‹ Ozanam collégien, Ozanam étudiantChapitre 21 sur 51 · VALSON, op. cit., p · texte numérisé non relu

VALSON, op. cit., p

2. ANDRÉ-MARIE AMPÈRE et JEAN-JACQUES AMPÈRE, Correspondance et Souveairs, II, p.. 101.

3. Voir dans OzanAM, Mélanges, II, p. 79, la caractéristique de « ce que le christianisme a dû faire à l’intérieur de la grande âme d'Ampère ».

4. Ampère à Bredin, 1° octobre 1816, dans A.-M. et J.-J. AMPÈRE, Corres-

pondance et Souvenirs, I, p. 96.

SON APOSTOLAT INTELLECTUEL Al

peut jamais prévoir quels ressouvenirs et parfois quels remords peut subitement éveiller, chez les hommes qui ont cessé d’être jeunes, le contact de certaines fraicheurs de dévouement, toutes neuves, tout imprégnées encore d’une matinale rosée : elles évoquent aisément, chez les interlocuteurs müris ou vieillis, le fantôme des rêves demeurés en suspens, à moins que ce ne soit le spectre des défaillances; et ce tout jeune homme, qui vient consulter leur expérience, remue parfois, sans qu’il s’en doute, leur conscience. Nous ne savons si un rapprochement s'établit dans l'esprit du grand Ampère entre le passé qu'il avait vécu et l'avenir que voulait vivre Ozanam; mais ce que nous savons, c’est qu'il fit s'installer Ozanam chez lui, à titre de pensionnaire, et qu’il fallut bien peu de jours pour que le jeune homme füt sous le charme.

Ozanam jouissait de cette science universelle qui, chez Ampère, était comme « instinctive » ‘; il s’exaltait à causer avec lui, à voir ce physicien, connu dans le monde entier pour avoir surpris à la création divine certains de ses mystères, prendre sa large tète dans ses mains, et s’écrier : « Que Dieu est grand! Ozanam! que Dieu est grand! » De temps à autre Ozanam aidait son hôte pour la vaste classification des sciences qu'Ampère s'essayait, par un procédé mnémotechnique, à rédiger en vers latins”. Jean-Jacques Ampère, beaucoup moins chrétien que son père, beaucoup moins chrétien qu'Ozanam, était pour celui-ci une façon de grand frère : il le conseillait, tàchait de modérer son impétuosité studieuse, et se plaisait d'autre »art à éprouver du respect pour ses vertus”*.

Il faut que vous jouissiez un peu de ce que vous avez fait, écrivait Ozanam, douze ans plus tard, à Jean-Jacques Ampère, vous qui, après Dieu, êtes l’auteur de toute cette prospérité, vous

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