.

— Faites entrer M""' Amab, dit tout haut M. de Montaleu au domestique.

— Oh ! mon ami, s'écria Arthémise dès que le domestique fut sorti, vous seul pouvez me sauver, vous seul...

On entendit presque aussitôt la voix de Léona, etM"« de Rudesgens, épouvantée, se précipita dans un cabinet voisin.

Léona parut.

Elle s'arrêta sur le seuil de la porte.

M. de Montaleu l'avait vue plus éclatante et plus magnifique de beauté, mais jamais il ne l'avait vue si flère de regard, d'expression et de tenue.

Son visage, d'une pâleur mate, était richement encadré dans les larges boucles de ses cheveux noirs.

Ses yeux éclairés d'un feu sombre, ses lèvres pâles, frémissantes et dédaigneuses, lui donnaient quelque chose de la majesté de l'ange tombe.

Le marquis de Montaleu lui fit signe d'approcher et lui montra un siège.

— C'est inutile, monsieur le marquis, dit Léona d'une voix calme; nous n'en sommes pas, l'un vis-à-vis de l'autre, à ces \aiues formules de politesse ; vous me haïssez et vous me méprisez, moi je vous hais et je vous estime.

M. de Montaleu s'inclina sans répondre.

Léona continua :

— La meilleure preuve que je puisse vous donner de cette estime, monsieur le marquis, c'est que, malgré les sentiments défavorables que vous avez pour moi, je viens à vous pour une chose à laquelle tient peut-être le salut de ma vie.

C est une question d'honneur, monsieur, et je la remets avec confiance entre vos mains. Veuillez lire cet écrit, ajouta-t-elle, en lui tendant l'original de la lettre dont elle avait montré la copi^à M"» de lîudesgens, et veuillez me dire quel en est l'auteur, et quel est celui dont j'ai le droit, je suppose, d'apprendre le nom.

JM. de Montaleu prit toujours dans le même silence l'écrit que lui remit Léona.

Celle-ci le regardait attentivement, car comme nos lecteurs l'ont vu déjà, celle lettre renfermait la justification de Sophie Muller, et M""" Amab s'attendait à une explosion de la part du marquis.

M. de Montaleu savait déjà tout ce que renfermait celte lettre.

Cependant il ne put cacher l'émotion que lui causa cet appel à sa véracité et à son témoignage. Il tenait dansses mains la preuve écrite de l'innocence de Sophie, et il parut hésiter un moment.

Le papier tremblait dans sa main.

Léona, qui le dévorait du regard, lui dit enfin :

— Eh bien ! monsieur le marquis, quel est le nom de l'homme qui vous a écrit cette lettre?

Quel est le nom de la femme qui, en reniant son enfant, vous a forcé à renier le vôtre ?

M. de Montaleu plia le papier, et le tendant à Léona, lui dit d'une voix ferme :

— Je ne connais pas cette écriture, madame. Léona resta allerrée.

— Ni cette signature! reprit-elle.

— Non, madame.

— Ni cette légende?

— Non.

— Ni rien, n'est-ce pas ! s'écria-t-elle avec un transport effrayant.

— Rien, répéta froidement M. de Montaleu.

Léona ne poussa pas un cri, ne prononça pas une parole, ne laissa pas échapper un geste de prière ou de menace; elle salua gravement M. de Montaleu et sortit.

Au même instant, 1\1""'' de Rudesgens s'élança du cabinet où elle s'était cachée.

— Oh! merci! merci! mon amil s'écria-t-elle, merci ! vous m'avez sauvée !

— Mais Jlontédain me rendra mon fils? dit M. de Montaleu.

— Ohl venez! venez l repartit M""» de Rudesgens; il vous attend.

Lin. — LA FOLLE.

Le soir était venu.

Julie, demeurée à la ferme, voyait s'approcher avec anxiété l'heure détenir la promesse qu'elle avait faite à Montéclain. Nous avons si souvent dit quelles incertitudes agitaient l'âme de

M"" de Monrion, que nous hésitons à. expliquer le trouble qu'elle éprouvait.

