‹ Oxydation Des Alcools Par L'Action De ContactChapitre 77 sur 94 · S 3. GLYCÉRINE · texte numérisé non relu

S 3. GLYCÉRINE

Beaucoup d'observations ont été faites sur l’oxydation de la glycérine. Elles ne sont pas toujours concordantes.

Oxydée par le bioxyde de manganèse et l'acide sulfurique, elle fournit de l'acide carbonique et il se fait de l'acide formique (Pelouze).

Avec l'acide azotique on a de l'acide oxalique et de l'acide glycérique, à côté des acides formique, glycolique, glyoxylique et tartrique (x).

Le permanganate de potasse en solution alcaline donne de l'acide carbonique, des acides oxalique, formique, acétique et propionique.

Le bichromate de potasse donne un mélange analogue avec dégagement d’acide carbonique quand l’oxydation est poussée plus loin.

En présence d’alcali, la glycérine traitée par un courant d'ozone fournit des acides formique et propionique (2). Renard (3) a indiqué la formation d’acides formique, acétique, glycérique et d’un glucose (?) non fermentescible sous l'influence de l’électrolyse. Dans d’autres conditions, sous l'influence de l’électrolyse on aurait observé la production du trioxyméthylène (4).

A l'air, la glycérine s’oxyde lentement et se déshydrate lorsqu'on élève la température. Il y a formation d’acroléine en même temps que de divers produits de désagrégation.

Sous l’influence de la mousse de platine, la glycérine s'oxyde facilement : on obtient de l’acide carbonique et un acide volatil incristallisable qui [lui-même finirait par se convertir en eau et en acide carbonique (Würtz).

Grimaux avait même pensé pouvoir obtenir de

() Heinz. Ann. der Chem. und Phar., t. 152, p. 325.

(2) Herwz. Ann. der Chem. und Pharm., 159, p. 211.

(3) Comptes rendus, t. 8r, p. 188 et, 82 p. 562.

(4) Ce résultat est à comparer avec le nôtre : voir plus loin

TRILLAT. II

TO

l’aldéhyde glycérique par l’action de la mousse de platine sur la glycérine (1). Mais il n’a pas donné son mode opératoire; nous avons cherché à répéter cet essai qui ne nous à fourni que des produits de désagrégation, sans aucune délimitation à un terme aldéhydique.

M. Perdrix a signalé (2) des résultats plus nets en oxydant la glycérine par le permanganate de potasse : il a obtenu de l’acide carbonique, de l’acide formique et de l’eau.

Si l’on envisage les résultats qui ont été enregistrés par les chimistes qui ont cherché à oxyder la glycérine et d'autre part les produits d'oxydation qui pourraient théoriquement en être obtenus, on pourrait diviser ceux-ci en deux classes : 1° ceux qui proviennent d’une pyrogénation ou d’une oxydation avancée et qui peuvent être considérés comme des produits de désagrégation ; 2° ceux qui proviennent ou proviendraient d’une oxydation limitée de la glycérine.

Ces produits normaux d’oxydation peuvent se déduire de la formule de la glycérine :

CH.OH

| CH.OH

| CFB.OH

dans laquelle nous voyons que ce corps est susceptible de fonctionner deux fois comme alcool primaire et une fois comme alcool secondaire.

(x) Grimaux. Comples rendus, t. 104, p. 1256. (2Ÿ Perorix. Bulletin de la Société chimique, 1897, p. 102.

Il en résulte qu’en nous appuyant sur la théorie et sur l’analogie des résultats précédemment obtenus, nous pourrions prévoir que les premiers produits d’oxydation de la glycérine seraient l'aldéhyde glycérique :

CHO

CH.OH

CH.OH ou la dialdéhyde :

CHO

| CH.OH

CHO

Ces deux aldéhydes dérivant de la glycérine envisagée comme alcool primaire.

Enfin la glycérine envisagée comme alcool secondaire pourrait encore fournir la dioxyacétone :

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