‹ OzanamChapitre 10 sur 171 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

dément engagé dans le romantisme, J'en pourrais citer toute sorte de preuves, rien n'étant plus complexe que le phénomène de révolution littéraire auquel on a donné ce nom de mouvement romantique. Au romantisme Ozanam doit ce goût de V histoire qui transformait alors tous les genres, le drame et le roman, aussi bien que la critique et la philosophie. Du romantisme vient cette réhabilitation du moyen âge, que certains, raillés par Sainte-Beuve, enjolivent et banalisent, dont un Ozanam évoque le chaos fécond et la confusion créatrice. Et ainsi de suite, f insisterai seulement sur quelques points essentiels, dont le premier est la curiosité pour les littératures étrangères.

Cette fois, c'est à Mme de Staël que nous songeons. Son nom est représentatif de l'introduction en France des littératures du Nord ; mais quand elle publiait son livre de Z' Allemagne, elle ne faisait que consacrer un mouvement commencé depuis longtemps et désormais irrésistible. Notre xvine siècle français est tout pénétré de la pensée anglaise, à laquelle vient s'ajouter, à la veille de la Révolution, la pensée allemande. Le xixe siècle avait à installer dans V école V enseignement des littératures étrangères. Ce fut la nouveauté qu'y apporta Fauriel : c'est la voie ou Ozanam s'engagea après lui. Il savait les langues étrangères, — s'en étant muni de bonne heure, dans le dessein que j'ai indiqué, — V anglais et V allemand, comme l'italien et l'espagnol; il avait même une teinture des langues orientales. Ainsi des perspectives s ouvraient pour lui dans beaucoup de sens, et lui révélaient tout un monde d'idées que l'esprit classique avait ignorées, et que peut-être il n'eût point voulu connaître.

A cette forme de l'exotisme s'en rattache une autre : c'est Ventrée du « voyage » dans la littérature. Le sentiment de la nature extérieure, tenu en bride par la raison classique, s'était, comme on sait, affranchi avec Rousseau. Maintenant il était déchai né. On trouvait, à contempler les champs et les bois, les montagnes et les mers, des jouissances toutes neuves On s'en donnait à cœur joie de peindre le

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