‹ OvideChapitre 74 sur 154 · LES METAMORPHOSES · texte numérisé non relu

LES METAMORPHOSES

lis<^* la betc, la plante, le rocher, en voyant partout, sous l'enveloppe matérielle, animale ou bestiale, une âme emprisonnée et souffrante, « dieu tombé qui se souvient des cieux » et qui essaye de s'exprimer avec cette « bouche d'ombre », dont Victor Hugo, à Jersey, entendra frémir le mystérieux langage — En vérité, ce livre des jjîétamorphosej, pour qui sait en avant et en arrière en écouter les prolongements, est peut-être le plus curieux et le plus suggestif de la littérature latine ; il est sur la route qui va de l'Inde à la poésie contemporaine en passant par la Grèce des mystères et la Rome des philosophes, qui sera demain celle des chrétiens.

Et, comme je referme ce livre, dans le jour déclinant, je vois que les premières étoiles se sont ouvertes aux cieux, et, comme je demeure pensif, que toute la floraison céleste s'épanouit de plus en plus, je songe, devant ce soir étoile, à ce récit de Mistral qu'a traduit Alphonse Daudet et dans lequel nous entendons un berger de Provence raconter des histoires de métamorphoses aussi surprenantes que celles d'Ovide. Ce n'est point celle d'Orion ni de T Ourse, c'est le chariot des âmes, ce sont les Poussins, c'est Jean de Milan, jetant son bâton dans le ciel, mais toujours, sur ce vieux sol gréco-latin, ce pouvoir de créer des mythes qui se renouvelle de siècle en siècle. Les métamorphoses, mais elles vivent encore sur les lèvres des pâtres de Provence, autres dans leur forme, identiques dans leur esprit. Comme un livre encore vivant, je puis relire le poème d'Ovide, puisque, pour le commenter, dans le beau soir latin, s'uniront en mon souvenir la syrinx mytholo-

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gique et le galoubet dont s'accompagne la chanson de Magali, qui se métamorphose perpétuellement, Protée populaire, pour échapper à Tamour*

1. Cf. Jlélam., XI, 229 sqq. et MiSTRAL, M'irelo, chant III. Ovide décrit là les transformations de Thétis, mais plus ordinairement elles sont attribuées à Protée, qu'il évoque dans ce même livre des jHétamorpbo/>e.f et aussi dans les Faôles, I^ 072.

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