Eu effet, lorsqu'elle rencontrait Montéclain, c'était toujours la même confiance dans ses paroles, c'était un entraînement irrésistible qui la faisait croire à ses conseils, obéir à ses prières. Tant qu'il était présent, elle semblait sentir, penser, vivre par lui et en lui ; mais dès qu'il s'était éloigné, les doutes de Julie la reprenaient, et cette fois ils avaient été éveillés en elle par un incident insignifiant en apparence, dont cependant il est nécessaire que nos lecteurs soient informés.

Comme nous l'avons dit, Julie, décidée à quitter ce pays, avait envoyé chercher sa voiture chez M. de Alontalen.

On y avait joint quelques objets nécessaires à son voyage, et plus particulièrement tous les papiers qui lui appartenaient.

Parmi ceux-là, Julie retrouva la lettre que le matin même elle écrivait à son frère, et qui avait été interrompue par l'arrivée de MM. de Rudesgens, de Champmortain et de Brias ; Julie la relut et la cacha dans sou sein, le plus près de son cœur.

Celle confidence de ses sentiments secrets, en la remettant en présence d'elle-même, lui rendit ses terreurs au sujet de Montéclain.

Plus dominée que jamais par le charme impérieux que cet homme exerçait sur elle, elle fut encore plus épouvantée de cet empire.

Ainsi ce n'était déjà plus, comme au commencement de cette journée, un homme deux fois renconlré par hasard, et qui, à chaque l'encoiitre, avait pénéiré plus avant dans la confiance et dans l'amour de Julie.

Ce n'était plus celui dont elle avait d'abord agréé le respect, puis la protection, celui avec qui elle avait fait alliance contre la calomnie qui les frappait à la fois, celui à qui elle avait permis de lui choisir un asile dans une chaumière ; c'était l'homme qui l'appelait maintenant dans sa maison, qui la lui ouvrait comme le seul refuge où elle put abriter sa douleur et son innocence, et auquel elle avait promis d'accepter cette dangereuse hospitalité.

Toute l'âme de Julie, tout ce qu'il y avait en elle de généreux, de confiant, lui criait :

« Va, n'hésite pas, va I... »

Mais presque aussitôt le souvenir de ce qu'avait été Montéclain, le souvenir de l'illusion qui l'avait elle-même trompée autrefois; la récente, mais terrible expérience qu'elle venait de faire des perfidies du monde, lui criait d'un autre côlé :

« Prends garde, c'est peut-être encore un piège; prends garde! »

Tout autre, à la place de Julie, eût probablement écoulé les conseils de celte prudence ; mais elle avait si peur d'être ingrate envers Montéclain, qu'elle avait laissé veuir la nuit au milieu de ses doiiloureuses indécisions, lorsque tout à coup on vint lui annoncer l'arrivée de Bricord et d'Aly-Midey.

La nourrice ile Saint-Faron et l'enfant de Léda étaient avec Julie dans la chambre où elle s'était retirée.

Elle craignit que le fermier n'apprit la présence de cet enfant dans sa demeure, et elle se hâta de descendre dans la salle basse où Bricord s'était arrêté avec le saphis.

Tous les domestiques de la ferme étaient assemblés et regardaierit curieusement leur maître, dont le visage pâle n'exprimait plus que le courage calme de la résignation.

AlyMuley et Bricord se découvrirent quand parut M"'^ de Monrion ; tous les domestiques firent de même.

C'était un spectacle touchant que celui de celte jeune et belle femme au milieu de ces grossières figures, en présence de ces deux rudes soldats, honorée et respectée dans cette humble chaumière, après avoir été ignominieusement chassée du château d'un grand seigneur, protégée par le soldat et le fermier, après avoir été abandonnée par le riche, le noble et le puissant.

La présence d'Aly-Muley et de Bricord rendit toute la confiance à Julie; c'est qu'elle avait un juste instinct du bien qui lui montrait la valeur de chacun, indépendamment du vêtement riche ou grossier qui le couvrait.

Ce n'était là ni un marquis comme M. de Rudesgens, ni un pair de France comme M. de Montaleu, qui venait lui tendre la main : c'éiaient deux paysans, deux nobles cœurs, deux honnêtes gens ; et Julie se sentit confiante et forte.

— Madame, lui dit Aly-Muley d'un ton grave et presque assuré, nous sommes venus vous chercher pour vous conduire au châieau de M. de Montéclain.

