INTRODUCTION XXXIX
marchands, descendent dans leurs caves et s'y enivrent. Le lendemain, le lieutenant du roi se conduit avec eux comme fera Flesselles avec les Parisiens, le 13 juillet 1789. Il leur disait gracieusement (car alors il ne fallait pas prendre le peuple par menace, mais par douceur) : « Messieurs, qu'est-ce que quérez ? » Ils répondirent « qu'ils voulaient avoir du blé... ». Le lieutenant les conduisit à l'île Barbe, oîi ils s'emparèrent du blé des religieux. La répression, organisée à la suite d'un concert entre les trois autorités épiscopale, communale et royale, fut terrible ; mais la « secte ar\isane » ne disparut pas et nous retrouverons sa main dans les grèves de 1539-
C. Situation soqale de l'ouvrier. — La situation matérielle de l'ouvrier français, aux xv® et xvi® siècles, n'est donc pas enviable. Mais nous voudrions savoir quelle était sa place dan s la société, son rang l ur
réchelle âûciûlfii«. Et c'est ici que les textes sont
muets
Notons d'abord que la littérature du temps, si riche de détails sur le gentilhomme, le paysan, le bourgeois, ne s'intéresse pas à l'ouvrier. Il parait à peine dans le roman de Rabelais, dans VHeptamëron^ dans les divers recueils de nouvelles ; chez Des Périers je relève cependant les nouvelles suivantes, où figurent les gens de métier : XVIII. De Gillet le menuzier. — XIX. Du savetier Blondeau. — XXIII. Pierre Faifeu et les cordouaniers d'Angers. — XXX. Le Barbier d'étuves. — XL. Du prêtre et du masson. —