‹ Ozanam collégien, Ozanam étudiantChapitre 34 sur 51 · Lettres d'Ozanam, 1, p · texte numérisé non relu

Lettres d'Ozanam, 1, p

3. Sur l'abbé Marduel, voir Mgr OZANAM, op. cit., p. 639-644.

nue, puisque, dans ses deux gros volumes sur l’Autortté Paternelle, il écrivait : « Plaignons ceux qui ne pensent

pas bien, évitons de discuter avec eux, car dans les

moments d'effervescence on est peu disposé à entendre la vérité. Souvent nos efforts pour la faire connaître attachent plus fortement à l’erreur. Dieu seul peut éclairer les esprits, changer les cœurs et retirer l’homme de l’aveuglement qui l'empêche de comprendre les vérités les plus simples*. »

Ces réflexions, évidemment, n'interposèrent aucun voile entre la conscience catholique d’Ozanam et son ferme dessein d'un long apostolat intellectuel; le grand élan d’Ozanam apôtre, de l’Ozanam qu'aujourd'hui tous les catholiques sont d’accord pour glorifier, ne se laissa pas amortir, mais peut-être persuadèrent-elles Ozanam que, dans le cadre d’une parlotte telle qu'’étaient les conférences d'histoire, des discussions sur les grands problèmes religieux servaient de peu, et les « pauvrettes », comme Ozanam qualifiait ces conférences, furent peu à peu « mourantes », et ne l’intéressèrent plus que « comme moyen de recruter la conférence de charité ». Car les catholiques prédestinés à de grandes œuvres — et tel était Ozanam — savent faire bon usage des inimitiés qu'ils rencontrent; et si Picot, sans le vouloir ni le prévoir, fit s'orienter vers la conférence de Saint-Vincent de Paul, vers une œuvre de bien qui leur survit magnifiquement, les énergies que sa vigilance suspectait, l’Amz de la Religion, par ce manque même de charité que lui reprochait si justement le jeune Ozanam, fit beaucoup, sans le savoir, pour la charité.

Page 1