— Vous m'y accompagnerez, n'est-ce pas? dit Julie; et vous aussi, monsieur Bricord?

— Nous vous y accompagnerons, madame, répondit le fermier. Mais, allez, allez, vous pouvez y entrer sans crainte, fussitz-vous toute seule.

Il y a en vous quelque chose qui vous protège mieux que ne pourrait le faire la présence de pauvres gens comme nous; il y a que vous êtes bonne, madame; il y a que vous avez pitié du coupalile et du malheureux; il y a, ajouta Bricord avec des larmes dans hi voix, que je sais loin, nuidame; que je sais que vous n'avez pas voulu dire un mot pour vous déléndre..., que je sais que vous n'avez eu peur que pour une autre...

JULIE

11 y a que je voudrais pouvoir vous dire tout ce que j'éprouve dans le cœur, tout ce que vous uiéiitez...

Mais, ajouta-t-il en essuyant les larmes qui roulaient sur son visage, je ne puis pas... je ne sais pas...

Allez, madame, allez. On vous le dira lù-bas, et vous serez conlcnle, liien sur, vous serez contente.

— Assez comme ça t dit Muley en criant avec effort pour cacher leiitoliou (|Ui l'avait gagné; nous n'en avons pas si long à dire à madame; elle entendra ce qu'elle doit entendre, elle verra ce qu'elle doit uilr; ca sera bien, suffit.

Quant il ce que nous sentons pour elle, ça ne peut pas l'inléiesser beaucoup, pareil que nous ne sommes rien, nous autres.

— Oli ! mes amis, mes amis ! s'écria madame de Monrion en leur tendant les mains ;i l'un et à l'autre.

Klle s'arréla pendant que ces deux liommes pressaient dans leurs mains calleuses les frêles et blanches mains de celte douce enfanl.

Puis elle reprit ;

— Oui , vous êtes mes amis, n'est-ce pas ?

— Oh I dit tout bas Hricoi'd en balbutiant.

Dieu vous récompense! a , vous serez heureuse. Oui, oui, ajoulai-il, plus bas encore, consentez ii élre marquise de Monleciain, et vous verrez , vous verrez ; vous serez heureuse.

Julie baissa les yeux pour cacher à la fois sa joie et sa confusion.

Brieord veiiail de donner un nom à l'espérance qui l'agitait depuis quelques heures.

Pendant ce temps, Aley-Muley se remettait de son mieux de l'emolion qui l'avait gagné , et murmurait enire ses dents :

— Le diable m'emporte, je crois que je vais devenir dévot.

Allons, ajûuta-t-il, madame, il est temps de parlir, on vous atieud.

M""" de M 0 n r i 0 n monta dans sa voiture, accompagnée des benédiciions et des vœux de ceux ipd avaient été témoins de celle scène.

Elle prit la route du château de Monléchdn.

Brieord et Aly-Muley suivaient la voilure à cheval.

Ils étaient à peine à un quart de lieue de la ferme, que Brieord s'arrête tout à coup, pousse un cri étouffé, et s'élance rapidement vers un sentier qui coupait la route où il se trouvait.

Le mouvement de Brieord fut si rapide, qu'Aly-Muley, plongé dans ses réflexions, ne s'aperçut de la disparition du fermier que lorsqu'il ne put plus voir de quel côté il av;dl dirigé sa course.

Il supposa que Brieord élait retourné à la ferme pour y donner quelques ordres, et il continua à suivre le sentier, persuade que le fermier allait bientôt le rejoindre.

Alv-Muley se trompait.

Ce"n'élaient point quelques ordres oubliés qui avaient détourné Brieord de la mission qu'il avait acceptée d'accompagner iM"" de Monrion.

Au bout du sentier dans lequel il venait de se précipiter, il avait cru apercevoir une ombre blanche et errante.

Malgré l'éloignement, malgré le crépuscule qui enveloppait riéjù toute la forél d'une demi-obscurite, il lui avait semblé reeouniulre l.eda.

Il y a dans la passion une vision surnaturelle qui fait que l'on reconnaît la femme que l'on aime ou celle qu'on hait, à des signes insaisissables : on ne la voit pas, mais on se dit ; C'est elle!

Et Brieord ne s'était i)as trompé ; c'était bien Leda.

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