MARDUEL, op. cil., II, p
Au delà des improvisations ou des juvéniles travaux de la conférence d'histoire, à côté de ces cours de Sorbonne où l’on allait, parfois, en protestataires plutôt qu'en disciples, Ozanam, dès son arrivée à Paris, s'était préoccupé de faire surgir certaines chaires, au pied desquelles ses jeunes amis pussent, en toute sécurité, s'instruire et s’exalter. Dès janvier 1832, l'abbé Gerbet avait inauguré quelques lecons sur la philosophie de l’histoire; de Coux, le futur professeur de Louvain, avait commencé un enseignement d'économie politique; et un autre rédacteur de l'Avenir ,d'Ault-Dumesnil, appliquait à la littérature espagnole la théorie générale qu'il avait conçue sur les caractères généraux de la littérature catholique. « Comme une humble image qu'on brise ensuite et qu’on oublie », ces cours voulaient « préfigurer, ainsi que le proclamait Gerbet, les futures universités catholiques et libres ». Les lecons dans lesquelles de Coux mettait à nu «la plaie qui ronge la société et le remède qui seul peut la guérir », attiraient une studieuse affluence; Ozanam y trouvait « profondeur, intérêt, vérité, vie »'. Mais l'abbé Gerbet, surtout, le passionnait: « C’est maintenant, écrivait-il à Falconnet, qu’on peut dire que la lumière brille dans les ténèbres; jamais ne retentit à nos oreilles une parole plus pénétrante, une doctrine plus profonde. » Et il dessinait ce portrait du prédicateur : « Aucun charlatanisme : une voix faible, un geste embarrassé, une improvisation douce et paisible; mais, à la fin de ses discours, son cœur s’échauffe, sa figure s’illumine, le rayon de feu est sur son front, la prophétie est sur sa bouche*. »