‹ Ouvriers du temps passé (xve- xvie siècles)Chapitre 22 sur 65 · JLXXVIU OUVRIERS DU TEMPS PASSÉ · texte numérisé non relu

JLXXVIU OUVRIERS DU TEMPS PASSÉ

Contre les revendications ouvrières, les maîtreB ♦trouvent un appui dans les pouvoirs publics, municipalité ou royauté, qui, désirant sauver à tout prix une institution qui se meurt, restreignent le droit de •<;oalition, étendent le système des jurandes, fixent un laux maximum des salaires. Aux époques de prospecté, quand il y a une offre surabondante du travail, l'autorité intervient simplement pour imposer aux •sans-travail le labeur forcé, sur de véritables chantiers municipaux ou nationaux. Si, au contraire, les bras sont peu nombreux, on empêche les ouvriers de profiter de la raréfaction de la main-d'œuvre pour se faire payer davantage.

Aussi ne faut-il pas s'étonner que des conflits, des gi'èves éclatent, et que les ouvriers essaient, dès iors, de résoudre la question sociale par la violence. A Lyon, à la suite d une famine, « s'élevèrent un tas -de populaire et se nommèrent artisans^ ». Cette « secte artisane », formidable association des petits, s'oppose aux « plus gros », comme dans les villes d'Italie le popolo minuto se révolte contre le popolo crasso. Le roi, en 1520, leur défend de prendre ce titre collectif d' « artisans de Lyon ». Mais ils conservent secrètement leur organisation, et, en 1329, à la suite d'une nouvelle famine, ils font une révolution. Des affiches posées aux places et aux carrefours convoquent le peuple, à jour dit, sur la place des Cordeliers. Au son du toscin, 2000 émeutiers, dont ^00 femmes, pillent les maisons des consuls et des

* Voy. Revue hisL, 1896, p. 265.

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