‹ Oxydation Des Alcools Par L'Action De ContactChapitre 34 sur 94 · OUTRE · texte numérisé non relu

OUTRE

dans certains végétaux, il serait donc en effet \rationnel d'admettre que l’aldéhyde formique puisse y exister.

Nous avons vu en effet avec quelle facilité l'alcool méthylique pouvait être oxydé sous l'influence du contact d’un grand nombre de corps. Toutefois, nous pensons que la formaldéhyde ne pourrait exister dans les végétaux qu'à l’état de combinaison. Nous avons en effet (1) démontré par un grand nombre d’expériences les propriétés éminemment antiseptiques de cette aldéhyde : ses propriétés toxiques sont énergiques vis-à-vis des plantes. Elle ne saurait donc y exister à l’état libre.

Tout fait prévoir au contraire que la formaldéhyde, s'il était démontré qu'elle se formât dans la nature, serait rapidement modifiée Soit par polymérisation soit par combinaison. :

En effet, de petites quantités de sels minéraux suflisent à la polymériser et à la condenser en sucres non fermentescibles (méthylénithane) ; le rôle de la lumière pourrait bien également intervenir ; d'autre part, les matières albuminoïdes se combinent comme on le sait avec la plus grande facilité avec la formaldéhyde ainsi que je l'ai déjà signalé.

Ces affinités de la formaldéhyde nous font donc supposer que c’est à tort que l’on a cherché à Pisoler des plantes.

La plupart des travaux qui ont eu trait à cette recherche ont donné des résultats peu encourageants.

Cela n'empêche que divers auteurs ont cependant indiqué sa présence.

Les observations que nous avons publiées à propos

(1) Trizrar. Comptes rendus, 1893, p. 290.

id. 1894, p. 563.

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du dosage des produits d'oxydation de l'alcool méthylique nous permettent de conclure que les réactions sur lesquelles ces auteurs se sont appuyés pour déceler la présence de l’aldéhyde formique sont peu caractéristiques.

Ce n’estévidemment pas en constatant que la distillation de végétaux a fourni des liquides réduisant la solution de nitrate d'argent ammoniacal où a donné un précipité blanc avec/l’eau d’aniline que l’on peut se croire autorisé d'affirmer la présence de l’aldéhyde méthylique. En effetaucune de ces réactions n’est vraiment caractéristique du résidu méthylénique; elles s'appliquent à un nombre considérable de corps et encore une fois cette assertion de la présence de la formaldéhyde libre dans les plantes, fondée sur l’emploi de réactifs semblables, ne nous parait pas justifiée.

M. Reinke prétend avoir obtenu de la formaldéhyde par distillation du suc des parties vertes des végétaux préalablement neutralisés avec du carbonate de sodium{(r); de plus, fait remarquable, les plantes à chlorophylle seraient seules capables de fournir, dans ces conditions, des produits aldéhydiques. <

MM. Lœw et Bokorny, en examinant au microscope des cellules végétales vivantes, plongées dans une solution alcaline de nitrate d'argent étendue au cent millième, ont observé dans un nombre considérable d'expériences une réduction énergique due à l’action vitale des cellules.

Cette action réductive ne se produit plus lorsque la vie de la cellule a été détruite par un procédé quel-

(2) Nous pensons que ce traitement au carbonate de sodiuin aurait probablement décomposé la formaldéhyde, en admettant qu'il yen aiteu.

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conque, élévation de température de 5o degrés, action de l’éther, immersion dans des solutions métalliques, etc. Une partie d’un végétal ayant séjourné quelque temps dans une solution à 1 pour 100 de sulfate de cuivre ne produit plus aucune réduction de la solution d'argent, tandis qu'une autre partie du même végétal a’ayant pas subi cette immersion est rapidement noircie. Cette réaction s’effectuerait en présence de toute cellule végétale et ne dépendrait, en aucune facon, de la présence de la chlorophylle..…

Ces résultats sont en contradiction avec le travail de Reinke qui, dans aucun cas, n’est parvenu à obtenir de liquide réducteur en distillant des plantes privées de chlorophyile.

MM. Lœw et Bokorny attribuent cette réduction à un état actif des matières albuminoïdes du protoplasma : èlle ne serait aucunement subordonnée à la présence de la chlorophylle et la formation d’aldéhydes volatiles, distillant avec la vapeur d’eau et résistant à l’action des divers agents destructeurs, serait une propriété exclusive des organismes contenant de la chlorophylle. De plus, dans les distillations, on obtiendrait souvent de l’aldéhyde salicylique ou d’autres aldéhydes aromatiques.

Cependant les cellules de diverses plantes conservent après immersion dans une dissolution d’un sel de quinoléine ou de strychnine, agents éminemment destructeurs de la vie, la propriété de réduire la liqueur d’argent ; et dans ce cas, les matières albuminoïdes seraient par conséquent restées à l’état actif.

En résumé, aucune réaction bien caractéristique n’a révélé la présence de l'aldéhyde formique libre, dans les végétaux. La réaction la plus sûre qui ne pourrait être fournie que par la formaldéhyde à l’exclusion des autres aldéhydes, acétones et dérivés de

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