‹ Ozanam collégien, Ozanam étudiantChapitre 7 sur 51 · Abeille, VI, p · texte numérisé non relu

Abeille, VI, p

La littérature, la religion, la morale, ont aussi eu leurs grands hommes, qui n'ont été grands que parce qu'ils avaient puisé leurs connaissances dans la philosophie". » Phrase curieuse, phrase naïve, par la fougue d’intellectualisme dont elle est l'épanchement : il semblerait, aprendre ces deux lignes au pied de la lettre, que les grands hommes de la religion ne furent grands qu’en raison de leur éducation philosophique et dans la mesure de cette éducation.

La philosophie, en l'espèce, c'était, pour le jeune Ozanam, la doctrine de l’abbé Noirot. Lorsque, plusieurs mois durant, des raisons de santé forcèrent ce prêtre à se faire remplacer par un suppléant qui faisait apprendre par cœur des lecons de Laromiguière, Ozanam écrivait à son ami Fortoul : « Je ne trouverai jamais dans Laromiguière le transport, l’extase, le ravissement intellectuel que j'éprouvais en entendant M. Noirot*». Et courant chez l’abbé Noirot, Ozanam lui demandait un plan de lectures. Noirot traçait ce plan. La grande philosophie médiévale n’y tenait malheureusement aucune place; le jugement trop peu nuancé, trop sommaire, qu Ozanam portera plus tard sur elle”, ne sera que l’écho de l’ignorance un peu dédaigneuse où l'avait, à cet égard, laissé l’abbé Noirot. L'abbé lui conseillait de commencer par le physiologiste Richerand, par Bacon, Locke, Bonnet, Condillac, puis de continuer par Platon, Descartes, Leibnitz. Ozanam tressaillait de joie : se mieux pénétrer, se mieux approfondir, à la lumière, changeante et diverse, que lui prêteraient ces divers penseurs, cela le rendait gravement heureux.

Philosophie, écrivait-il à Fortoul, c'est pour moi la source des plus doux plaisirs, et, dusses-tu m'accuser d’orgueil, ce n’est pas sans une sorte de pitié que je regarde ceux qui vont chercher le

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