AUX PRETRES
Au dernier siècle, la royauté et l'Eglise dormaient fraternellement dans la même fange, quand :
la révolution fondit sur elles et les mit en lambeaux.
— Inconvénient des mauvaises compagnies, se dit l'Eglise; on ne m'y reprendra plus.
L'Eglise a eu raison. Les rois, quoi qu'ils fassent, sont toujours rois, et le meilleur ne vaut pas mieux que ses ministres.
Prêtres, n'hésitez pas : jetez-vous hardiment dans les bras du peuple. Vous vous régénérerez à son contact; il vous respecte; il vous aimera. Jésus-Christ, votre maître, est aussi le nôtre ; il était avec nous aux barricades, et c'est par lui, par lui seul, que nous avons vaincu. Jésus-Christ est le fondateur de toutes les républiques modernes; quiconque en doute n'a pas lu l'Evangile. Prêtres, ralliez-vous hardiment à nous; Affre et Lacordaire vous en ont donné l'exemple. Nous avons le même Dieu : pourquoi deux autels ?