Bruxelles. La vie, tabac, cuisine, vins
La question du tabac. Inconvénients de laliberté.
La question de la cuisine. Pas de viandes rôties. Tout est cuit à l'étuvée. Tout est accommodé au beurre rance (par économie ou par goût). Légumes exécrables (soit naturellement, soit par le beurre). Jamais de ragoûts. (Les cuisiniers belges croient qu'une cuisine très assaisonnée est une cuisine pleine de sel.)
La suppression du dessert et de l'entremets est un fait signalétique. Pas de fruits (ceux de Tournai — d'ailleurs sont-ils bons? — sontexportés en Angleterre). Il faut donc en faire venir de France ou d'Algérie. Enfin, le pain est exécrable, humide, mou, brûlé.
A côté du fameux mensonge de la liberté belge et de \di propreté belge, mettons le mensonge de la vie à bon marché en Belgique.
Tout est quatre fois plus cher qu'à Paris, où il n'y a de cher que le loyer.
Ici, tout est cher, excepté le loyer.
Vous pouvez, si vous en avez la force, vivre à la belge. Peinture du régime et de l'hygiène belges.
La question des vins. — Le vin, objet de curiosité et de bric à brac. Merveilleuses caves, très riches, toutes semblables. Vins cliers et capiteux. Les Belges montrent leurs vins. Ils ne les boivent pas par goût, mais par vanité, et pour faire acte de conformité, pour ressembler aux Français.
— La Belgique, paradis des commis-voyageurs en vins.
Boissons du peuple. Le faro elle genièvre.