‹ OzanamChapitre 166 sur 171 · La Civilisation au V* siècle. Dernière leçon · texte numérisé non relu

La Civilisation au V* siècle. Dernière leçon

2. Toutes les lettres d'Ozanam datées de Rome, 18'±7 {Correspondance , t. II) sont remplies de cette idée; notamment celles du 17 février et du jour de Pâques ; puis la lettre à Foisset, du 8 octobre 1847.

l'apologiste 453

aux radicaux », c'est à ses yeux l'application contemporaine de la sage et religieuse politique qu'il a si chaudement louée dans l'Eglise du haut moyen âge1.

Et comme il s'est plu à montrer au cours des siècles les plus fécondes et les plus utiles institutions naissant sous l'action de la pensée chrétienne, il veut que, dans notre temps de démocratie, cette même pensée transforme encore toutes les institutions pour les adapter aux besoins des classes populaires2.

Alors, conformément à la prière enthousiaste qui sortait de ses lèvres en 1831, « le catholicisme se sera mis à la tête du siècle renaissant pour le conduire à la civilisation et au bonheur ».

Ainsi Frédéric Ozanam vécut jusqu'au bout fidèle à la grande idée qu'il avait reçue à seize ans de Chateaubriand et de Ballanche.

Les eaux de la source se retrouvent à l'embouchure. Plus heureux que beaucoupd'autres, parce que doué d'une intelligence plus facile, d'une volonté plus tenace, d'une vertu plus constante, il a pu, quoique hors de combat à 39 ans et mort à 40, réaliser du plan formé dans la jeunesse plus que n'en réalisent la plupart des hommes, même en une longue vie.

Sans cette humilité qui lui laissa croire jusqu'au bout qu'il avait peu travaillé et qu'il était un serviteur inutile, il aurait pu se rendre à lui-même ce témoignage avant de mourir3. Il a laissé ce soin au juge suprême de nos efforts et à la postérité.

Après lui, la science et par conséquent l'apologétique devaient prendre une allure plus positive et plus rigoureuse : aiusi le voulait la tournure nouvelle des esprits.

Mais Frédéric Ozanam avait répondu comme il convenait

1. Voir lettre à Foisset, du 22 février 1848, à propos de l'article qu'Ozanam avait donné au Correspondant (t. XXI, p. 412) : « Les dangers de Rome et ses espérances ».

2. Voiries articles de Y Ere Nouvelle en 1848 et les lettres d'Ozanam ù son frère l'abbé, dans le courant de la même année 1848. Lettres, t. II.

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