‹ Ozanam collégien, Ozanam étudiantChapitre 28 sur 51 · Lettres d'Ozanam, 1, p · texte numérisé non relu

Lettres d'Ozanam, 1, p

Il restait encore, de l’ancienne Société des Bonnes études, une réunion littéraire, très peu nombreuse. Bailly y fit entrer Ozanam et quelques autres jeunes gens, « amis de l’étude et de la vérité ». Elle fut d’abord assez pâle, assez vide; et puis les rangs s'ouvrirent, la vie pénétra. Une conférence d’histoire fut fondée.

Elle commença ses travaux le 1°" décembre 1832°. Bailly en fut président. L’une des vice-présidences fut, toute l’année, occupée par Ozanam. Le nombre des membres était illimité ; et « toutes les opinions trouvaient les portes ouvertes ». Ozanam aimait cette émulation; il ne craignait pas, pour les catholiques, les surprises de la lutte. « Comme ils sont égaux en nombre à ceux qui ne le sont pas, écrivait-il, et que d’un autre côté ils apportent plus d’ardeur, de zèle et d’assiduité, c'est toujours en leur faveur que la victoire intellectuelle se décide”. »

La Conférence adopta en principe « la liberté de discussion ». Elle voulut « ne rien devoir qu’au zèle spontané de ses membres, et son règlement n’imposa d'autre frein que celui des convenances et de la raison. Ainsi chaque membre put aborder les sujets qu’il lui convint de choisir, et les développer suivant sa pensée. Chaque travail dut être soumis à une commission chargée d’en faire le rapport et d’en discuter les opinions, de les attaquer ou de les approuver ». « Rien n'échappe, ajoute une lettre d’'Ozanam, à la sécurité de cette censure; il s’y fait des recherches sérieuses, un contrôle quelquefois très malin*. » Au-dessus de cette commission fonctionnait

1. Nous nous servons, pour cette histoire, du rapport qui fut publié en juin 1833 (Paris, impr. Thuau), sur la première année de la conférence et que nous avons, en collaboration avec M. Victor Bucaille, reproduit à peu près intégralement dans la Revue Montalembert du 25 mai 1912, p. 321-328.

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