OUVRIERS liU TEMPS PASSÉ
gens, simples », qui excitent le méprisant sourire de Florimondde Raemond\
Le milieu ouvrier, milieu ^écontent, tu rbule nt, av ide de nouvea utés^^tait^ extrèm e m ent^ropice à la prédication révolutionnaire. L'appel fait h la con^cî^nroTïïSîviduelle du'cErfrîenri'Tdée de Tégalité des consciences substituée à celle de l'autorité, ces ferments de révolte répandus dans le temple ou « Técole buissonnière )> fructifiaient dans Talelier. Celjjî guî j;Vait^^ de se soumettre
hnj } prAfTPt dftv aît Atre moîiis dîspnsA ftofeîr à îin mïïftrft.
Quelle qu'en puisse être la valeur dogmatique, la nouvelle doctrine apparaissait d'abord aux petits comme un redressement de Téchine humaine. Symphorien Champier ne se trompait probablement pas lorsque, dans la rebaine lyonnaise de 1529, il voyait une agitation religieuse, une sorte de résurrection des pauvres de Lyon ^.
Le développement de l'industrie française avait attiré dans nos villes ouvrières un grand nombre d'artisans étrangers, Allemands surtout, Flamands, Italiens, qui apportaient avec eux des idées nouvelles . Jusque dans le Limousin , loin des frontières, ce sont les artisans venus de Flandre et d'Allemagne qui semblent avoir propagé Thérésie parmi leurs camarades d'Aubusson et de Felletin '.
Sous la menace des persécutions religieuses, la classe ouvrière émigré. A la différence de la classe paysanne, rien ne l'attache au sol : quelques outils et ses deux bras, c'est tout le capital de l'ouvrier; il les transporte
(1) Ronsard, Remonslr. au peuple de France :
Il ne faut pas beaucoup d'expérience
Pour eslre exactement docte en voslre science ;
Les barbiers, les maçons en un jour y sont clercs.
(2) Voy. Étude cHtique sur la rehaine de Lyon [Rev. hist., 1896).
(3) Ces influences étrangères sont analysées avec finesse par M. Imbart de la Tour, p. 287.
dans les pays où il pourra prier Dieu à sa guise. Il suffit, pour mesurer l'amplitude de ce mouvement, de dépouiller les listes d'immigration en Angleterre, à Genève, à Lausanne. Cette émigration même explique que la classe ouvrière se soit trouvée, à Tépoque des guerres de religions, presque complètement purgée de ses éléments hérétiques, de môme d ailleurs que la classe patronale. Les confréries de métiers deviennent alors des institutions strictement papistes, et le certificat de catholicité est ^exîgé à rentrée de beaucoup de professions. Nouvelle limitation au libre accès de la maîtrise.
11 n'est pas jusqu'à la grande révolution intellectuelle de la Renaissance qui ne tourne, en fin de compte, au détriment de la classe ouvrière. Non seulement l'apparition des métiers qu'elle crée a pour effet d'accélérer l'évolution capitaliste, mais les idées mêmes qu'elle apporte font descendre l'ouvrier de plusieurs crans sur l'échelle des valeurs sociales. Le temps n'est plus où l'on criait « Vive labeur! » A Platon, à Xénophon, à Aristote, aux théoriciens d'une société qui reposait sur l'esclavage, les humanistes ont pris cette idée que le travail manuel est chose servile, indigne de l'homme libre, dégradante. L'opinion publique s'habitue peu à peu à considérer comme un être d 'espèce inférieu re l'homme qui vit du travail de ses maiijSjle «mécanique ». Cette déchéance^ sociale du com^agnpn^ a pour corollaire sa déchéance politique. 11 n'est pas seulement exclu du gouvernement du métier, il est exclu de la cUé .
Ainsi, au xvi® siècle, Toutes les causes s'accordent à creuser un fossé chaque jour plus profond entre la classe qjii de plus en plus possède les instruments de travail sans trajjiilhîr et la classe qui se sert de ces instruments sans les posséder.